Darkwood Legion « Là où les Ames Pourrissent » (2003)
Malgré
le fait qu’il y a un bon moment que j’entends, ça et là,
parler de cette meute savoyarde, je n’en connais paradoxalement quasiment
rien… Je vous épargnerais donc, une fois n’étant pas
coutume, la traditionnelle mise en bouche introductive historico biographique
pour directement et de part ce premier contact, pénétrer
le vif de cette démo tape capturée en 2003 et, sortie
chez The Way Of Force, label d’un certain Lord Puke qui, il me semble,
n’est plus à présenter… Ce « Là Où Les Ames Pourrissent », dédié à la mémoire de Lord Cernunnos, guitariste et programmateur rythmique du groupe prématurément disparut en août 2003, dévoile sans équivoque une entité n’ayant pas pour prétention d’apporter innovations et renouvellement au genre mais, tout simplement désireux de perpétuer l’héritage d’un combat originel dans sa plus pure tradition ce qui est tout à son honneur au vu du contexte actuel. Des entrailles boisées et vespérales d’une mère nature séculaire s’élèvent les nobles clameurs de ses gardiens les plus dévoués et, cet éveil bestial porté par les rancœurs et doléances païennes d’une guitare acoustique à fleur de peau suffit à lui seul pour nous happer en un typique contexte d’auguste révérence. Dans cette lancée, « Die Nacht Der Wolfe », premier véritable track, pose les bases d’une stylistique qui ne quittera pas Darkwood Legion jusqu’au dernier souffle de ce « Là Où Les Ames Pourrissent », cela au cœur d’un creuset sonore empestant d’une grouillante et délicieusement jouissive crasse propre à toute capture « live » qui se respecte mais sachant demeurer audible. Le jeu de cordes de Lord Cernnunos, appuyé avec force, amplitude et poigne par la basse bien présente et suffisamment profonde de Spiritus Noctivagus, dévoile les tourments d’une âme créatrice paraissant déchirée entre une violence irréfrénable propre à l’insondable amertume que ressent toute âme païenne face aux servitudes du monde moderne et, une solennelle sérénité à laquelle seule la nostalgie et le ressentit d’autres âges peut donner corps. De fait, la construction des riffs, dans sa barbarie, n’a de cesse d’osciller avec relief entre phases indécrottablement raw, n’étant parfois pas sans inspirer, dans ses lourdeurs primitives, certains plans de Beherit ou, dans ses cycles plus épileptiques un Marduk qui aurait fait une crasse cure de jouvence, et, envolées beaucoup plus ataviques et solennelles nous rapprochant d’un lyrisme païen rustique sans commune mesure avec certaines mièvreries actuelles et, semblant de temps à autres puiser leurs inspirations spartiates dans les méandres de l’ancienne scène gauloise. Malgré quelques inévitables relents mécaniques clairement identifiables, les percussions s’avèrent ici être une convaincante preuve que la boîte à rythmes peut, faute de véritable batteur organique, brandir l’étendard puissant et inquisiteur de l’Art Noir tant leur programmation s’avère être vectrice de combativité et de rage. Enfin, les vokills de Kassgul hurlés en un écorchement sans artifices ne négligeant pas notre langue française et, suintant de haine se révèlent particulièrement appropriés à la déclamation d’une textuelle entrée en guerre contre l’emprise expansionniste des trois sœurs et de leurs dogmes, tracée dans le dégoût misanthropique d’un genre humain en perpétuelle et croissante dégénérescence, et entièrement dévolue à la grandeur de notre fière et impériale Savoie nationale et de ses cultes. Somme toute il s’agit là d’une bonne démo, des plus classique mais efficace, enfantée avec tripes et sincérité que les fidèles partisans de la scène savoyarde rangeront sans peine aux cotés des œuvres d’Osirion. Contact : Sperm. S. |