Dark Opus / Darvulia « Split » (2001)
Décidément
Pâleur Mortelle Prod ne semblant trouver d’apaisement qu’en
une glorification fanatique et sans compromis de l’Art Noir, n’aura,
pour sûr, de cesse, et à mon plus grand plaisir, de nous
défoncer profusément la tronche via son ultime et impie
dévotion propagandaire! Inutile de présenter l’excellent zine du même nom dont la place est d’ores et déjà promise aux plus hautes sphères du panthéon de la subversion ! Difficile également d’évoquer les productions lui étant affiliées sans peiner à contenir son bouillonnant foutre ! Ce Split tape, cinquième prod du nom, miraculeusement débusqué au détour d’une noble liste de distro et, inévitablement appelé à devenir culte, rarissime ne déroge pas à cet état de fait en ce qu’il offre sans conteste matière à libidineusement vicier ses séants ! L’assaut est sans plus attendre donné par Dark Opus. Nombre d’entre vous connaissent probablement déjà Ensamhet qui n’est autre que le one man band d’Aguares (lequel vient d’ailleurs de vomir un excellent Split Ep, chroniqué ici même, partagé avec Banished Sprits et sortit chez les ineffables D.U.K.E.)… Dark Opus quand à lui est le projet solo d’Akhaeus, son alter égo dans le blasphème et la furie du monstrueux Baël et, au vu de la stature de ce dernier autant dire que la simple perspective de cette nouvelle quête solitaire plus méconnue laisse envisager le meilleur ou plutôt le pire ! Via une production totalement underground chiadée à l’acide de batterie le Black Metal de Dark Opus puise son fétide arôme dans les sources les plus raw et glaciales du genre ne pouvant dés lors laisser ses inspirations s’abandonner au consensualisme ! Redouté pour son intransigeant toucher, son abrupt feeling Akhaeus nous offre ici un maelström de riffs maladifs alliant avec une folie toute palpable d’écrasante et schizophrénique poussées de férocité et de mélodiquement minimalistes abandons nostalgiques parfois très poignants de solennité ; Authentique et étouffant témoignage d’un prise de conscience vers la dépression et le ressentiment galvanisé par des percussions, probablement régurgités par une boite à rythmes, dont le massif et rustique simplisme ne fait que renforcer le halo de froid dégoût claustrant l’ensemble. Enfin, les vokills d’Akhaeus, sans remettre en cause l’excellence démoniaque de Baël, n’ont strictement rien à envier à ceux d’Aguarès ! Dans un registre autre, moins tourmenté et instable, plus hurlé et hypnotique, ils sont à eux seuls un véritable appel à s’en remettre de tout son être à l’obscurité salvatrice et aux forces séculaires y grouillant ! Les derniers soubresauts de l’outro, à fort juste titre intitulée « Gleam Of Darkness Part II » et, reflet, à elle seule, d’une âme à l’agonie, font lentement place à un autre bestiaire tout aussi respectable et malveillant de notre UG ! Un prélude d’un noir et enivrant mysticisme à lui seul porteur des plus séculaires abominations et par là annonciateur de leur indicible retour en nos contrées ; Un savant et perturbant mélange de riffs hargneux, crasseux, primaires et d’effroyables dissonances maudites que seuls les gardiens et détenteurs des enseignements ancestraux les plus controversés savent encore distiller ; Des percussions gorgées de rancœur qui dans leur agressivité succombent volontiers à d’envoûtants maléfices ritualistiques invitant au sabbat ; Et, déjà ces putains de vokills confinant les frontières de la révulsion possédée et s’attachant avec une impressionnante spontanéité à user de toute la vertigineuse finesse du français (ou du latin) pour insuffler malaise et aversion ! Aucun doute possible, nous sommes en présence de Darvulia, qui relativement loin de faire preuve de l’imposante personnalité régnant sur les dernières réalisation en date pour cette époque encore reculée ne cessera pourtant jamais de susciter en mon être fascination et respect ! Somme toute d’une brillante intégrité et d’une submergeante atmosphère ce Split tape ne trompera pas les maniaques les plus acharnés qui, eux seuls sauront l’apprécier à se juste valeur ! KILLER ! No fucking contact Sperm. S. |