Faustrecht « Vermines (2000) »
Originaire
de Carpentras, bourgade réputée pour la quiétude
de ses morts, Faustrecht s’est formé en 1997 sous l’impulsion
de Tyran et de Waffen A Korrigan, respectivement responsables de la
composition musicale et, de l’écriture des textes. C’est en 1998 qu sont enregistrées les premières offenses de la bête appelées à figurer sur « Nocturnes », démo qui ne verra le jour qu’en 1999 suite à quelques déboires techniques inhérents à l’artisanat noir. Avril 2000 marque la capture de la délicieusement intitulée « Vermines », seconde déjection qui est, hormis au détours de quelques compilations, mon premier réel contact avec l’Art du duo. Ce glaire auditif tenace se voulant être « une recherche polysémantique sur tout ce qui peut avilir l’humanité, sur sa crasse et son orgueil désuet » s’impose avec « Licking The Angel’s Face » ; Track qui en ses prémices dévoile une mise en abîme introductive obscure, dépouillée mais intrinsèquement menaçante en ce que ses intonations quasi martiales laissent pressentir une déflagration imminente. Ce manifeste atmosphérique spartiate de haine et de dégoût ne tarde pas à se briser sur un roulement de caisse retentissant auquel fait immédiatement écho une substance Black Metal crue et nerveuse propulsée par une rythmique frénétique, des riffs basiques et un organe vocal déchiré. Si le tonnerre se décline rapidement en des fréquences plus lourdes et syncopées laissant clairement entrevoir des influences Old School notoires, louables et communicatives, c’est pour mieux exploser à nouveau en de sphères de folie pure et ne plus lâcher prise à grand renforts de mélodies vengeresses en speed picking et de solos en taping allant crescendo, jusqu’à la chute libératoire de ce premier assaut. S’ensuit, avec autant de finesse et d’amour que la charge d’un pitbull sanguinaire lâché dans les couloirs d’un hospice, « Impetigo » qui reprend à peu de choses prés les mêmes ingrédients que son prédécesseur : Un jeu de cordes tranchant, monté sur le guide d’une tronçonneuse, de percussions expédiées à l’Ak 47, des vocaux hautains et sentencieux et, quelques apports thrashisants puants la rotteuse triplement fermentée. A noter la présence très réussie de phrasés clair pouvant un peu rappeler la froideur de ceux de Seigneur Voland et, laissant entrevoir la textuelle très originale et personnelle de Faustrech. « Le Vampire Intrinsèque » dévoile en ses premiers instants une entité beaucoup plus Rock n’ Roll de part un feeling très Punk/Oï appuyé par une recrudescence de la basse et des vocaux au timbre insolent au possible. Climat sonore insurrectionnel aussi percutant qu’un coup de batte en pleine gueule ne tardant pas à dégénérer en un Raw Blak destructeur et instable pour s’achever en un chaos total d’où, en plus des composantes traditionnelles suintent des solos complètement flingués et destroy et, des samples scatophiles extraits du cultissime « C’est arrivé prés de Chez Vous ». Enfin, « Totenkopf » ferme la marche dans un contexte une fois de plus totalement déluré, intransigeant et provocateur à mi chemin entre laminage métallurgique apocalyptique, effusions de violence incontinentes et, élans d’agressivité plus harsh transpirants ici étrangement d’émotions très nostalgiques, voir quasi ataviques. Il suffit, en conclusion, de se coller ce « Vermines » pour comprendre en quoi Faustrecht mérite sa réputation. Un groupe à part, relativement original, ne poursuivant que ses instincts, sans se fier aux conventions et, parvenant malgré tout à déployer une aura métallique fortement authentique. Que l’on aime ou déteste, ce « Vermines » ne peut laisser indifférent. No Fucking Contact ! Sperm. S. |