Demoncy / Dark Opus « Split Ep » (2004)

Moi qui croyait, au vu des désillusions passées et persistantes de MkM, que les aciéries Spikekult étaient depuis déjà des lustres réduites à l’état de fumant et délabré friche industriel, grande fut ma surprise à la découverte, courant 2004, de la sortie de ce Split Ep à titre de dix septième prod, fomentée avec la collaboration des Toulousains de Battlesk’rs Prodz ; Galette sur laquelle je me suis bien évidemment rué gueule béante, bave aux crocs et globes oculaires injectés de sang. 

Le grand et fanatique cérémonial pousse ses premiers soupirs sous la présidence du bestiaire américain qu’est Demoncy. Bien que faisant office de monolithe séculaire et, ayant déjà derrière lui un lourd palmarès, à savoir le démos « Impure Blessings (Dark Angel Of The Four Wings) » de 1991, « Faustian Dawn » de 1993, « Rehearsal’95 » & « Rehearsal’96 (Commencement Of The Dark Crusade) », les albums « Within The Sylvan Realms Of Frost » & « Joined In Darkness » ayant tout deux marqués l’année 1999, une compilation best of parue en 2002, ainsi qu’une troisième rondelle intitulée « Empire Of The Fallen One » datant de 2003, le track ici dévoilé qu’est « The Ode To Eternal Darkness » scelle mon dépucelage, n’ayant jusqu’alors jamais pris le temps de porter une oreille attentive su l’Art du quatuor comptant en ses rangs des membres de Kult Ov Azazel, Mysterian, Raven’s Bane et, un ex activiste du défunt Profanatica.

Dans la plus grande et régressive tradition de la scène américaine, l’élixir Demoncy se trouve distillé dans son plus brut et impur appareil. Mis en abîme par le pilonnage rythmique d’un Ixithra, aussi débridé et frénétique que le seraient les spasmes de souffrance d’un hémophile épileptique que l’on cautériserait à l’acide sulfurique après de confortables heures passées à trôner sur une chaise d’inquisition, les riffs de Vlasoroth, jetés au tombeau par les basses opaques de Xelar, laissent exploser, en un feeling rudimentaire et insistant, une noirceur suffocante, hypnotique, peuplée de funestes maléfices, se revêtant parfois d’un halo étrangement nostalgique, comme pour mieux happer les esprits égarés et en peine dans les crochets de la mauditon la plus éternelle et incurable. Féroce et inquiétante citadelle d’une implacable négativité en fusion absolue avec son appellation, rôde en ses bas fonds des litanies spectrales et manipulatrices déclamées par un Horidus brillant d’un savoir faire très particulier qui, à la croisée de l’écorchement le plus vif et du murmure le plus malveillant, ne saurait trouver d’égal qu’en les râles d’une lépreuse, broyée et putrescente carotide. 

Somme toute classique et doublé d’une production assez impersonnelle, je dois dire que j’attendais mieux de ce premier contact avec une entité, pour beaucoup, mythique, si bien que la réelle surprise, que dis je, le véritable choc, survint avec le track « Infectious Ritual » de Dark Opus.

Foutre ( !!), que de chemin parcourut par Akhaeus depuis la fantastique Split tape partagée avec le non moins excellent Darvulia en 2001, en passant par les démos « Thoughts » parue la même année et « Existence Is Appointed To End » en 2002 car, si les commentaires de mon crémier habituel laissaient clairement entrevoir une véritable représentation auditive de la souffrance, une seule écoute me suffit à corroborer ces dires. Dark Opus ne s’écoute pas mais se subit, ne serait ce que de part son identité sonore puant le quatre pistes maculé des semences les plus répugnantes, les bandes attaquées par la moisissure et la limaille de fer.

L’on retrouve en les méandres de ce « Infectious Ritual » l’enivrant désespoir et la malsaine dépression ayant fait toute l’excellence des précédents témoignages mais, en des sphères atteignant désormais des degrés de folie rare et impressionnants.

Les riffs dissonants et criminels au possible sont exécutés avec une frénésie pathologique défiant l’entendement humain en un touché aussi lacéré, décharné que le corps d’une fillette arrachée à son innocence et laissée pour morte dans la crasse d’un terrain vague. L’on ressent plus que jamais à quel point le jeu de corde d’Akhaeus a put être déterminant dans le règne sanguinaire du défunt et regretté Baël. Les percussions, pour la première fois assurées par une batterie organique, n’offrent pas de constat plus optimiste de part un pilonnage halluciné et dénué de toute conscience, une mise à mort massive et aveugle digne de l’ultime assaut d’un sociopathe déambulant à feu nourrit sur les sentiers d’un circuit touristique pour personnes âgées. Enfin, les vokills maladifs, que seuls un Meyna’ch en état de manque pourrait peut être retranscrire, sont dégueulés avec une cruauté insatiable, comme sous l’emprise des plus insupportables servitudes et rancœurs. 

Au final, SPK nous délivre ici une très noire et jouissive rondelle imposant un Dark Opus tout bonnement fantastique, au sommet de son Art, et, un Demoncy très correct mais au demeurant assez commun.

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Sperm. S.