Inkisitor « Inkisitor - 7' Ep » (2007)

Substantifiquement envisagé, courant 2001 era vulgaris, autour de l'ex Madryal [également ex-bassiste live de Christicide] Pi66 [Guitares / Basse / Vox] & d'un certain Gritsh derrière les fûts [qui, sous le pseudonyme de Dlaumor, créera plus tard Praeda], Inkisitor sortira une première démo, auto-produite et éponyme, l'hiver de cette même année ; Fondatrice vomissure Raw Black, parée d'un effort de production pour le moins obscurantiste, que je me bouffe encore les couilles d'avoir vu disparaître, par je ne sais quel maléfice, des fétichistes colonnes de mon capharnaüm... passons...
En 2002, délaissée par Gritsh mais rejoint par Impia Fraus [Basse] & Sad [Batterie], tout deux issus d'un Cantus Bestiae depuis, hélas, déporté au séjour des morts, l'entité participera à un obscur 3-ways split estampillé Impaler Of Trendies, partagé avec Kult & Christicide. Deux années de compositions, tournées vers l'érection d'un véritable carnage sonique en devenir, plus tard, sera capturé du nouveau matériel, instrumental et brut. C'est alors que Dhate [Vox] / Icons Blasphemer [Guitare], duo issu de Katarmaz, intégreront les rangs afin de compléter / affiner les enregistrement et, optimiser en live les intransigeances de ces quatre titres qui verront d'abord le jour en 2005 sur Cd-r promo, avant de subir un intégral ré-enregistrement en vue d'un pressage vinylique parut cette année sous l'égide de E.A.L.

Possédant les deux versions, c'est fort naturellement que s'est imposé le Ep au titre de support à cet article ; Par fétichisme exacerbé, je le confesse mille et une fois & vous emmerde, mais également parce qu'il me fut certifié une littérale réincarnation du coup de poing pris dans la tronche en 2005 ... Certificat que l'initié comprendra justifié dés la résurgence d'un « Sentenced To Bliss Claw » au cycle introductif remanié, car, si la seule faille tangible dont eu à souffrir le premier jet Cd-r fut sa production quelque peu opaque, sourde et, par voie de conséquence, relativement castratrice, elle se trouve désormais colmatée par une attention toute particulièrement tournée vers plus de profondeur, subtilité, richesse sonore, et ce, sans pour autant qu'il y ait, au surplus, à déplorer une fondamentale aura abrasive / Old School en perte, un modus-operandi structurel qui se serait laissé effleurer par l'obsolète ou le mièvre.
A l'avant garde, la levée de rideau quand à l'envergure concrète du second guitariste au sein de l'alchimie Inkisitor laisse clairement entrevoir un gros travail sur les fréquences tant elle galvanise les riffs originels de Pi66 :
Émergence massive, à l'article des plus âcres et menaçantes pesanteurs, de dissonances vertigineuses comme purent l'être les agonies de condamnés au chevalet, occultes à l'image des effluves d'une Mort que, dans l'ombre des bourreaux, l'on fantasme volontiers avoir eu jouissif loisir de s'étreindre, à l'usure, des charognes disloquées ; Déclinaisons harmoniquement glauques, sous-jacents bouillonnements en eaux troubles intronisant nombre de poussées épileptiques au pinacle d'une vilenie désormais moins fruste, plus rampante, mais, toujours aussi impitoyable que le battant d'une vierge de fer qui, inexorablement, se renfermerait sur le peu de morale dont témoignerait encore le cercle auditoire ; Exacerbation massive de rechutes plus Old School, modérées mais invariablement hargneuses, dans le feu desquelles la présence d'une sept corde se fait particulièrement ressentir tant le rendu se révèle obscène, gras, suintant comme ne l'a peut être jamais été le plus méticuleusement réussi supplice du Châmgât...
Refonte perfectionniste oblige, les lignes de basses ne pouvaient se trouver négligées. La trame sonore ainsi affinée, elles se révèlent naturellement omniprésentes [chose de plus en plus rare en matière d'Art Noir, soulignons le...] et, crépitant telles les affres d'un ardent brasier avide de viandes hérétiques, délivrent nombre de digressions abyssales tout en procédant à sceller une multidimensionnelle synergie instrumentale ; Cocktail molotov impie que les percussions, en substances identiques à jadis bien que désormais violemment audibles dans tout leurs déploiement, n'ont plus qu'à embraser...
... A charge enfin, pour les vocaux, de le cracher à la face de l'inconcevable.
Mieux incorporés à l'ensemble du fait d'une capture cette fois concomitante, mieux nuancés avec les phrasés additionnels, leurs tonalité rauque & assise sentencieuse, justifiant presque à elles seules le patronyme du groupe, s'exhalent en un miasme digne des râles d'un Martyr qui, porté à l'estrapade après avoir résisté aux fers, pinces, tampons, étrilles, tisons, charbons et autres morsures, répugnerait encore à renier ses aversions ; Impressionnante sur-enchère de convictions transcendant une textuelle sulfureuse des plus foutrique, car, s'il fut ces derniers temps reproché au groupe de ne pas oeuvrer à la souillure indivise des trois soeurs, n'oublions pas que, plus fourbe et perfide que jamais, l'extrémisme christique demeure, à l'image du dernier affront autiste & profane en date de notre vicaire Culat national, dont l'objectif à peine dissimulé est d'aménager une légitimité aux jeunes chrétiens au sein du milieu Metal...
Peinture sordide, sybarite mais juste d'un dogme qui [comme depuis trop longtemps vermoulu par les illusions d'un ascétisme incohérent d'hypocrisie, ses opportunistes exégèses, et, un égoïste panel de valeurs qui, outre l'absolu négationisme des plus individualistes forces qu'il implique, ne servira jamais plus le salut de l'être en peine que les intérêts de celui se prétendant miséricordieux...] verrait renaître, à même sa chapelle la plus immaculée, toute l'allégorique crasse pécheresse de Sodome, Gomorrhe et de leurs héritiers de rangs subséquents au cour des âges... pour finir, face à la folie d'instincts inaliénables, par succomber, se révéler bassement humain et, ainsi, mieux corroborer, comme dans le sillage ré-interprété d'un Arthur Machen, que le vrai péché s'élève à un tel degré que nous ne pouvons absolument pas soupçonner son existence, qu'il est comme la note la plus basse de l'orgue : si profonde que nul ne l'entend.

Intégriste sans pour autant susciter la moindre passerelle avec des influences évidentes, je n'ai pas entendu chose pareille en France, en terme d'intensité, d'atmosphère vénéneuse, de violence primitive Old School, quasi War Metal par instant, depuis les « Rekordin 2000-1 » ou « In Sperma Infernum » de qui l'on sait, et, je pèse mes mots.
Soutenez ce groupe, achetez cette putain de rondelle, ce n'est pas un conseil mais bel et bien un ordre.

Contact :

verrier.joachim@wanadoo.fr
www.inkisitor.cjb.net

Sperm. .S