Christicide « Apex Of Negativity » (2004)

Emergé depuis 2000 des miasmes putrides des nouveaux bands gaulois en sortant sa première démo intitulée « Destroyed monastery », Christicide rejaillis des tréfonds UG de la Bourgogne en l’année 2004 pour asseoir sa position de groupe valable et chevronné en enfantant une deuxième pièce qui semble encore une fois dédiée toute entière à la guerre et au mal avec un grand S. Enregistré au Sortilège studio en janvier, « Apex of negativity » représente ce genre de création pernicieuse capable de damner l’âme de n’importe quel cul bénit et marie-couche-toi-là gavé de sermons straight-edge qui aurait l’honneur d’entrer en sa possession. Les deux maîtres d’œuvres, Scars pour les guitares, la basse et les vox et Waste pour les percussions, semblent être parvenus à concentrer tout leur égarement chtonien et leurs pulsions les plus primaires en une tape d’à peine vingt minutes de guerre auditive. 

Ce brûlot démoniaque débute par « He rises in me », l’un des tous meilleurs lambeaux de la démo. Il ne faudra guère de temps pour cerner le style de Christicide :

Un rythme frénétique, voire infernal et sans relâche d’aucune sorte, orchestré par un tabassage en règle de fûts très certainement conçus en peaux humaines pour offrir des percussions semblant jaillir des murs du sanctuaire de Baal ; Des guitares torturées gardant comme ligne directrice une rapidité toute scandinave lorsqu’elles n’officient pas dans des riffs de tradition satanique à en faire bouillir le contenu pisseux des bénitiers de je ne sais quelle église de campagne ; Des vokills pareils à des râles d’un curé de campagne qui aurait eu la désagréable sensation de ressentir contre son gland les dents d’un jeune enfant de cœur inexpérimenté au cours d’une cérémonie où les seuls hommes d’église trouvent leur intérêt ; Des vociférations à la gloire du Mal absolu en vœux d’une déshumanisation totale pour que les flammes éternelles s’abattent sur les masses grouillantes dont le funeste destin était tracé bien avant leur naissance… « Apex of Negativity » déverse ainsi toute la brutalité et la haine d’un war metal sans fioriture, tant sur ce morceau que sur les suivants.

« The Rage Inside » nous offre donc une nouvelle fois quelques putains de riffs entraînant l’auditeur maintenant converti en une descente aux enfers parfaitement consentie. De quoi s’emparer d’une lame de rasoir sale et rouillée pour s’activer en une méditation des plus obscures !! Le tout demeure néanmoins plus lourd à l’instar de ce qui suit, « The Rage Inside » ayant la particularité de propager une haine plus personnelle mais ô combien communicative.

Annonceur de l’Apocalypse, « Unleash the warriors of hell » présente une rythmique sensiblement plus rapide, alternée de phases propres au head banging même si l’heure n’est pas aux réjouissances mais bien plutôt au génocide total… “for spread the war on the earth…” Tout est dit.

Face B, « He seizes the holy crown », peut-être le morceau le moins intéressant de la démo. Cette boucle infernale de guitares souterraines évoque certes la venue menaçante d’une nouvelle ère obscure comme le laissent suggérer les lyrics, malheureusement le résultat sur une poignée de minutes demeure trop redondant à mon goût, au point de s’en lasser. Une faiblesse qui se fera très vite oublier avec l’arrivée de la meilleure partie de cette foutue tape en le morceau final « Faith and bloodstench».

D’emblée une putain de rythmique électrisant ostensiblement les muscles cervicaux, tandis que les guitares excellent dans une progression résolument grave avant d’aller chercher les cimes de la négativité, paradoxalement, vers quelque chose de plus aérien, pour finalement retrouver un niveau d’altitude inférieur à zéro, comme pour se ressourcer auprès de je ne sais quel royaume souterrain. Ajoutons à cette sinusoïde impie des vokills parfaitement maîtrisés paraissant sortir d’outre-tombe et nous pourront constater la magnificence de cette offrande fanatique digne d’un Seigneur dont il est inutile de révéler le nom. 

Affecté de cinq tueries dont deux manifestations totalement malsaines de brutalité démoniaque, « Apex of negativity » se pose comme une pièce maîtresse de l’Art Noir dans l’underground français, un ouvrage sincère dégoulinant de haine, de vice et de dégoût. Un exemple de ce que le Black Metal sataniste doit représenter : une glorification du mal par excellence. Certains évangélistes en herbe d’une scène soit disant malsaine devraient prendre des notes...

Pour ma part, rien d'autre à ajouter si ce n’est qu’il faut vous procurer coûte que coûte cette démo absolument culte !!

Contact : 
http://christicide.chez-alice.fr/

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