Baphomet's Throne « Black Metal Apocalypse » (2006)
Fraîchement
apparu dans les limbes du Black Metal UG français, Baphomet’s
Throne ne compte pourtant pas des membres tombés de la dernière
averse. En effet, Lord Gondebaud (guitares, basse, batterie) et Lord-L-Moloch
(chant) appartiennent au groupe Astaarth, qui, bien que peu manifeste
dans la scène gauloise, a déjà son petit parcours
en ayant tourné divers lives crasseux et engendré quelques
releases politiquement incorrectes. Produite par Foedus Aeternus en
cette année 2006, la première démo de cette nouvelle
formation bourguignonne semble sortir tout droit d’une époque
malheureusement révolue, un âge où le black, influencé
par le thrash et le death, n’était que du putain de metal extrême
arrosé à la bière. Quiconque daignera poser l’oreille
sur ce « Black Metal Apocalypse » saura reconnaître
un véritable hommage aux débuts sans prétentions
de l’Art Noir et à ses fondateurs. Explications… Le glaviot débute donc sur une introduction au fumet typique de ce qui pouvait sortir de meilleur des forges de la Scandinavie dans les années 80, et début 90. Par des percussions lourdes et éparses, des chœurs sombres et une atmosphère oppressante, tout est traditionnellement mis en œuvre dans les règles de l’art pour invoquer Satan comme il se doit ! Débute alors « Dans les Flammes du Feu Eternel », premier morceau à proprement parler, pour un voyage dans le temps que ne regretteront pas les puristes des premières heures ! Toute l’essence d’un « A Blaze in the Northern Sky », les packs de rotteuses aidant à saupoudrer le méfait d’une légère ambiance punk. Comme à la bonne vieille époque, je vous disais ! La rythmique est classique mais quand même pas mal variée, semblable au jeu de Fenriz, tandis que les riffs semblent émerger de je ne sais quel forêt occulte du grand Nord, là encore pouvant être rapproché à du Darkthrone, ou encore aux débuts de Quorthon. Du repompage totalement assumé ! Rien n’est inventé, mais putain ce que c’est bon de pouvoir s’écouter aujourd’hui ce genre d’hommage aussi droit et sincère. Au-delà de l’aspect musical, l’esprit est également de retour, semble-t-il… Point de discours pompeux céans, tout est Black Metal, Alkohol, Sex, Satan, Death !!! Et puis ces solos apportant encore un peu plus de poids aux balloches d’un projet déjà bien couillu… De quoi craquer son treillis par la seule force d’afflux sanguins! Un petit bémol pourrait cependant s’immiscer parmi tout ce joyeux paluchage, et il s’incarne dans la trop grande intelligibilité des paroles criées dans leur totalité en français, à tel point que le risible risque de pointer le bout de son chibre à certains moments d’emportement lyrique. D’autres risques de ne pas du tout accrocher à la substance même des vokills, leur reprochant un manque de virilité déconcertant… En ce qui me concerne, je m’y suis vite accommodé tant le reste mérite la plus fidèle des attentions. Le lambeau suivant suit le même sillon tracé par le premier dans une diatribe distinctement tournée contre le monceau de fange que constitue l’humanité. Plus rapide, les influences n’en demeurent pas moins tout aussi évidentes. Notons d’ailleurs que sur le livret, les dijonnais se revendiquent clairement de Darkthrone, Bathory, Venom et Gorgoroth. Je gage que personne ne les contredira… Vient ensuite « Black Metal Apocalypse », le meilleur moment de la galette selon moi. Alors que nos amis Fenriz et Nocturno Culto ont presque réussi à retrouver leurs racines, les mectons de Baphomet’s Throne remplissent le contrat avec les honneurs. La bourgogne trouve ici son hymne au Black Metal, un hymne dénué de toute fioriture, un hymne qui fera fuir ces fervents adeptes et zélés défenseurs de BM avant-gardiste mes couilles… TRUE BURGUNDAN BLACK METAL !!! La suite de la marchandise est du même tonneau, à quelques variations stylistiques près. « Le Dernier Cycle de la Mort » s’approprie une bonne grosse touche de Thrash, mêlant du Venom avec du Bathory, toujours dans une copulation du meilleur goût, tandis que « Quand le Dernier Jour Viendra » incarne un peu de Death pour plus de lourdeur que nous n’ayons supporté jusqu’ici. Un peu redondant par instants, mais toujours foutrement bandant ! En tous les cas, rien n’est à jeter ! La démo s’achève sur une outro aussi réussie que l’introduction, ajoutant cette fois-ci quelques blasts et hurlements bien sentis, de quoi se motiver le gland pour une nouvelle écoute. Précisons néanmoins que la production de BMA demeure légèrement inégale d’un morceau à l’autre, ce qui brise un peu l’unité générale de cette offrande qui fera malgré tout le bonheur des plus acharnés des réactionnaires de l’Art Noir. A l’image du sort que ces bourguignons ont fait subir à leurs boutanches de gnole durant l’enregistrement, je vous conseille de ne pas vous modérer pour l’écoute de cette petite tuerie old school. Contact : Carriet Laurent Foedus Aeternus Distro / Prod KonRig. |