Goatreich 666 « Necro Sarcofagus Insanis » (2002)
Goatreich
666 est un commando italien oeuvrant dans l’art noir depuis 1998. Composé
de l’excellent chanteur qu’est Hordak (Dunkel Nacht), je n’ai pus éviter
de me demander si cette formation était à la hauteur de
la réputation de ce dernier; question qui trouva sa réponse
après l’écoute de ce véritable mollard blasphémateur
chiqué à la face de l’humanité toute entière.
Premièrement «Necro Sarcofagus Insanis» choisi de prendre le chemin de l’éternelle intro samplée, et c’est donc avec l’ambiance de ce qui m’a fortement semblé être la musique de Prédator, que débute l’opus. Rafales de fusil d’assaut (pas n’importe lequel : celui de schwartzy !), hurlements de bêtes en rut, ce « Invherkth » nous plonge d’ores et déjà dans une atmosphère chaotique mais bon… On aurait quand même pus éviter le « copier-coller » sur Prédator. Débute alors les « réelles » hostilités avec « Come angels bloodstorm ». La première chose qui me saute aux oreilles est alors la puissance de la production en totale adéquation avec les compositions du groupe qui officie dans un registre relativement brutal. Les blast beats violents de K.Angelfucker font autant de bruit qu’en fit une MP5 sur le front et les rythmes dans leur diversité ne perdent jamais en puissance. Cependant, là où les points de vue risquent de se départager, c’est sur l’aspect ultra primitif des riffs de Martyrium qui ne sont composés que d’une mélodie très simpliste (3 notes maximum) mais qui ont le mérite de retranscrire une atmosphère très bestiale et démoniaque. Pas d’accords ni de power chord, une corde de guitare placée dans les aiguës suffirait à Martyrium pour accomplir ses riffs dont le son bourdonnant résonne comme un avertissement contre le vatican, cœur d’une société conditionnée dans la candeur et ô combien passive. Ce «Necro Sarcofagus Insanis» en ressort donc avec un visage extrêmement evil rappelant la sauvagerie de certaines formations d’antan. Mais le meilleur reste ce à quoi je m’attendais. Les hurlements de Hordak sont l’élément clé de ce groupe dont la saveur n’existerait pas si le chanteur était autre. Ce dernier nous balance une rhétorique rapide, agressive, dont le côté oratoire accentue fortement l’atmosphère blasphématrice et satanique (ces éléments rappellent fortement le chant de Sabbathan dans les débuts de Enthroned). Le tout parfois appuyé par les grognements subsoniques de K.Angelfuckers, ne fait que croître en intensité le long des tracks. On remarquera aussi une forte influence Death pour ces compositions dont des éléments tels que la prédominance du son de la caisse claire, les riffs joués sur des gammes très typées brutal death, ne sont là que pour confirmer celle-ci. Bref, arrivé au milieu de la galette, la bave au menton, on en redemande, mais à ce moment précis, c’est le désastre car arrive « 666(I hate god) », un track totalement parlé dans cette infâme langue ensoleillée qu’est l’italien et dont la voie du narrateur, abaissée dans les graves, donne l’impression de se retrouver devant un témoignage censuré d’un zone interdite version « panzani ! »… AARGH !!! De plus c’est long, ça n’en finit plus !!! Je conseil donc à toute personne ne supportant pas cette langue latine de passer en marche rapide juste après la fin du troisième track pour éviter de se retrouver à écouter un track qui risquerait de décrédibiliser le reste de l’écoute. Bon, fermons la parenthèse et passons à la suite. Heureusement les deux morceaux suivants sont là pour relever le niveau de l’abomination précédente, morceaux d’ailleurs d’une qualité supérieure à celle des premiers dont là violence sanguinaire nous fait patienter jusqu’à un dernier titre repris de Bestial Warlust. Ce dernier (Blood and Valour) est correctement exécuté bien qu’un peu simplifié par rapport à l’original. En bref, «Necro Sarcofagus Insanis» est une démo correcte mais qui tomberait vite dans le commun sans le chant monstrueux de Hordak. Il est normal qu’une démo laisse une impression de ressemblance, Goatreich n’y échappe pas, mais est-ce le désir d’originalité qui est important, ce désir qui à déjà détruit nombre de formations qui étaient encore, il y a quelque temps, intègres et sans compromis ? Evidemment non, et c’est donc avec fierté que je recommande cette vague d’immondices dont l’effet a le mérite d’être direct et qui, je l’espère, le restera aussi longtemps que le groupe sera préservé de l’attrait de l’avant-gardisme. HAIL GOATREICH ! « Infernal band contacts » : E-mail : goatreich666@liberto.it A.M.S.G. |