Ithdabquth Qliphoth « Demoniac Crown of Anticreation (2002) »

Lorsque l’on parle des diverses scènes Black Metal et de leur underground flamboyant et méritant, certains ont trop souvent pris pour habitude d’évince soit par ignorance, soit par mépris la scène Russe et cela pour toujours et sempiternellement glorifier les mêmes. Nous en revenons toujours au même point inhibé et, totalement dévoué à la cause scandinave et, à sa quintessence aujourd’hui définitivement passée.

La Russie possède pourtant une scène propre et forte avec des groupes virulents et de massives personnalités tels que Temnozor (Je conseille d’ailleurs à tout maniaque digne de ce nom l’excellente œuvre qui, traduite du cyrillique inaccessible à notre langue de Molière, pourrait signifier « La sorcellerie renforce le sombre gloire de la Russie »), Branikald (« To Kampf » est une tuerie monumentale), Hvanghur… etc … etc. La liste est longue et, il est inutile de se lancer dans la rédaction d’un catalogue ; Disons juste que le duo qu’est Ithdabquth Qliphoth siège également fièrement parmi cette assemblée de guerriers païens.

Cette démo tape qu’est « Demonic Crown Of Anticréation » enregistrée entre le deux et le quatre janvier 2002 par Al-La-ShT-ORR (basse, vocaux, percussions) et Adramelech (guitares) prouve donc que les slaves ont leur place dans l’avènement par la haine et l’onirisme du paganisme renaissant.

Ithdabquth Qliphoth propose en effet un Black Metal rigoureux, carré et bien ficelé plutôt raw dans sa construction et évidemment fortement teinté de nobles et augustes consonances épiques et combatives.

Point d’exubérance et d’excentrisme donc, nous restons ici en accord avec les rutilantes traditions et, rien ne vient trahir la grandeur honorable de la culture Black Metal.

Bien que beaucoup moins intense et primaire qu’un Branikald et, moins luxuriant, labyrinthique et recherché qu’un Temnozor, « Demonic Crown Of Anticréation » est incontestablement une œuvre dense et entière qui utilise à son compte et, sans repomper insidieusement les clichés, les ingrédients les plus triomphants du genre.

Le Black Metal de Ithdabquth Qliphoth est raw dans le toucher, rapide et lancinant, presque hypnotique lorsque la double se met en branle et que Adramelech entames ses descentes dans le mysticisme des aigus. La basse tenue par Al-La-ShT-ORR joue un rôle audible et dominant via de profondes et quasi folkloriques variations sur les thèmes développés par les guitares.

Sur ces bases, l’on ne tarde pas à ressentir une fameuse et louable authenticité ; Celle d’un peuple aux conditions de vie rustiques dans un pays rude et glacial, emplit d’histoires obscures, de mythes ancestraux qui se perpétuent de générations en générations au détour de feux païens clandestins et pastoraux.

A cette certaine identité culturelle d’un autre age vient s’ajouter une bonne dose de mysticisme du fait de certains apports mélodiques et de la présence de quelques phases arpégées et saturées. L’intro qu’est « Mundi Vesper » exprime instantanément cela.

Tout les textes sont le fruit des errances lyriques et oniriques de Al-La-ShT-ORR à l’exception de « Nyarlathtep », véritable ode dédiée à la grandeur du messager des dieux dans le mythe de Lovecraft et, tiré de l’œuvre de Liver Logaeth, et, sont rédigés en cyrillique ou dans la langue de Shakespeare. Réjouissons nous de la présence dans le livret très pro des paroles dans leur intégralité ; Initiative qui permet de cerner un peu mieux le concept qui entoure des tracks tels que « Succubus Black Tongue » ou, « Demonic Crown Of Anticréation »

Une bonne démo qui ne réécrit pas particulièrement les codes du genre mais, qui exprime une fois de plus tout le mérite de la scène d’Europe de l’Est et renforce mon respect à son égard.

Tout ceux qui ne fuiront pas à la vue du Totenkopf arboré sua la cover y trouveront certainement leur compte.

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Sperm. S.