Herjan « France Oubliée » (2004)
Après
avoir autopsié pas moins d’un Emit, huit Zarach’ Baal’ Tharagh’
ou assimilés et deux Stalaggh en quarante huit heures, il en allait
de ma santé mentale et de mon devoir, conformément à
l’apatride ligne éditoriale de notre kamp, d’insuffler au programme
de cette dernière mise à jour un certain renouvellement
stylistique. Pour se faire, quoi de plus ad hoc, me dis-je, en cette période
où toute conviction un peu trop hargneuse, fière, libérée
et politiquement incorrecte se trouve muselée par les plus anxieux,
craintifs & méprisables consensus cosmopolites, qu’une bonne
vieille tape estampillée NSBM ? C’est ainsi que, confiant,
pour avoir déjà eu l’occasion d’écouter certains
assauts plutôt prometteurs en provenance du clan alsacien gravitant
autour de Winter Assault Prod, j’empoigna ce « France Oubliée »,
première démo de Herjan, side-project crée en 2004
par Waldpest [déjà actif au sein d’Unterwald], pour rapidement
la balancer dans la poubelle de l’ère soviétique me servant
de chaîne… Hélas, ma motivation se trouva sérieusement
mise à l’épreuve par ce promo m’ayant été
envoyé par l’exhibitionniste Korosiv Prod. Vous vous en doutez, pour avoir déjà probablement tous jetés une oreille sur l’un des bestiaires du conglomérat du Nord Est précité, le ton est ici à un Black Metal d’obédience païenne qui, à mille lieu de certains étiolements folkloriques jusqu’au-boutistes, se veut exprimé dans son plus primitif et simple appareil. Point d’esthétiques mièvreries acoustiques, de gazouillis de volailles en saisons des amours, de samples sylvestres pompes-dards & cie ici donc, mais, des guitares qui, embaumées de distorsions scrofuleuses, chétives, grossièrement rustiques, assurément trop vulgarisées désormais, semblent se revendiquer de l’héritage discutable de Sombre Chemin ou, perpétuer la tradition Québécoise du genre… des guitares qui, exaltant des mélodies d’une austérité digne de terres dévastées puis laissées sans vie dans les affres d’une invasion barbare ; d’une froideur nostalgique à en givrer le palpitant endoctriné et miséricordieusement vil de tout homme de foi monothéiste en proie à la résurgence de siècles d’amertumes, attestent, une fois encore, de toute l’importance que put avoir le règne de Kristallnacht pour notre scène hexagonale… des guitares déployant des riffs qui, de part leur attaque structurellement minimaliste, voire binaire et, la crudité tranchante de leurs essences, semblant avoir étés arrachés au tombeau de Seigneur Voland, témoignent d’une volonté de faire simple pour en venir, sans détours mais de façon impériale, au propagandiste vif des hostilités… Des guitares qui, même si l’on ne peut pas leur reprocher leur passéisme traditionaliste, ne sont, relativement impersonnelles, surgelées et fades, pas à la hauteur des influences qu’elles inspirent… quoi que dans le cas Sombre Chemin… C’est au niveau des percussions que de sérieuses anomalies sonores commencent à se profiler. Si la batterie, matraquée par un certain Vaaltargh [ex- Anwynn, ex- Ad Nihilum, sévissant également au sein de Kvellen et, ne s’étant, au passage, pas illustré par son sérieux en matière de trade il y a quelques mois…], est en place, prenant bon nombre de très judicieuses et épiques, combatives initiatives, ses résonances négligées, tendant bien souvent, en un tonnerre sur-saturé, à happer les guitares, laissent deviner une capture totalement chiée… En découle un ensemble très chaotique, pour ne pas dire bordelique qui, s’il trouverait aisément sa place dans les entrailles putrides d’un Nocrataï, se révèle, dans le contexte Herjan, irritant car hors-propos… Summum d’un mixage en perte : Les vocaux de Waldpest qui, se voulant de toute évidence totalitaires, le deviennent au sens propre comme figuré lorsque leurs interventions rendent le restant des instruments proprement inaudibles ; Vocaux déclamant des lyrics certes sans compromis dans leur symbolique, chose se respectant de nos jours, mais, écrits d’une plume totalement immature, innocente et naïve. De façon plus globale, toutes ces exhortations au militantisme, à l’insurrection, au combat commencent à me baver sur les rouleaux… la précieuse plèbe métalloïde pétant bien trop confortablement dans sa soie émasculée pour prendre le moindre risque, et, ces élans purement rhétoriques n’étant, bien souvent, jamais appliqués à titre purement individuel par les principaux intéressés… Il est tout à fait possible que ce « France Oublié » convienne à bien des adeptes chevronnés de NSBM, pour ma part, les cinq tracks de cette tape sont un peu trop légers. Il faudra à l’occasion que je jette une oreille sur le split « Mémoires d’un temps oublié… » avec Dark Field & la démo « Vision Naturelle Du Monde » tout deux parus l’an dernier, mais pour l’heure, je vais me taper un Gauntlet’s Sword et une rotteuse. Contact : KDP Sperm. S. |