Gauntlet's Sword « The Command » (2002)

Bien heureusement pour la postérité et la pérennité des obscurs cultes séculaires helléniques, la scène Metal Extrême Grecque ne se résume pas à des soupes opportunistes pour moutons suiveurs de tendances telles que Astarte, Nightfall, Septic Flesh et consorts ! Les héritages antiques de ces terres gorgées de connaissances occultes recèlent un solide underground où intégrisme et authenticité sont les maîtres mots ! Ce mystérieux groupe qu’est Gauntlet’s Sword est l’un des haut dignitaires de ce noble conciliabule oeuvrant à la lutte contre la compromission et lourdement armé de ce qu’il proclame lui même comme étant du « Hellenic Black Metal Art ».

Alors sous forme d’un trio composé de Pain à la composition de la musique et des lyrics, de Angel en tant qu’auteur de vocaux additionnels et, de Vassilis derrière les fûts, Gauntlet’s Sword enfante « Blasphemoon », une première démo, en hiver 1997/1998. Ce premier assaut strictement limité au nombre évocateur de quatre vingt huit exemplaires était uniquement dédié aux maniaques ayant engagés un combat personnel et à mort contre le sionisme, le capitalisme et le christianisme ! Il s’agissait là d’un Black Metal ancré dans une veine typiquement hellénique autant idéologiquement que musicalement. Entendons par là une substance très raw, rythmiquement annihilatrice et soutenue, ne négligeant néanmoins pas une bonne dose d’accalmies et de breaks un peu plus « colorés », vocalement désespéré et, folkloriquement très marqué de part quelques apports sporadiques très mélodiques mais, sachant rester intrinsèquement obscurs.

Hormis pour cette démo tape, je ne sais absolument pas ce que Gauntlet’s Sword a put créer et produire jusqu’à ce « The Command » ; J’en viendrais donc directement et sans détours à cette dernière œuvre. C’est avec un line up épuré jusqu’à son essence primordiale, à savoir Pain (hormis pour le premier track sur lequel l’écriture des lyrics et, les parties vocales ont entièrement étés assurées par un certain Kaiadas) que celle ci a été composée puis méticuleusement capturée entre septembre 2001 et, janvier 2002 dans un studio local.

Il s’agit là de mon premier contact avec cette entité tenant aujourd’hui une place non négligeable dans le bestiaire grec et, je dois bien admettre que là où il faut bien souvent une certaine familiarisation avec l’art d’un groupe pour réellement me convaincre ou non, le syndrome Gauntlet’s Sword a été radical et expéditif ! Furieux et torturé mais, à la fois grandiose et beau est le Black de ce groupe originaire d’Athènes.

Les cordes sont un tumulte à elles seules ! Elles suppurent en contraste avec la virulence de leur exécution d’une grâce païenne poignante, mélancolique et fédératrice dans leur amertume. Les riffs sont grands dans leurs mélodies et leurs alternances judicieuses, leurs chutes et leur perpétuel mouvement confèrent une forte richesse lyrique aux structures pourtant situées à mille lieux de la branlette de manche et, de je ne sais quelle masturbation intellectuelle superficielle. La basse est réellement présente tantôt enrôlée dans le mouvement même des riffs, tantôt en marge et oeuvrant à conférer profondeur et mysticisme à l’ensemble de part certaines variations intéressantes. Ajoutez à cela un son cristallin mais, gorgé de vécu, de convictions, d’authenticité… et, vous obtenez un divin élixir qui semble pouvoir provenir que des grimoires les plus enfouis et érudits.

Les percussions visiblement pour la première fois exécutés par Pain, sont tout aussi impressionnantes et respectables que son jeu de corde noble et séculaire. Le drum kit est vraiment malmené, presque poussé dans ses derniers retranchements de brutalité pour le genre dirais-je. Le degrés rythmique est majoritairement très rapide même s’il sait s’adonner à des accalmies pour pénétrer des sphères plus oniriques et hypnotiques. Quelle que soit la fréquence, les baguettes sont tenues avec rigueur, justesse et intelligence et, la puissance sonore massive et soignée des beats ne contribue qu’à rendre le martèlement encore plus vengeur et impitoyable.

Pour sur, Gauntlet’s Sword n’est pas guidé par ce désir de laisser la moindre trace de vie derrière lui sur le front encore fumant et ravagé et, si résistance il y a, elle ne pourra que succomber en une souffrance ultime à l’écoute des vokills. A titre personnel, je trouve que le timbre de Pain est assez particulier, parfois irritant. Kaiadas aurait peut être mérité une place plus importante derrière le micro…. Dans tout les cas, la souffrance, le désespoir, la haine et la noirceur sont au rendez vous ce qui est amplement suffisant et rend certains écarts vocaux parfaitement excusables.

Dans ce combat, Gauntlet’s Sword franchit toutes les étapes avec succès et ne souffre d’aucunes failles, y compris sur les deux derniers tracks où l’on peut découvrir d’important apports d’instruments non metal et plus traditionnels.

En conclusion, ce « The Command » est une tuerie totale, à ranger aux cotés d’un « Vestige Des Temps Oubliés » d’Arnstadt. Il serait grand temps que certains et certaines cessent de croire qu’il n’y a en Grèce que Necromantia, surtout lorsque l’on voit le niveau de leurs dernières œuvres !

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G. Sword :
Vagelis Boudalis
P.O Box 40092
12310 Ag. Barbara,
Athens
Greece

Sperm. S.