Implanté
à Angoulême, en Charente, et, puisant son essence en
le substantifique duo Herr Ghomor [guitares / piano] et Urhtkrieger
Astharoth Neferher [basse / chant], duo pour l’heure appuyé
d’une boîte à rythmes, Dunkelkrist, armé de ce
« Arcanus Mysteria Scriptum » à titre
de première démo, est un nouveau témoignage du
perpétuel renouvellement du bestiaire underground.
Comme le suggère d’emblée l’artwork quelque peu suffisant
et prévisible de cette rondelle, les uses et coutumes du milieu
ont la peau dure et, « Ave Verum», premier track
évocateur oblige, ne nous épargne donc pas le traditionnel
exercice introductif en vigueur depuis les premiers méfaits
du genre. Ambiance hideuse de la cyclique et aliénante crédulité
dominicale, fumet masochiste de l’animal humain lobotomisé…
soit… mais, rien de bien nouveau sous le soleil de Satan comme le
dirait un certain confrère. Ce palabre n’ayant, pour simple
exemple, pas le charme de celui d’un « KK 696 »
de qui l’on sait, il se pourrait que certains puristes y trouvent
leur compte, mais pour ma part et malgré mon avidité
fanatique, voici là une mise en abîme bien dispensable…
Passons…
Plus cru que ce que pourrait laisser
imaginer l’intro, «Tuba Mirum » premier véritable
track de cette démo, dévoile une entité aux aspirations
vastes, mêlant un feeling relativement old school suintant de
riffs primaires joués en power chords, de percussions minimalistes
et, de vokills écorchés et, une touche plus contemporaine
distillant nappes de claviers glaciales, douloureuses, éthérées
et, secondes guitares d’une nostalgie cristalline. Un morceau pas
particulièrement révolutionnaire, mais tout de même
assez efficace qui n’est pas sans m’inspirer de façon un peu
moins intense et plus lourde les débuts d’Epheles. Soulignons
néanmoins la prod qui si elle avait été un peu
moins laxative sur les guitares aurait contribuée à
plus de puissance et, à ne pas rendre la survenance de certains
éléments, tels que les vocaux Death, parfois indigeste.
S’ensuit ce qui est, probablement pour moi, le meilleur track de cette
démo, car le plus direct et le plus soutenu. Dénué
de tout artifice « Chanson d’Automne » transpire
d’une rage très froide, d’une poigne très atavique.
L’on pense quasi instantanément aux influences ancestrales
de Seigneur Voland en ses envolées les plus sanguinaires, du
Kristallnacht de « Warspirit » via ses retombées
épiques et vengeresse. L’on se remémore les instants
les plus païens du « Melancholia » de B.I.S.
ou du premier Behemoth lorsque des arpéges acoustiques viennent donner
une touche de tristesse incurable à l’assaut ou, l’on croirait
presque écouter Sombre Chemin lorsqu’à ces même
arpéges ne font écho que des phrasés en voix
claires ; Vocaux souillant sans vergogne le bon vieux « notre
père » des familles et, à mon plus grand
plaisir, scandés dans la langue de Molière…
« Baphomet de Velours», après une brève
et agonisante résurgence des claviers à titre introductif,
reprend le même schéma conquérant mais, de façon
bien moins subtile, pour ne pas dire régressive ; Tellement
régressive que le nom du Absurd de la plus grande et répulsive
époque me viendrait presque en tête… Une aussi improbable que
dézinguée rencontre entre l’instrumentation la plus
harsch, voire R.A.C., du pilon teutonique et le lyrisme le plus décadent
du « Sturm Und Drang » de Forbidden Site,
où l’on ne trouve du repos qu’en la rechute clavier / voix
centrale et, l’outro acoustique.
Poussant ses premiers souffles sur une attaque acoustique quasi folk
des affres froidement désespérées de laquelle
émerge le spleen de Urhtkrieger Astharoth Neferher, « De
Profundis Clamavi» dégénère rapidement
en un maelström mystique et inquisiteur paraissant tout droit
surgir d’un « The Celtic Winter » de Graveland ;
maelström qui, mourrant de la même façon qu’il est
apparut introduit un « Sanctus Dolorosa » suivant
le même mode opératoire à la différence
qu’il semble ici voguer vers le Graveland nouvelle époque qui
aurait bouffé du Kampfar et autre Einherjer. La patte stylistique
de Dunkelkrist semblant définie, « Corpse Christii»
semble s’imposer comme une synthèse entre haine et tristesse,
entre désespoir et hargne vengeresse, entre beauté et
laideur, entre sauvagerie et romantisme… avant qu’une outro intitulée
« Romance Macabre », proche des interludes de
C.O.F. et donc, à mon sens, tout comme l’intro, absolument
dispensable, vienne clore les hostilités. Qu’ajouter pour conclure au
sujet de ce premier glaviot peut être encore un peu innocent ?
Nonobstant le fait que le BM ici proposé par Dunkelkrist
n’est pas forcément ma pinte de rotteuse, il n’en demeure pas
moins que ce « Arcanus Mysteria Scriptum » est
le fruit d’un travail incontestable, qu’il dégage déjà
une audace certaine de part la diversité des influences lui
étant sous-jacentes, mais, il est également clair que
le groupe devra pour l’avenir atténuer l’emprise de ces dernières
pour gagner en maturité et, œuvrer à la distinction
d’une aura propre. Une démo intéressante donc, me laissant
dans l’attente de la prochaine.
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aryonisil@hotmail.fr
Sperm. S. |