Cursed « Neither Dead... No Alive (2003) »
Depuis
leurs excellentes démos « … And Then Came The Dark Breed »
(1998) et, « The Coldest Death Infinite… » (2000),
on ne peut plus dire que Cursed fasse figure d’anonyme au sein de notre
scène hexagonale. C’est véritablement avec ce second opus
que ce combo parvient à acquérir une notoriété
non négligeable ce qui lui vaut de participer à pas mal
de concerts et festivals tels que « Darkness And Hate Drakkar
Hellfest 2000 », le « Halloween Metal Night »
en octobre 2000, les « Extrême Noise Festival »
de 2001 et, de s’affirmer aux cotés de maniaques tels que Abigail,
Impiety, Antaeus, Ancient Ceremony, Inhumate… De part des solicitations grandissantes, Cursed participe également à un certain nombre de compilations dont « The Return Of Darkness And Hate » (2000), « Black Circle Compilation » (2001), « No Serviam Compilation » (2001), « The Underworld » (2003)… En 2001, le groupe suscite même l’intention de la télévision qui réalise une interview avec en trame de fond le track « My Castle Underground » enregistré en répétition. Dans la foulée, une version cassette limitée à 400 exemplaires de « The Coldest Death Infinite » accompagnée de trois titres live est rééditée par Forgotten Wisdom Productions. Finalement début 2003 voit le jour une nouvelle œuvre intitulée « Neither Dead… Nor Alive » sur format Mcd. Une fois de plus Cursed se montre fidèle à ce qui a toujours été son objectif premier, à savoir créer une musique originale, rapide, violente et, sans concession. Une seule écoute suffit, à l’auditeur entraîné et surtout accoutumé aux précédentes réalisations, pour comprendre que les maîtres mots restent la puissance et la finesse. On retrouve cette osmose revigorante et efficace entre rythmiques sculpturales, très harsh particulièrement caractéristiques du Death Metal et Thrash ; Et, ces fameux plans qui progressent en une nébuleuse mélodique faite de solos, d’arpéges ou de speed pickings beaucoup plus Black Metal. Ces ingrédients de choix appuyés par un son très correct et limpide, une basse très présente ayant un rôle propre et, une batterie parfaitement bien calée dans ses multiples changements e rythmes, subissent une alternance clairvoyante et perpétuelle qui confère aux cinq morceaux ici présents un relief et une variété tout à fait appréciable. Ces éléments combinés à une noirceur générale tout à fait acceptable n’est pas sans rappeler, tout comme sur les précédents opus, la divine substance d’un Dissection dans la fleur de l’âge bien que cette comparaison s’affirme un peu moins comme une évidence qu’auparavant. Evolution oblige. Au sujet de cette évolution, notons en effet que le quintet n’est pas du genre à stagner mais plutôt à magnifier son art et à franchir de nouveaux paliers de réalisation en réalisation. C’est ainsi que « Neither Dead… Nor Alive » tout en restant dans la droite lignée de son prédécesseur exploite de façon plus ou moins massive certains aspects jusque là timidement exploités. Cela se ressent notamment dans la recrudescence de nombreux riffs et arrangements très heavy metal. Disons que cela contribue à tempérer quelque peu la brutalité qui régnait sur les deux précédentes tueries et, à l’enrichir de passages plus atmosphériques en laissant plus librement s’exprimer les guitares dans un plus grand respect d’un certain esprit rock’n roll originel. Du point de vue lyrique et vocal, rien ne semble avoir changé : L’utilisation conjointe ou alternée des timbres Black et Death est toujours aussi jubilatoire, encore mieux étudiée et, contribue à offrir à l’ensemble une aura de démence. De plus, un bref aperçut du nom des tracks permet de constater que la horde ne semble pas avoir rompu avec ses vues originelles : Cursed semble une fois de plus être resté fidèle à sa sémantique première inspirée de la culture et littérature gothique et fantastique et créant un climat à la fois sombre, violent et angoissant. En conclusion, Cursed délivre une œuvre comme à l’accoutumée riche, intéressante et toujours plus mature. Peut être moins abordable que dans le passé mais toujours de haute volée et énergique même si je préfère quelque peu le caractère un peu plus sauvage des opus précédents. Contact : Sperm. S. |