Je
le confesse, je n’ai jamais été porté sur le
concept des war splits, à mes yeux bien trop tiedasses et obsolètes
pour être crédibles… J’invite les sceptiques et contestataires
à porter une oreille lucide sur des bousiers du genre tels
que le Seth / Cultus Sanguine ou, pour les plus téméraires,
le Thorns / Emperor, tout juste bon à émousser le con
frétillant des goth-sluts abonnées aux congrès
de P.Z. Brite en bas fonds de fac d’arts plastiques, pour s’en rapidement
laisser convaincre… Une fois n’ayant néanmoins pas valeur d’usage,
je mettrais mon autiste intransigeance de coté dans le cas
de ce « Gathering For Infernal Onslaught ».
Il ne pourrais en être autrement au vu de mon addiction aiguë
aux essences des deux groupes ici représentés et, des
insoutenables semaines qu’il m’a fallut attendre pour me coller cette
putain de release dans l’oignon.
De part sa qualité d’aîné, c’est un Devilish Era
que je ne présente plus qui inaugure cette damnation sonique
avec une reprise du track « Eternal Season Part 1 »
qui, jadis, me fit immédiatement adhérer à la
« Rehears’hell 2004 » de Ond Aand. Lord Naggaroth
ayant ici quelque peu rompu avec le modus operandi qui caractérisait
l’effort de production des précédents opus, gageons
que la trame sonore ici déféquée risque d’emblée
de déstabiliser, voire de choquer, certains pseudos culs tendus
puristes en ce qu’elle place considérablement les guitares
en deçà des autres instruments, manque ainsi quelque
peu de puissance et, accentue nettement le caractère synthétique
du projet… Aucune bribe d’importance pour ma part, la froideur déshumanisée,
la folie manipulatrice, caractérisant Devilish Era depuis ses
débuts, demeurent intacts et, cette reprise le prouve sans
détours ; Réadaptation qui ,à la fois fidèle
et personnelle, concasse l’originaire et old school essence croisée
Heavy / Black / Doom du track avec un feeling très moderne,
aussi mortuaire que martial, aussi rythmiquement éthéré
et suicidaire, qu’intense et frénétique. N’évoquons
qu’à demi mots les vocaux peut être encore plus écorchés
et flingués que ceux d’Ebola…
S’ensuit « Deify The Soul Swalower », nouveau
track venant engrosser le répertoire déjà conséquent
du one man band ; Track tout en morbides ambiances, dominé
de tout son long, son malaise, par une lourdeur asphyxiante ;
Track aux allures de délivrante mise en abîme d’où
s’exhale un phrasé agonisant dégageant autant de joie,
d’espoir, que les pensées d’un supplicié ouvrant les
yeux sur sa dernière journée terrestre…
Enfin, dans la plus grande tradition, cette première partie
s’achève sur la reprise d’un track appartenant au répertoire
d’un illustre ténor métallurgique et, foutrechiasse
( !!!!), quelle réadaptation pour ce « Det
Som En Gang Var » qui est, probablement à mes yeux,
l’une des création la plus ultime de Burzum ! Essayez
d’imaginer ce morceau s’il avait été enregistré
par un V. Vikernes sous neuroleptiques, muré à vie dans
les cuves d’une aciérie désaffectée avec du matériel
de l’ère soviétique, sur une bande maculée d’huile
de vidange et, vous serez proches de la vérité !
Selon le même schéma,
Ond Aand reprend le flambeau avec une reprise d’un « The
Satirical Enigma » que les initiés ont pus découvrir
sur le fantastique « Under The Aegis Of The Megathropist »
de Devilish Era. Ici, du point de vue sonore, le constat s’avère,
comme le précédent, être de taille mais, de façon
diamétralement opposée puisque la horde, aujourd’hui
organisée sous forme de trio, semble avoir refermé le
vortex halluciné qui reliait son premier glaviot au Metal 70ies
le plus crasseux, au profit d’une production beaucoup plus ronde et
rentre-dedans, contemporaine je dirais, ce qui lui permet de transcender
son art vers des sphères beaucoup plus audacieuses ; Art
toujours aussi dithyrambique mais, où se greffent désormais
des solos, où l’assise du jeu de cordes devient pleinement
palpable, où les vocaux Death d’Ebola se révèlent
enfin de façon plus distincte et, où la frappe rythmique
revêt toute son ampleur. En découle un impressionnant
regain de virulence qui fait bouillir les fluides de Devilish Era
de façon rare et quasi surréaliste.
Dans son élan insatiable le groupe poursuit sa progression
avec un nouveau track intitulé « 11 »
qui renoue avec son goût certain pour les structures longues,
alambiquées et éclectiques, se situant à la charnière
de diverses conceptions du Metal et, où se côtoient,
autant vocalement que musicalement, mélodies très progressives,
breaks plus indéfinissables et envolées plus harsch
et crues. Un témoignage imposant, quasi atavique de part les
émotions qu’il dégage qui aurait put laisser augurer
le meilleur pour l’avenir et, espérer la concrétisation
d’un premier réel album si le groupe n’avait pas, hélas,
depuis splitté.
Enfin, cette rondelle se referme, vous l’aurez compris sur une reprise
d’envergure et, Ond Aand ayant déjà été
comparé à ce que pourrait être une version Raw
de Primordial, ce n’est pas une surprise ici de voir figurer une réadaptation
de « The Glorious Dawn » de ce dernier. Je suis
assez peu familier, autant spirituellement que musicalement, avec
ce groupe, pour ainsi dire pas du tout, je m’abstiendrais donc de
tout développements pompeux et, me contenterais de dire que
cette reprise colle particulièrement bien à la patte
d’Ond Aand et, qu’en conséquence il s’agit là d’un choix
judicieux.
Somme toute, hormis quelques défauts
mineurs, ce « Gathering For Infernal Onslaught »,
autant par la forte cohésion y régnant que par sa globale
originalité, est à mon sens un excellent Split. Je pense
qu’à ce jour il est encore possible de se le procurer… Que
les retardataires ne viennent pas sangloter en se paluchant de désespoir
lorsqu’il sera trop tard !
Contact :
Devilish Era :
devilishera@aol.com
Ond Aand [R.I.P.]
ond_aand@yahoo.fr
Sperm. S. |