Devilish Era « Under the Aegis of the Megathropist (2003) »
Encore
un nom qui n’est plus inconnu dans notre underground… Pour situer
la bête, Devilish Era est né des cendres du groupe Fjalar
qui existait depuis 1997. A l’origine, deux membres composaient ce
projet de Brutal Black, à savoir Lord Naggaroth aux guitares
et vokills et Viscount Krantar aux guitares, à la basse et
aux drum-sounds. En 1998, Fjalar devient Devilish Era. La première
démo sort début 1999 sous le nom de « Winds
Of Hatred » et comporte quatre nouveaux titres enregistrés
en janvier 1999 et trois exhumés du défunt Fjalar capturés
en 1998. En cette époque, Devilish Era officiait dans un registre
assez traditionnel visiblement influencé par des combos tels
que Enthroned, Dark Funeral… En 2000, Viscount Krantar décide
de quitter le projet et Devilish Era devient alors un one man band.
La quête continue via la composition de « Eschatology »,
la seconde démo. Celle ci sera prête pour l’été
2001 mais, pour diverses raisons ses tracks vont finalement figurer
sur un split tape réunissant Devilish Era, Fjalar & Pagan
Grief ; Une rétrospective des différentes entités
auxquelles Lord Naggaroth a participé. En septembre 2002, six nouveaux tracks sont enfantés pour figurer sur l’excellent « Prolegomena To The Theory Of Wrath », un split Cd-r partagé avec le très malsain Zaghurim et également chroniqué sur RU. A noter que cette noble rondelle est la première production de l’association Foedus Aeternus qui gère un fanzine, une liste de distro bien fournie et s’occupe également de l’organisation de concerts (All Hailz & Total Support !). Un ans plus tard voit le jour « Under The Aegis Of The Megathropist », une nouvelle démo tape vomie avec l’aide du légendaire Luc Mertz et avec le soutien acharné de Kurgan (D.U.K.E.) et de Koros (Korosiv Pro & Distro, Nihilistic Kaos, Eiwhas…). C’est ici que nous entrons dans le vif du sujet. Bien avant l’acquisition de ce dernier opus en date, j’avais déjà eu l’occasion de me familiariser avec Devilish Era via le track « Delude To Believers » présenté sur la compil « Metal Extrême En Lorraine volume I » et, je dois dire que je me suis sans peine laissé convaincre par l’approche toute particulière du BM qu’a ce one man band. Devilish Era s’était imposé à moi comme un exemple très réussit de l’art et la manière de mélanger, fusionner des conceptions et feelings à la fois modernes et rustiques du Black Metal, même si, il est vrai, le vice n’est ici pas poussé aussi loin que dans Zaghurim ; Et, ce « Under The Aegis Of The Megathropist » dans une progression en droite continuité ne déroge pas à ces impressions premières. L’essence primordiale de Devilish Era puise indéniablement dans le noble et insondable héritage métallique de nos aïeux. Lord Naggaroth privilégie une instrumentation aérée, fluide mais, toujours exécutée avec rigueur plutôt qu’une bouillie assourdissante et n’ayant ni queue ni tête comme certains ont trop tendance à nous servir aujourd’hui faute d’inspiration. Cela permet de mettre en valeur sur des rythmiques généralement modérées, mais frénétiquement assistées d’une copieuse double, un déluge de cordes aux harmonies d’une grande et profonde nostalgie. Comme certains l’ont déjà judicieusement soulignés, l’on pense aisément à la majesté de combos tels que Abyssic Hate et, ce n’est pas l’ajout de plages spatiales de synthétiseur ou de divers arpéges d’une pureté très touchante ainsi que la sous-jacence d’un spectre vocal écorché, permettant au passage certains rapprochements avec le Burzum des grandes heures, qui viendront apporter un démentit à ce constat. A cette substance qui, malgré les comparaisons possède néanmoins une personnalité propre et déjà assez contemporaine dans le toucher et l’approche sonore viennent se greffer quelques douceurs d’obédience beaucoup plus moderne. L’utilisation des machines, quelle que soit son ampleur, semble être devenue incontournable dans la scène extrême de Lorraine ! En témoignent des entités telles que Z.B.T., Wolok, Krazumpath…. Devilish Era n’y échappe pas et, cela permet d’apporter entre les explosions de haine qui parsèment cette tape un lot non négligeable d’atmosphères morbides et vertigineuses. Cet usage est sporadique, du moins bien plus que sur « Prolegomena To The Theory Of Wrath », mais, il n’en faut pas plus pour propager en temps voulut, via diverses déformations vocales, sonorités distordues, complaintes malsaines et percussions ritualistiques, un sentiment de malaise dans l’esprit de l’auditeur. Certain plan me rappellent l’aversion que peut dégager Stigma Diabolicum, c’est pour dire !!!! A noter que cette « tendance » est bien plus présente sur les tracks de la seconde face que sur ceux de la première. J’en vois déjà certains crier à l’indigestion, mais, ne vous en déplaise, l’alchimie est très réussie. Rien ne sonne de façon grossière et, tout est intégré de façon surprenante. Le contraste est certes spécial mais, très intéressant ; De fait, je me refuse à corroborer les dires de certains chroniqueurs ayant scandés à qui voulaient bien l’entendre que Devilish Era aurait probablement du mal à se constituer un cercle d’adeptes. Découvrez cette tape si ce n’est déjà fait ou allez crever dans l’ignorance ! Contact : Sperm. S. |