Cauda Draconis « Tenebrae » (2000)
Toujours
à l’affût de méconnus et belliqueux bestiaires
susceptibles de venir engrosser l’effort de guerre hexagonal et, d’ainsi
contribuer à sa tyrannique destinée, c’est tout naturellement
que je débusqua, aux détours poussiéreux de la
plus foutrique et vicelarde liste de distro gauloise, ce nom énigmatique.
De Cauda Draconis, je ne sais foutrement rien si ce n’est que, subsistant sur les bases d’un duo Ashram, tenancier des guitares, de la basse, de la programmation rythmique, et, de Kharn aux vokills, la bête a capturée ce « Tebebrae » en 1999 / 2000 avec l’appui d’un certain Dark Zone Productions. Passeront donc à la trappe toutes hasardeuses extrapolations, tout palabres pompeux pour en venir à l’essentiel. Reniant toute forme de déliquescence introductive, Cauda Draconis déchaîne instantanément l’intrinsèque haine brûlant en ses viandes. Nul intérêt de ménager les sous êtres indignes de recevoir. Dans les méandres d’une créativité minimaliste d’un autisme hâté, le jeu de cordes dévoile des servitudes puisant autant en la souffrance écorchée vive, l’agressivité aveugle et le malsain despotisme du Black Metal le plus rustique et impulsif, qu’en la grasse pesanteur, l’oppression dévastatrice et la folie concassée d’un Death Metal dans ce qu’il a de plus cru et dépouillé. Punitivement exécutés sur le fil du rasoir, d’une répétitivité manipulatrice et, bien souvent d’une radicale brièveté, les riffs, en leur orgiaque étreinte conférant aux trois tracks ici vomis des structures intenses et destroy peu portées sur la trêve, ne peuvent manquer de rappeler le Impaled Nazarene des heures les plus crédibles et extrémistes ; Celui qui, éructant d’une foi sadique aux cotés de la bête et du faux prophète dans l’éternel étang de feu et de souffre, enfanta de légendaires monolithes tels que « Tol Cormpt Norz Norz Norz », bien avant de se compromettre dans l’onanisme stylistique le plus formaté, conformiste et propre sur lui. N’ayant d’autre dessein que d’offrir à cette liqueur ardente un concassage à son image la plus fidèle, la boite à rythmes semble avoir été programmée par je ne sais quel criminel de guerre yougoslave armé d’un marteau piqueur. Inutile donc de s’évertuer à y découvrir de quelconques finesses et délicates intentions. Sans pour autant atteindre la barbarie d’un Ildjarn, la frappe se révèle extrêmement linéaire, pour ne pas dire totalement mécanique, négligeant considérablement l’impact contondant des cymbales et, le rendu percutant que peut offrir des roulements de caisses judicieusement placés. A défaut de relief, Cauda Draconis brille néanmoins par sa froideur hypnotique. Enfin, les vokills de Khram, dans la grande tradition du Black / Death et, tels les monologues d’un être schizoïde en descente de L.S.D., n’ont de cesse de férocement voguer entre mutilations perçantes d’une grande cruauté et, relents plus grouillants et caverneux. Comme bien souvent lorsque l’osmose s’avère pesée, la hargne en ressort décuplée ; Je déplorerais simplement certains effets de mauvais goût sur « Shadows Prvail » proches des gargouillis d’un crapaud buffle libidineux consommant langoureusement les fruits de sa parade nuptiale. Que dire en somme de ce « Tenebrae » si ce n’est que très classique, cette pièce demeure honnête mais que, ayant bénéficiée d’un mixage assez platonique et, du fait de sa très faible durée effleurant la dizaine de minutes, il en faudrait un peu plus pour réellement pouvoir palper le potentiel de Cauda Draconis. Contact : Sperm. S. |