Split,
sorti chez Symbolic prod, aux premières allures assez hétérogène
et pour cause.
Hinyouki, projet bruitiste abstrait sous l’influence directe du
non moins célèbre Merzbow, nous vient de la péninsule
ibérique, il est composée de Cristina Bosco et Crypt
Vihâra.
C’est en 1993 que C.B. fonde Hinyouki, du japonais « l’appareil
urinaire », le thème de base « la pluie dorée
», en d’autres termes l’urine. L’explication, si il nous en
faut une, elle aurait découvert une fontaine de plaisirs
érotiques et sensuels inégalés en observant
sa partenaire pisser dans les chiottes après qu’elles aient
fait l’amour. Elle a deux projets annexes, Esclavas Redencionistas
Del Inmaculado Virgo De Rapha.el, hommage qu’elle rend à
chaque noël à des figures du panorama musical pour lesquelles
elle a une certaine admiration (2002 Raphael, 2003 Azucar Moreno,
2004 Gloria Trevi) et Lesbiana acuatica (crée en 2003) .
C.V. est celui qui s’occupe de la partie technique à partir
d’un Pentium a 133 Mhz, 64 Méga de RAM, une carte son Vibra
16 et NT4, certes archaïque mais fiable, avec cela il travaille
sur Cool Edit 96, Brain Wave Generator et Phonogramme. Son side
project n’est autre que Some asian females bodybuilders, de l’ambient
noise à la Akemi Yoshida, Utaku Mizuma.
Conceptuellement Hinyouki c’est quoi ? C’est C.B. qui choisit une
ou plusieurs images qui lui apparaissent « spéciales
», puis elle les observe jusqu’à en capter des aspects,
des détails, qui l’excitent, la perturbent, puis, les images
font partie d’elle. Cette étape franchie, elle élabore
un tout cohérent à partir des sons crées par
C.V. en essayant de refléter la structure perturbée
des images dans la structure abstraite de leur bruit.
En l’occurrence ils occupent les tracks 1 à 7 sous l’intitulé
« kakushidori », photos volées.
Cthulhu est incarné par le lorrain Luc Mertz, actif dans
l’UG depuis 1983. D’abord totalement anonyme sous l’étendard
fondateur de Bastard (en référence à Motorhead),
il a réellement commencé à faire parler de
lui en 2000 avec Zarach’ Baal’ Tharagh – actuellement plus de 50
démos tantôt raw black primitif, tantôt Black
Ambiant/Indus, tantôt black punk à la 70’s tantôt
Black noise- et Stigma Diabolicum – projet Dark Ambiant ramené
d’entre les morts depuis peu, également très prolifique-
ce sont ses deux projets les plus connus. A côté de
ça, il a aussi eu des projets plus éphémères
– généralement une démo sortie sous chaque
nom – tels que Deadman, Black Sheep, Skullface, Belzebul, R.I.P.,
Dust, Wurzburg, ZBT Space Ritual… ou le Cthulhu dont il est question
ici.
Projet qui rappelle les débuts de Stigma Diabolicum, une
de ses « deux faces de Mister Hyde », du « Dark
Nightmare Ambiant ». Sur ce dernier track « Spell 1
» de 24 min 41 s, nous pouvons y reconnaître des sons
naturels déformés, inversés, superposés
à d’autres afin de créer quelque chose de non musical
aux ambiances des plus glauques, le tout confiné dans l’univers
de Lovecraft.
De cette dichotomie qu’en ressort-on…
Wall of noise.
Détendez-vous. Laissez pénétrer le virus Hinyouki
en vous.
Montée centripète, descente centrifuge telle la rage
– vous bavez.
Aucun répit.
Alors qu’un bug s’opère dans la machine, votre réalité
est celle de Hinyouki – admettez le.
A l’instar d’un circuit bending, de nouvelles connections se font.
Tantôt on vous charcute le cortex, tantôt le tronc cérébral
puis le tout envahit la moelle épinière – système
nerveux central saturé – Warning.
Ce n’est que vous que vous sentez, vous êtes à fleur
de peau – admettez le.
La métamorphose en bête est totale, prête à
mordre, à lutter …
… quand vous tombez dans le no man’s land de Cthulhu.
Des voix lointaines, un rituel s’annonce mais plus rien de palpable,
rien à détruire.
Un son plus que chaotique vous entraîne vers votre fin inéluctable
– laissez vous aller, c’est ce qui devait arriver, vous le saviez.
Le tout s’intensifie pour ne demander que votre total adhésion
déjà acquise.
Votre sacrifice pour ne faire qu’un avec le Dieu du plein comme
du néant, de l’immanent et du transcendant, Cthulhu.