FUNERAL WINDS / LEVIATHAN / AD HOMINEM / ETERNITY
« Black Metal Against The (2004) »
L’on
ne présente plus le célèbre label germanique
qu’est Undercover Records, s’étant déjà illustré
en tant que commanditaire d’une foutrique tripotée de prods
de tueurs là où No Colours semble n’être déjà
plus que l’ombre de lui même, s’encroûtant dans une suffisance
très vintage, et cela, malgré la suprématie d’un
ChristHunt Rex aussi avide que brillant. Ce quadruple Split Ep, réunissant
Funeral Winds, Leviathan, Ad Hominem et Eternity, sortit courant 2004,
ne déroge pas, comme nous allons le constater, à la
règle. Probablement du fait d’une négligence sacrilège survenue en usine de pressage, les deux ronds de face de cette rondelle ont étés inversés, bouleversant le déroulement de la tracklist officielle. C’est donc, si l’on se laisse abuser, notre Ad Hominem national qui ouvre la chapitre des hostilités avec un « Black Thrash Desecration » [point final d’un triptyque vinylique de splits enfantés aux lendemains de « A New Race For A New World », d’abord aux cotés de Ornaments Of Sin, puis, de Geimhre], des meilleures augures…. Et, en effet, du haut de son inflexible mépris, de son intarissable haine, de son assumée intolérance, conchiant indistinctement, dans la crasse, les trois vermines du livre, Ad Hominem perpétue ici l’héritage Black / Thrash insurgé imposé sur les deux premiers albums : Un jeu de guitare simple mais solidement structuré, à la fois si syncopé et, si tumultueux, qu’il semble être sans retenue dégueulé du canon d’un aliéné pistolet mitrailleur, balayant je ne sais quelle procession commémorative de la shoa ; Des percussions organiques titanesques, intervention de Altar ZK6 oblige, d’une précision plus chirurgicale que ne l’ont jamais étés les incisions de Mengele, où chaque frappe résonne tel le fracas d’une roquette s’abattant sur une mosquée de quartier ; Des vocaux, enfin, d’une agressivité rare et qui, pour la dernière fois scandés dans des tons écorchés, saturés, sont dignes des accusations hérétiques d’un terroriste de la foi qui crucifierait son curé de paroisse au harpon… Un excellent track préfigurant, n’en déplaise à certains, le non moins fantastique « Climax Of Hatred ». Changement de registre, bien que la volonté annihilatoire la plus absolue demeure, avec Eternity, bestiaire teutonique, ayant auparavant, et depuis 1997, déjà enfanté une démo intitulée « Delictum Exceptum », pas moins de quatre splits, dont un Ep partagé avec Wolfsmond [projet d’un ex Absurd] et, un album nommé « … And The Gruesome Returns With Every Night ». Inutile de se farcir je ne sais combien d’écoutes de ce « Each Night… (Blitzkrieg Version) » pour pleinement en palper la teneur : L’on a ici affaire à l’intransigeance typiquement Allemande, laquelle, exprimée dans toute sa splendeur la plus passéiste et old school, déverse une substance primaire, lorgnant, pour ses riffs d’une insistance aussi fanatique qu’insolente, du coté de la Norvège du début des 90ies, rythmiquement tyrannique car invariablement bloquée sur une fréquence blastée, vocalement sépulcrale et d’une noirceur insondable…. Bien que très efficace et délectablement intégriste, ce chapitre apposé à l’extinction de toute vie, est, à mon sens, le plus fade des quatre. Les premiers souffles de la seconde face se soldent par l’explosion de Funeral Winds. Dois-je réellement vous détailler les tenants et aboutissants de cette boucherie hollandaise ?!?! S’il est peut être légitime d’être passé à coté des diverses démos, du single et du split parus entre 1992 et 1995, j’ose néanmoins imaginer que bon nombre d’entre vous se sont déjà cognés des albums tels que « Godslayer Xul » (1998) ou « Koude Haat » (2004) à travers la tronche… Ceux pour qui tel est le cas sauront à quel type de déluge s’attendre… pour les autres, ce « The Old Serpent Stirs » se situe, comme le dirais fort justement l’ami Kurgan, quelque part entre le grand Celtic Frost période « Morbid Tales », le Mayhem de « Deathcrush » et, Drkthrone. Au menu donc, un guitariste aussi fin qu’un marteau pilon besognant à plein régime, et, exécutant des vocaux dignes des grognements d’un pit bull qui, lâché sur un couffin, ravagerait le frêle symbole de pérennité humaine y trônant ; Un bassiste au toucher plus gras et poisseux qu’un monceau de fluides liposucés ; Et, un batteur qui vous éclatera la cervelle à la façon d’un rouleau compresseur propulsé au kerozen dans une exposition de vases Ming…. Je n’ose qu’à demi mots évoquer l’odeur de charnier empestant de l’ensemble, à en faire bander notre kamarade AMSG… En deux mots : Une Tuerie. Enfin, pour clore cet holocauste sonore à l’appellation déjà amplement méritée, quoi de plus adéquat que l’art obscur, morne et suicidaire du one man band américain hyperactif [pas moins de douze démos, cinq splits, deux albums et quatre best-of en l’espace de sept ans…] qu’est Leviathan me disais-je… Et bien, surprise, car si « In Adverse Talons » de part ses riffs écartelés, aux sonorités désespérées, ses rythmes d’une froideur mécanisée et, ses vocaux d’outre tombe inspirent de prime abord l’essence manipulatrice d’un « The Tenth Sub Level Of Suicide », ce track ne tarde pas à sombrer dans une folie épileptique très typée Black Thrash qui ne le quittera plus. Retournement de situation relativement inattendu qui en ferait presque passer le track d’Ad Hominem pour le dernier coup de cœur du bourbier consensuel qu’est skyrock… Je crois, alors que les derniers crépitements de la galette s’estompent, que rajouter quelque chose pour vous faire comprendre que ce 4 ways split est un carnage absolu, serait obsolète. Je ne crois pas que ce split soit encore aisément trouvable… à moins d’être chanceux ou, d’avoir recours à des téléchargements peu scrupuleux, bien des retardataires devront se la mettre là où il savent… Contacts : ETERNITY FUNERAL WINDS LEVIATHAN Sperm.S. |