Desolation Triumphalis / Ordo Templi Aeternae Lucis
« Condemned » / « March Of The Awakened Ones (2005) »

L’heure ne semble pas être au répit puisque mes liqueurs n’eurent pas le temps de cesser de perler à l’écoute du fantastique Split Ep « Leading The Plague Of Yahweh To Its Grave… » sortit chez Aura Mystique et réunissant Bekhira & Desolation Triumphalis que j’eu vent de ce nouveau méfait vinylique estampillé de la bannière du Concilium, cette fois propagé tel le poison en les viandes d‘un underground insolent via Niessedron Rec.

Desolation Triumphalis procède à la percée de front impie, une fois de plus en adéquation avec son traditionnel modus operandi puisque ce chapitre a été instrumentalement capturé en répétition en juin 2004 par Lenrauth derrière les fûts et, Black Christ en tant que guitariste de session et, que les vocaux ont étés ajoutés en Studio en août de cette même année.

« Condemned »… Le simple intitulé de ce track en dit lui même long quand à la funeste teneur de cette première face de la rondelle…

Dés les premiers instants, l’on palpe à nouveau cette lourdeur dépressive froidement communicative ayant marqué les esprits lors des deux précédents témoignages et, au delà, que l’on ne retrouve que dans cette essence noble qu’est le Black Metal.

Les riffs sont taillés à même la masse ; N’y luisant que des pensées et images émotionnellement passéistes, révérencieuses, tel de fiers mais fragilisés monolithes qui ne refléteraient plus que les belliqueux reflets d’un Soleir Noir ayant, dans le sang, repris ses droits. Aube teinté de folie et de fanatisme précipitée, à mille lieux de la frénétique boite rythmes du Kristallnacht d’antan, par de retentissantes et très épiques frappes dans la même veine rustique et artisanale que ce à quoi Lenrauth a put nous habituer dans le crasseux , Old School et par là excellent Finis Gloria Dei. Enfin, les vokills résonnent de façon toujours aussi authentique comme autant de menaces conquérantes portées vers un nouvel horizon bientôt fumant et dévasté.

Cette lente agonie atteignant ses derniers soubresauts, Ordo Templi Aeternae Lucis ne tarde pas à reprendre le flambeau.

Le souvenir de l’excellent « Ode Aux Années Froides » apparut aux cotés du non moins fantastique « Terroriste De La Foi » d’Hayras à l’occasion de la Split tape parue en 2002 via Semen And Blood, avait laissé en mon esprit une forte impression et, autant dire qu’il me tardait fortement de m’enquérir de la suite des hostilités.

Ce one man band dirigé par Hunferd scelle donc, par ce « March Of The Awakened Ones » instrumentalement capturé en 2001 et vocalement achevé en 2003, son retour sur les devants de la scène.

Si la face A semble convier l’auditoire à de despotiques introspections, à de dépouillées émotions, c’est ici vers bien plus de virulence qu’il sera mené. Ce track débute de façon très heavy avec tout ce que cela implique en terme de mélodies et de touches syncopées n’étant d’ailleurs pas sans rappeler un bon vieux « Mélancholia » de Blessed In Sin. Court préalable se mourant en un break très harsh fomentant en sa noire alcôve une explosion de folie ; Montée en puissance appuyée d’un très apocalyptique sample se déclinant rapidement vers des sphères purement épileptiques, alternant, avec le feeling propre au groupe, envolées lyriques et purs concassages métallurgiques, qui ne quitteront plus ce « March Of The Awakened Ones » jusqu’à ses derniers souffles.

Substance radicale distillée avec poigne et personnalité, mais néanmoins finesse, au cœur de laquelle rôde le spectre vocal écorché et intrinsèquement haineux de Hunferd déclamant pour l’occasion des lyrikz écrits par Lenrauth et que je devine comme étant délectablement totalitaires et sans concession.

Un très bon Split Ep en somme, même si j’admet avoir une préférence pour celui scellé de l’aura de Bekhira. A ce stade, il ne nous reste plus qu’à se demander à quand les LP’s ?!?!?

No Fucking Contact.

Sperm. S.