Devilish Era / Ond Aand « Gathering For Infernal Onslaught (2005) »

Je le confesse, je n’ai jamais été porté sur le concept des war splits, à mes yeux bien trop tiedasses et obsolètes pour être crédibles… J’invite les sceptiques et contestataires à porter une oreille lucide sur des bousiers du genre tels que le Seth / Cultus Sanguine ou, pour les plus téméraires, le Thorns / Emperor, tout juste bon à émousser le con frétillant des goth-sluts abonnées aux congrès de P.Z. Brite en bas fonds de fac d’arts plastiques, pour s’en rapidement laisser convaincre… Une fois n’ayant néanmoins pas valeur d’usage, je mettrais mon autiste intransigeance de coté dans le cas de ce « Gathering For Infernal Onslaught ». Il ne pourrais en être autrement au vu de mon addiction aiguë aux essences des deux groupes ici représentés et, des insoutenables semaines qu’il m’a fallut attendre pour me coller cette putain de release dans l’oignon.


De part sa qualité d’aîné, c’est un Devilish Era que je ne présente plus qui inaugure cette damnation sonique avec une reprise du track « Eternal Season Part 1 » qui, jadis, me fit immédiatement adhérer à la « Rehears’hell 2004 » de Ond Aand. Lord Naggaroth ayant ici quelque peu rompu avec le modus operandi qui caractérisait l’effort de production des précédents opus, gageons que la trame sonore ici déféquée risque d’emblée de déstabiliser, voire de choquer, certains pseudos culs tendus puristes en ce qu’elle place considérablement les guitares en deçà des autres instruments, manque ainsi quelque peu de puissance et, accentue nettement le caractère synthétique du projet… Aucune bribe d’importance pour ma part, la froideur déshumanisée, la folie manipulatrice, caractérisant Devilish Era depuis ses débuts, demeurent intacts et, cette reprise le prouve sans détours ; Réadaptation qui ,à la fois fidèle et personnelle, concasse l’originaire et old school essence croisée Heavy / Black / Doom du track avec un feeling très moderne, aussi mortuaire que martial, aussi rythmiquement éthéré et suicidaire, qu’intense et frénétique. N’évoquons qu’à demi mots les vocaux peut être encore plus écorchés et flingués que ceux d’Ebola… 
S’ensuit « Deify The Soul Swalower », nouveau track venant engrosser le répertoire déjà conséquent du one man band ; Track tout en morbides ambiances, dominé de tout son long, son malaise, par une lourdeur asphyxiante ; Track aux allures de délivrante mise en abîme d’où s’exhale un phrasé agonisant dégageant autant de joie, d’espoir, que les pensées d’un supplicié ouvrant les yeux sur sa dernière journée terrestre… 
Enfin, dans la plus grande tradition, cette première partie s’achève sur la reprise d’un track appartenant au répertoire d’un illustre ténor métallurgique et, foutrechiasse ( !!!!), quelle réadaptation pour ce « Det Som En Gang Var » qui est, probablement à mes yeux, l’une des création la plus ultime de Burzum ! Essayez d’imaginer ce morceau s’il avait été enregistré par un V. Vikernes sous neuroleptiques, muré à vie dans les cuves d’une aciérie désaffectée avec du matériel de l’ère soviétique, sur une bande maculée d’huile de vidange et, vous serez proches de la vérité ! 

Selon le même schéma, Ond Aand reprend le flambeau avec une reprise d’un « The Satirical Enigma » que les initiés ont pus découvrir sur le fantastique « Under The Aegis Of The Megathropist » de Devilish Era. Ici, du point de vue sonore, le constat s’avère, comme le précédent, être de taille mais, de façon diamétralement opposée puisque la horde, aujourd’hui organisée sous forme de trio, semble avoir refermé le vortex halluciné qui reliait son premier glaviot au Metal 70ies le plus crasseux, au profit d’une production beaucoup plus ronde et rentre-dedans, contemporaine je dirais, ce qui lui permet de transcender son art vers des sphères beaucoup plus audacieuses ; Art toujours aussi dithyrambique mais, où se greffent désormais des solos, où l’assise du jeu de cordes devient pleinement palpable, où les vocaux Death d’Ebola se révèlent enfin de façon plus distincte et, où la frappe rythmique revêt toute son ampleur. En découle un impressionnant regain de virulence qui fait bouillir les fluides de Devilish Era de façon rare et quasi surréaliste. 
Dans son élan insatiable le groupe poursuit sa progression avec un nouveau track intitulé « 11 » qui renoue avec son goût certain pour les structures longues, alambiquées et éclectiques, se situant à la charnière de diverses conceptions du Metal et, où se côtoient, autant vocalement que musicalement, mélodies très progressives, breaks plus indéfinissables et envolées plus harsch et crues. Un témoignage imposant, quasi atavique de part les émotions qu’il dégage qui aurait put laisser augurer le meilleur pour l’avenir et, espérer la concrétisation d’un premier réel album si le groupe n’avait pas, hélas, depuis splitté. 
Enfin, cette rondelle se referme, vous l’aurez compris sur une reprise d’envergure et, Ond Aand ayant déjà été comparé à ce que pourrait être une version Raw de Primordial, ce n’est pas une surprise ici de voir figurer une réadaptation de « The Glorious Dawn » de ce dernier. Je suis assez peu familier, autant spirituellement que musicalement, avec ce groupe, pour ainsi dire pas du tout, je m’abstiendrais donc de tout développements pompeux et, me contenterais de dire que cette reprise colle particulièrement bien à la patte d’Ond Aand et, qu’en conséquence il s’agit là d’un choix judicieux. 

Somme toute, hormis quelques défauts mineurs, ce « Gathering For Infernal Onslaught », autant par la forte cohésion y régnant que par sa globale originalité, est à mon sens un excellent Split. Je pense qu’à ce jour il est encore possible de se le procurer… Que les retardataires ne viennent pas sangloter en se paluchant de désespoir lorsqu’il sera trop tard !

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Ond Aand [R.I.P.]
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Sperm. S.