Haemoth « Hoath (Satanik Terrorism » (2003)
Pour
celles et ceux qui ont pénétrés le milieu par
les portes les plus enfouies et qui ont sus y évoluer avec
bon goût et intégrité, l’on ne présente
plus cette entité hexagonale, autant de part sa réputation
spirituelle inébranlable que par son nombre déjà
conséquent de réalisations et, cette démo tape,
ayant emboîtée le pas à « Mortuales
Delecti », split partagé avec Ad Noctem parut chez
Hohenstaufen Rex, vient apporter un prêche supplémentaire
à l’édification du culte. Haemoth est un vecteur cruauté et, c’est sans la moindre compassion, après une courte, énigmatique et macabre entrée en matière laissant à elle seule présager pourquoi cette œuvre est strictement limitée à cinquante exemplaires, que l’auditorat se verra contraint de sombrer dans les méandres d’une haine intarissable caractéristique. Noir, violent et torturé est l’Art de Haemoth et, « Agio O Baphomet ! 6.66 », le premier track, témoigne à lui seul de cette malsaine mais, ô combien jouissive quintessence. Aussi tranchant que le serait une lame consacrée au grand accusateur sous la gorge innocente, pure et laiteuse de l’agneau du sacrifice, le jeu des cordes a incontestablement été distillé à l’ancienne et, dans le respect des plus impalpables traditions. L’adorateur dans sa transe pourra ici se délecter d’une ambivalence de tout les instants entre lourdeurs tout bonnement oppressante dans leur disharmonie, envolées plus harsh et vigoureuses qui une fois de plus laissent constater avec plaisir que certains continuent à exercer leur devoir de mémoire vis-à-vis de la bonne vieille scène thrash, et frénétisme épileptique et galvanisant que l’on ne retrouve décidément que dans la noblesse de l’Art Noir. De ce très intense élixir métallurgique, que seuls les plus obscurs alchimistes savent encore enfanter depuis les arcanes de leurs séculaires éruditions, se dégagent de très agressifs et sulfureux mouvements rythmiques qui, appuyés par des percussions certes primaires mais, chirurgicales dans leurs barbarie et froideur, offrent, tout autant qu’ils sont, matière à damnation. Qu’il s’agisse de montées en puissance ou, de vertigineuses chutes de pression, le drum kit, d’une assassine densité, est utilisé tel une batterie d’artillerie orientée vers l’expansionnisme obscurantiste des trois sœurs et, lorsqu’il s’efface par moment, c’est pour mieux jouir du plaisir d’écraser par la suite les faibles survivants reprennent goût à la vie ! Le summum de ce fanatisme se situe dans la stature des vokills suintant d’un impressionnant sadisme, d’une incommensurable cruauté et de convictions sans bornes ! L’organe vocal dans son écorchement si typique semble subir, un peu à la manière du fantastique Ad Hominem, les effets d’une légère saturation, ce qui, exacerbant la ponctuation très crue des lyrics et leur rythme on ne peut plus efficace, dévoile des phrasés confinant les limites du malaise et de l’agression. Il n’en faut pas plus pour solidement donner corps au message sans compromis de Haemoth qui, conspuant avec dégoût et rage le mouton humain et glorifiant une conception du satanisme des plus radicale, possède décidément tout les atouts pour détrôner et humilier l’autosuffisance, l’égocentrisme et l’inconsistance typiquement parisiens dont font preuve certains groupes… C’est une fois de plus un réel plaisir pour moi de constater qu’au cœur d’une scène, il faut bien l’admettre, parfois au bord de la dégénérescence, certains activistes n’ont pas oubliés que l’Art Noir est avant toute chose une affaire de tripes, de convictions, de haine et d’atmosphère. Alors que la seconde face de cette putain de tape s’achève sur l’excellent « Aeterne Diabolus », track que l’on peut retrouver sur le split précité ou d’anciennes démos, une seule envie guide mes gestes : Celle de me réinjecter ce noir poison sans plus attendre ! SUPPORT OR RETURN VOUS BRANLER YOUR NOUILLE ! Contact : Sperm. S. |