Bestial Summoning « Sodomistic Rituals (1992) »

Adeptes du black métal propre et cryptogay de la beauté, de la joie, des productions léchées au son clinique en provenance du studio Abyss, du rock gothique romantique,  émos et autres sous espèces bâtardes passez votre chemin. Cette démo est à réserver aux véritables maniacs férus de crasse, d’horreur, de folie, de dégueulasse du putride et de l’immonde.
En effet, feu Bestial Summoning est un des groupes des prémices du black néerlandais (leur première démo Black Rites (The Sinister Ritual) date de 1990), composé de The Unsane aux vokills, Conscicide (RIP) à la guitare, Impurity à la basse et de Sephiroth derrière les fûts. Ils furent source d’inspiration pour certains, voire directement cités comme influence comme par les gars de Finis Gloria Dei. Ce groupe à continué ses méfaits avec plusieurs sorties la même année puisque ce n’est pas moins de 3 prods qui furent engendrées cette année là : leur premier et unique album longue durée (The Dark War Has Begun) produit par No Fashion suivit dans la foulée d’un live sorti en EP. Il faudra attendre 10 ans avant de réentendre parler de ce groupe via une compilation de leurs morceaux sortie sous le nom de The Dark War Continues, puis de nouveau silence radio jusqu’en 2008 où le label Black Vomit Records sortira un split Bestial summoning/Heretic sobrement intitulé Splitting Skulls For Satan.
La démo qui nous intéresse ici date de 1992, à l’origine ce fut une autoprod, puis rééditée partiellement par War Hammer Records et c’est sous l’égide des concasseurs du politiquement correct et du bon goût de Supremacy Throught Intolerance que cette offrande peut de nos jours être écoutée en intégralité dans ce digne format qu’est la sempiternelle démo tape. Cette déjection est bel et bien l’œuvre de véritables forcenés destinée aux plus tarés des metalfreaks qui errent dans l’UG.
Cette offrande impie commence par une intro aux forts relents d’ambiance rituelle, développée grâce aux sonorités étranges et dissonantes couvertes par moment par des psaumes d’ecclésiastiques, qui peuvent rappeler par certains aspects Abruptum et, potentiellement, une part non négligeables de groupes se réclamant de cette obédience. Chose assez surprenante, durant cette intro à l’arrière goût de sperme rance, sporadiquement une rythmique quasi martiale s’installe ce qui donne une touche inhumaine à l’ensemble tel une machine prête à broyer les os à toute personne suffisamment décervelée pour s’en approcher. Les incantations et cris de possédés alliés aux variations de quelques notes de piano achèvent de poser une ambiance morbide, macabre et ô combien hérétique sur ce prélude.
S’en suit le premier blasphème de ce Sodomistic Rituals (tout un programme) sobrement intitulé Desecration of All Holyness. Derrière cette profession de foi se cache un black necro as fuck, primitif et brutal qui en fera éjaculer plus d’un de concupiscence. La guitare est accordée 6 pieds sous terre, le son est compressé voir trituré. L’artilleur placé derrière les fûts fait un boulot plus qu’honnête, sans démonstration technique superflue, mais un matraquage en règle, tout en sobriété et en efficacité qui n’aurait rien eu à envier au jeu de Necroperversor de Beherit.
Les vokills sont tout simplement énormes, très intenses, ils gerbent leur rage à la face des moutons adeptes des cultes des religions révélées avec hargne et férocité. Assez rauques par moment comme si le Sieur se gargarisait au verre pilé tous les matins et ce sont littéralement des cris de possédés qui émanent de The Unsane la majeure partie du temps, un vocaliste hors norme que nous avons là vous pouvez en être sûr.
La basse n’est pas en reste, ronflante et relativement audible malgré un son très raw, elle lamine les intestins tel un panzer dans la cour de récréation d’une école maternelle. Elle apporte une lourdeur supplémentaire à l’ensemble, ce qui donne un truc à la croisée du son de Blasphemy et d’Archgoat bien que ces 2 derniers officient dans des styles assez différents de la démo qui nous intéresse.
Le son, qui comme je l’ai déjà dis, est nécro au possible, étouffé et glaireux, comme toute prod UG se devrait d’être pour ce genre de BM, ce qui pourrait le rapprocher de ce qui a pu être fait durant les grandes heures des Légions Noires (à la Vlad Tepes sur le March to The Black Holocaust par exemple) bien qu’ici le niveau sonore soit très faible contrairement à celui de Tepes (ne pas hésiter à pousser le bouton du volume pour obtenir quelque chose d’audible).
Les différents morceaux sont assez courts et directs (en moyenne 3 minutes) ce qui leur permet de développer une bestialité qui se serait peut être vue amoindrie avec des titres à rallonges. Généralement la crasse, le foutre et la démence sont entrecoupés de passages mid tempo d’une lourdeur pachydermique que n’auraient pas reniés Nekrokaos ou nombres de groupes de funeral doom. Ces breaks doomesques ne sont là que pour te préparer à te faire passer les testicules au hachoir à viande par l’accélération qui s’en suit.
La démo après avoir enchaînée des titres plus abjects et putrides les uns que les autres (putain ce Sinful Rites of Sodom avec cette ambiance digne d’une copulation impie avec un cadavre d’enfant fraîchement sortie d’un charnier ne peut que plaire aux plus dérangés d’entre vous) se termine sur une outro du même acabit que le préambule, toujours aussi noire et infecte, accompagnée de cette atmosphère ritualistique.
Elle fera donc gerber plus d’un puceau élevé à Dimmu Borgir et autres sous êtres, qui crieront au scandale en entendant un tel attentat au bon goût, à la beauté, à la technique voir à la musicalité, mais provoquera une dilatation irrépressible des sphincters des plus maniacs d’entre vous.

No Fucking Contact

Gheritarish