Imperial « The Red Moon (2001) »
Bien
avant que The End n’ajoute à son furieux étendard le blasphématoire
chiffre de la bête et, n’enfante, sous le joug de la perverse et
multirécidiviste Team D.U.K.E., son titanesque « The
Ultraviolence », Moon Soon Records mit l’underworld à
feu et à sang en contribuant à la sortie des psychotiques
et sanguinaires « Shudder » et « Speedcore
Metal Hell ». Conviant les maniaques de noble goûts à un périple bien plus profond et séculaire, vers les prémices d’une certaine sauvagerie Black / Thrash hexagonale, la présente démo tape, troisième production de l’obscur label, ressuscite les premières heures du mythique Imperial et, foutre ( !!!), les monolithes d’agressivité et de haine pure que furent « Au Crépuscule » ou Thrasheur 13 » m’ayant sans merci désanussé en leur temps, je ne pouvais me permettre de passer à coté de cette pièce, d’ores et déjà culte, contenant une seconde édition de la démo « The Red Moon » de 1995 ainsi que cinq tracks extraits de la démo « Warspirit » de 1994. Galvanisé par la négation de toute pitié ayant toujours caractérisée les affronts des « thrasheurs de Marseille », la machine se met en branle sans le moindre préavis avec une constance annihilatrice animale qui ne quittera plus l’œuvre jusqu’à son point de chute. Bien qu’encore en pleine maturation, l’on palpe à nouveau cette fusion métallurgique étouffante fondant des guitares frénétiquement plombées que les plus déments et pestiférés chaudronniers du royaume intra terrestre ne sauraient eux même façonner ; Une orgie hérétique sans nom où copulent, en un grain sonore souillé de semences abrasives et brûlantes de vice, des inspirations tantôt empruntées à la crudité tranchante, l’insurrection primaire et, l’insanité torturée d’une scène Black Metal originelle encore non gangrenée par les suaves élans de tendresse libidineuse des cohortes d’épouvantails anémiques régnant aujourd’hui en maîtres ; Tantôt puisées en la source d’influences thrashisantes odieusement effrontées et incontrôlées, sauvagement ramenées à la vie. Malgré les tenaces réticences et véhémences qui faisaient, en ces époques encore pionnières, loi dans le milieu quand à l’utilisation de la boite à rythmes, la programmation rythmique ici présente ne souffre d’aucune faiblesse en ce qu’elle offre un soutient monstrueusement belliqueux et intense à ce manifeste de terrorisme auditif pur, et se révèle être un critique coup porté à bon nombre de batteurs incompétents et peu burnés. Une grosse caisse résonnant, en ses sourdes agonies, tel le matraquage sans trêve d’un prisonnier de guerre ; Des tomes claquants et éclatants comme le feraient une foultitude de boites crâniennes sous les rafales nourries d’un MG42, ; Et, des cymbales aussi affûtées que le couteau de combat légionnaire qui égorgerait femmes et enfants….. tout en sa furie rythmique laisse à penser que le menu boîtier made in Boss s’est laissé bénir du doigt de Mars. Enfin, Imperial n’aurait probablement point été Imperial sans son incroyable et indescriptible écorchement vocal ! D’un micro semblant inexorablement se désagréger, s’exhale les servitudes d’un organe semblant avoir depuis bien longtemps outrepassé le simple stade de la damnation et, de ses éternels tourments. Je regrette simplement que le lay out ne dévoile pas quelques textes car, au vu de la violence inouïe et de l’immoralité lyrique aveugle que dévoile les albums, il y a fort à parier que ces quelques tracks recèlent du meilleur, ou plutôt du pire ! Je ne vois plus quoi ajouter. Là où bon nombre de groupes arborent des appellations pompeuses et non justifiées, Imperial, ne serait ce que par cette tape et sa très souveraine outro, démontre à quel point il mérite son nom ! Je m’en vais de ce pas me dépoussiérer l’intégrale des albums et, me les coller sur le coin de la gueule. Contact : Sperm. S. |