Duaël « Hadan Draihl (2003) »
Duaël
est un groupe originaire de nos contrées bretonnes qui, bien
qu’ayant vu le jour en 1996, n’immortalisera son art qu’à partir
de l’an de discorde 2002, via une première démo intitulée
“Que S’ouvrent Les Portes Du Cythraul” à laquelle fera écho
une seconde du nom de “Hadan Draihl” l’année suivante. De ce
projet je ne connaissais jusque là que les tracks « Roi
Des Celtes » et Seigneur Des Marais » ayant
figurés sur la fameuse Furor Gallicum, compilation parue il
y a déjà bien des lunes à l’initiative de Tyrannie
Rex que je salue au passage ; Tracks qui, je dois bien l’admettre,
probablement noyés dans la masse des groupes à l’époque
représentés, n’avaient pas attirés mon attention
au point de me laisser un souvenir impérissable et, de me pousser
à approfondir… Quelques mois plus tard, un envoi promo ayant
fait justice au groupe, je me lance donc dans une dissection en règles
du « Hadan Draihl » précité : Laissant à peine loisir à « Dernière Marche », qui digne d’un départ en guerre coloniale me remémorerait presque, avec nostalgie, mon escapade passée avec Herr Yzkr en forêt de Paimpont ; Périple aussi légendaire que dantesque où, entre deux sessions charognardes et, sous l’emprise d’hectolitres de cidre frelaté, nous boutâmes l’envahisseur anglois dans les tréfonds du Val sans retour, où l’Hotie de Viviane devint le théâtre d’étrange rites sybarites, où une bonne demi douzaine d’enfants trisomiques faillit élire dernier domicile dans les miasmes du Chêne à Guillotin… je m’égare…. Laissant donc, à peine loisir à « Dernière Marche » d’introduire l’essence de Duaël, ce dernier ne tarde pas à imposer sa conception propre d’un Black Metal Païen ; Conception qui, à mon plus foutrique plaisir et, nonobstant la présence d’une cornemuse écossaise sur le dernier track, n’a pas besoin de s’encroûter dans l’utilisation outrancière de samples mièvres, d’instruments traditionnels imbuvables… pour transpirer du terroir le plus primitif et révérencieux. Paraissant entretenir un tenace devoir de mémoire renvoyant le cercle auditoire à l’héritage fanatique d’un Belketre ou Vlad Tepes, quoi qu’un parallèle avec l’empreinte méphitique d’un Zarach’ Baal’ Tharagh’ au mieux de sa forme la plus décharnée pourrait se justifier, le fuzz des guitares grouillant, tels les maléfices les plus antiques sous l’humus de terres maudites, se révèle propice à déchaîner des riffs, qui, simplistes mais assurément plus épiques que ne le seront jamais bien des branlettes de manche façon Stratoprépuce, Edgay ou Rapsogouines, sont tout autant qu’ils sont d’enivrantes et mobilisatrices exhortations à l’annihilation des pourritures du livre n’ayant qu déjà trop souillées nos terres ; Riffs secondés par l’émergence très sporadique, glauque et obscurantiste de ce qui semble être un clavier et, chose de plus en plus rare dans le milieu Black Metal, par la présence très palpable d’une basse qui, ne se cantonnant, de toute évidence, pas à n’être qu’un ersatz des guitares, offre un regain de profondeur à l’assaut. Les percussions sont, quand à elles, très mécaniques, froides, m’inspirant parfois, programmation oblige, les matraquages les plus éthérés d’Ildjarn, mais, je n’y vois aucun inconvénient majeur contrairement à bien des moules jusqu’au-boutistes refusant l’utilisation de toute bàr, quitte à s’adjoindre les services d’un batteur dont la rigueur serait à peine plus digne que les claquement d’une paire de balloches poreuses sur un cul fatigué par trente ans de trottoir intensif, d’autant que décemment étudiée et, offrant de multiples changements de rythmes, elle ne rechigne jamais de mettre de coté la traditionnelle artillerie Metal, au profit d’une frappe plus rituelle et guerrière. Sur ce point, la seule ombre au tableau provient, à mon sens, du mixage relayant ce laminage sur un plan trop second et, amputant donc ce « Hadan Draihl » d’une certaine puissance. Enfin, les vokills de Necrowarrior, bien que parfois un peu trop saturés, n’en demeurent pas moins rongés par la haine et, efficaces. D’une froideur communicative, ils déclinent une textuelle dédiée à la culture celte et bretonne scandés en bon vieux gaulois et, ayant le mérite de ne pas sombrer dans les clichés « politiques » et indépendantistes du genre. Au final, voici donc une démo ne révolutionnant pas le genre et, n’ayant de toute façon pas cette prétention. L’ensemble, bien que intrinsèquement sincère et dévoué n’en demeure pas moins original. Hail à Duaël ! Hail également à Lord Puke & The Way Of Force ayant contribué à la diffusion de cette demo à ranger entre celles de Ases & Celtic Throne. Contact : The Way Of Force Sperm. S. |