Ewe « Ewe » (2004)
Cette
démo, première déjection du nom, est l’un des
grands crus, distillé au Death Chamber Studio, de cette année
2004 touchant à sa fin… J’avais déjà eu l’occasion,
ces derniers mois, d’entre-apercevoir le nom Ewe ça et là,
notamment en la substance du fantastiquement raw et insane « Doomsday »
de Zarach’ Baal’ Tharagh’ ou, dans les méandres crasseuses
de la très perturbante démo 2002 de Black Sheep, tout
cela à titre participatif, mais, rien n’étant évident
ou certain pour toute œuvre affiliée de prés ou de loin
au morne et hermétique spectre créatif de Luc Mertz,
il m’a fallut attendre la réception de cette galette pour y
voir plus clair. L’essence fondatrice se cachant derrière le pseudonyme de Ewe et, plus largement se terrant sous le halo de ce nouveau projet, n’est autre que celle de la fille, tout juste âgée d’une douzaine d’années (!!), du malveillant Luc lui-même ! Comme certain(e)s s’en doutent probablement déjà, il n’est point question dans le cas présent de Raw Black méphitique, cru, sale et sauvage… de cet élixir sulfureux et agressif à outrance si particulier auquel nous ont accoutumés des abominations telles que le Z’B’T’ précité et autres Wurzburg, Belzebul etc… etc… Ewe officie plutôt dans les sphères Dark Ambiant de l’Art Noir qui, sans se laisser confiner en les carcans influents du défunt Stigma Diabolicum, cela même si un indéniable tronc commun en matière d’abstraction cauchemardesque non musicale est palpable et que, bien évidement, l’aura expérimentée et clairvoyante du patriarche n’est jamais bien loin pour encadrer ses pulsions créatrices, suppure d’une personnalité et d’un feeling déjà indéniablement propre et original. Bien sur, je devine déjà les boutades inconsistantes et mièvres des sempiternelles langues de putes, des indétrônables pissent froid et autres gueules de vieilles se gaussant lamentablement sur les acquis de leurs pesantes autosuffisances… Mais diantre (!), les maniaques les plus flingués et rustiques ne s’y tromperont pas, et cela dés le track ouvrant ce bal macabre ! « Nightmare 16 » est à lui seul l'extrait pur d’un noir et vorace venin qui, vicieusement injecté, ronge et dévore l’être et la conscience de l’auditorat à fait que progressent les secondes. En une alchimie semblant presque être le fruit d’une orgie des plus impure entre le cultissime « Hexeri Im Zwielicht Der Finsernis » d’Aghast et le fameux « Burning The Temple Of God » de MZ412, ce premier track se décline en un maelström informe de murmures fuyants et impalpables des plus malsains, de sonorités austères mais hypnotiques et vertigineuses semblant provenir de je ne sais quelles manifestations spectrales, de râles, gémissements et pleurs effroyablement déformés d’une résonance glaciale que n’aurais pas reniées Nacht & Nebel, les prêtresses noires du Aghast précité, de glauques, rauques et oppressantes tonalités très industrielles, si persistantes et tourbillonnantes qu’elles semblent émaner de je ne sais quel ventilateur rouillé battant l’air vicié du chaos originel et, mélodies funèbres exécutées de manière pulsionnelle et simpliste sur un vieil orgue semblant avoir été conçut à même le feu des enfers. L’on gît ici immergé au cœur d’une abstraction pure et tout à fait délectable en ce qu’elle ne semble obéir à aucune logique musicale ou, tout simplement humaine mais parviens paradoxalement à donner corps à une entité des plus personnelle et consistante. De surcroît l’atmosphère malsaine y grouillant indubitablement se trouve exacerbée par le fait que cette création appartient aux arcanes de l’enfance ; Postulat particulièrement perturbant en ce contexte dans la mesure où, outre une immuable sincérité instinctive, ici nettement perceptible, cette période est habituellement l’apanage de l’innocence et de la pureté. Ewe brise néanmoins ce cocon insouciants et nous dévoile sa propre fable, morbide et cauchemardesque ! Les tracks suivants « Nightmare 3 », « Nightmare 19 » & « Nightmare 92 » (Aaarrgghh ! Cet hermétisme et ce souci du détail si caractéristique … les plus observateurs comprendront…) vont crescendo dans ce dérangeant intimisme où les chimères et icônes symboliques de l’enfance deviennent d’atroces et cruels bestiaires, où la beauté inhérente à ces âges se meurt sous l’aversion, où la candeur, en proie aux pires tourments, sombre dans les entrailles d’un gouffre sans fond ; Mise en abîme par les comptines rassurantes d’antan devenues de mortuaires et écorchées litanies ! En conclusion, même si cette entité a encore de longs âges de maturations devant elle, cette démo est probablement l’une des chose les plus malsaine que cette année 2004 m’ait, pour l’heure, donné à découvrir ! A supposer que Luc Mertz raccroche un jour le flambeau de la subversion auditive, que certaines âmes meurtries n’espèrent pas trop tout de même (!!!!), il y a en ce Ewe matière à prendre avec force la relève ! Impressionnant & Respectable ! J’ai hâte de m’enquérir d’une potentielle suite à cette initiative ! Contact : Sperm. S. |