Deus Inversus « Oath of Desanctification » (2004)

Deus Inversus a été fondé en août 2001, dans le but de matérialiser une volonté de détruire toutes formes d’émanations de la peste monothéiste. En ces ages reculés, le groupe comptait en ses rangs Aeshma, Moloch, Grimlord & Kaage. En décembre 2002, Adramelech intègre la division en tant que guitariste tandis que l’été 2003 scelle le départ de Kaage et Moloch, ne ressentant plus la motivation des premières heures. La bête s’articulera dés lors sur les bases du trio Grimlord, à la basse et aux vokills, Adramelech aux guitares et vokills et, de Aeshma derrière les fûts.

L’excellente compilation « Furor Gallicum » parue en 2003 chez notre camarade de Brutal Druid, aujourd’hui renommé Tyran Prod, et désormais sold out, me donna l’occasion de découvrir les premières prestations plutôt convaincantes de l’entité via, « Kings Of A Downfall Cross » et « Darkest Horizon », deux tracks annonçant l’avènement, fin 2004, de ce « Oath Of Desanctification ».

En un fuzz semblant s’élever des crépitements d’hérésiarques et clandestins bûchers défiant, depuis les tréfonds humides et antiques des vastes et titanesques forêts vosgiennes, le visage moderne du fanatisme inquisiteur, les riffs imposent un art noir n’ayant pas la moindre vocation à agrémenter le mouvement d’un quelconque renouvellement stylistique ; Le groupe le scande lui même et sans pudeur : « We Are Totally Devoted To The Mighty Metal », chose étant toute à son honneur. Selon ce postulat et, comme épris d’un incurable passéisme, le jeu de guitare de Adramelech, fermement appuyé par les basses de Grimlord exsude avec détermination d’un feeling résolument Old School semblant exhumer, avec une droiture intrinsèquement respectueuse, l’âme scandinave la plus ancienne et respectable ; Spectre resurgissant en tout instants aux détours de crachats épiques d’une glaciale et lancinante vigueur qui, parfois exacerbés par d’aussi escarpés que cristallins arpéges, résonnent comme autant d’ultimes charges salvatrices lancées contre les rempart des plus obscurantistes certitudes ; De douloureuses et effilées envolées mélodiques paraissant puisées à même la quintessence malsaine, émotionnellement incontrôlée et quasi tragique d’un « Transilvanian Hunger » ou, « De Mysteriis Dom Sathanas » ; Et, éprouvants concassages beaucoup plus triviaux et austères conviant l’auditorat vers des époques encore plus enfouies où les frontières entre Black Metal et Death Metal demeuraient floues, ou, au cœur de servitudes très Heavy Metal inspirant parfois le savoir faire d’un Dissection qui, ayant subit une surprenante cure de jouvence, palperait à nouveau la fougue éthérées de ses premières heures (le track « Darkest Horizon » en est un exemple frappant).

Concernant les percussions, Deus Inversus n’est de toute évidence pas un groupe ayant succombé aux facilités du pilonnage rythmique décérébré et dénué de tout but réel ; Débourrage sans âme semblant aujourd’hui être l’apanage de bien des jeunes loups aveuglés par leurs ardeurs primales. Ayant conscience de la fondamentale utilité de conférer à une essence incontestablement alambiquée un minimum de relief, Aeshma tyrannise son drum kit avec une parcimonie clairvoyante, posée, mais résolument vigoureuse, magnifiant ses montées en puissances de lourdeurs suintant d’une double des plus souveraine, de mids tempos bien souvent très catchy et fédérateurs riches en variations…. L’Art de la meute n’en ressort que plus tenace et conquérant. Je déplorerais simplement un mixage quelque peu hâté mettant assurément trop cette frappe en avant au détriment des guitares en ressortant considérablement affaiblies et sous jacentes.

Enfin, la dualité des vokills assurée par Adramelech & Grimlord s’érige également tel un gage de diversité, d’efficacité qui, entre écorchures d’une haine palpable et sursauts caverneux des plus sentencieux, confère aux convictions du groupe une spontanéité des plus sincère ; Rhétorique destructrice et blasphématoire qui, bien au delà des clichés sataniques contradictoires, se veut incarner un renoncement sans compromission à toutes formes de religions et autres doctrines. 
Au final, Tyran Prod nous offre une fois de plus matière à découvrir une œuvre intègre et sincère qui, sans être d’une exceptionnelle personnalité, et outre une prod qui aurait mérité plus de puissance au niveau des cordes, est tout de même une totale et vérace réussite pour un premier jet. J’en appelle donc au soutient pour toutes celles et ceux se sentant concernés par l’effort de guerre métallurgique hexagonal.

Contact :
http://deusinversus.free.fr

Sperm. S.