Funerary Call « Unearthed » (2003)
Mon
esprit s’étant, en un plaisir des plus malsain, laissé
effleurer par la très hermétique quintessence de l’album
sortit récemment en collaboration avec Semen And Blood et Odium
Records (combustion spontanée ?!?!), c’est tout naturellement
et, avec une impatiente appétence que je me suis également
procuré ce « Unearthed » de Funerary
Call sortit une fois de plus des forges de Semen And Blood courant
2003. Cette récente release, comme à l’accoutumée érigée à la solde de la plus viscérale et fanatique introspection en les entrailles du chaos originel, en l’hermétisme trouble et obscur stagnant entre les deux grandes forces dualistes, n’est pas pour autant synonyme de réelle nouveauté pour l’Art de H. Macfarlane puisqu’elle regroupe en fait diverses œuvres passées et, aujourd’hui introuvables. La première face de cette tape renferme la démo « Damnation’s Jouney » qui fut originellement capturée en totale improvisation, aux cotés de J. Read dont la réputation en le rangs de Conqueror / Revenge, Axis Of Advance… derrière les fûts n’est plus à faire. De façon bien évidemment très obscure mais inhabituellement sereine, si cette pièce s’offre une ouverture transpirant de claviers étrangement harmonieux et ordonnés, c‘est pour mieux faire basculer de façon aussi inattendue que pernicieuse l’esprit téméraire et charmé vers les abstractions non musicales les plus chaotiques et destructrices. Cédant aux pulsions les plus animales et fanatiques, ce « Damnation’s Journey » n’a de cesse de se désagréger entre infâmes et abyssales distorsions synthétiques, percussions aussi instinctives et irrationnelles que les dernières palpitations d’un schizophrène suicidé sous neuroleptiques, intimismes parasitaires mourants et éthérés, râles dont les agonies informes ne trouvent d’égaux qu’en les tourments les plus inacceptables et refoulés de l’inconscient humain et, incantations écorchées d’émotions en proie aux plus insupportables servitudes. Une douloureuse et multidimensionnelle réponse Dark Ambiant à la plus cauchemardesque flagellation auditive d’un Abruptum, surgissant parfois du noir abîme en une haleine de souffre pouvant s’apparenter au Black Metal lorsque, galvanisé par un J. Read renouant avec ses plus incontrôlés et frénétiques pulsions, les litanies de H. Macfarlane se font atroces et déchirées. Vers des sphères quelque peu moins fougueuses et agressives, mais, toutes aussi sournoises dirais-je, l’ouverture de la seconde face est marquée du sceau de « Self Titled », originellement capturé par H. Macfarlane seul en 1995, et diffusé en format 7’Ep par Infernal Holocaust Productions et Ordo Malleus. Poursuivant son obscurantiste descente aux enfers, Funerary Call distille en son glacial et opaque creuset, une déstabilisante liqueur hoquetant à la frontière la plus floue et maladive entre nappes symphoniques empreintes d’un vertige quasi baroque que l’on ne saurait palper qu’en la moiteur feutrée d’une aussi finement décadente que bestiale alcôve et, fanatisme industriel manipulateur, sans vie et hypnotique offrant à l’ensemble un contraste abrupte de sensations violemment contradictoires. En une insanité toute aussi tribale et discourtoise emboîte le pas à ces deux condensés de perdition auditive, de dépravation mentale libératoire, « Pronounced Unholy », clôturant ainsi ce « Unearthed ». Capturé en 1996 en collaboration avec un certain Christ Stanley sous forme de 7‘Ep, lequel fut diffusé via Of Gods Disgrace Records And Publishing, ce chapitre exacerbe à nouveau un goût certain pour les ambivalences les plus perturbatrices et aiguës, concassant de façon aussi indomptable que déchirante la noirceur funeste de thèmes orchestraux exécutés au piano, effroyables distorsions sonores et souffrance vocales hallucinées. En conclusion, Semen And Blood nous offre une fois de plus et, comme à sa grande habitude, une réédition fanatique d’une noirceur insondable. Mes conclusions seront les mêmes que celles émises pour l’album sortit récemment également chroniqué en nos pages. Les adeptes devraient ici trouver de quoi approfondir le culte. Contact : Sperm. S. |