Ad Hominem / Ornaments of Sin « Treaty of Alliance (2004) »
|
En sa solide qualité d’aîné, c’est Ad Hominem qui matraque le bouton pressoir d’un holocauste en marche, inaugurant le premier chapitre d’un triptyque vinylique qui marquera l’année 2004, ainsi que les prémices d’une collaboration avec Altar ZK6 qui s’étendra jusqu’au troisième album. En accord avec la rhétorique implacable grouillant en ses arcanes lyriques, le premier track qu’est « Wings Of Terror » se veut massif, écrasant. A la façon du « A New Race… For A New World », les servitudes thrashisantes qui firent la gloire de « Planet ZOG – The End » sont palpables mais essentiellement rythmiques, l’attaque des riffs semblant, une fois encore, renouer avec la linéarité glaciale, primaire et très scandinave qui domina la fureur de « Omnes Ad Unum » en son temps. L’ensemble suinte néanmoins de cette antipathie despotique unique et propre à Ad Hominem ; Verve insoumise toujours plus exacerbée par un miasme vocal, plus menaçant qu’une escadrille de bombardiers qui viendrait noircir les cieux de je ne sais quelle capitale emblématique de notre monde moderne dégénérescent, plus saturé que le tourbillonnement de sirènes qui, dignes d’une manifestation moderne et chaotique des trompettes de l’apocalypse, annonceraient la discordieuse et généralisée fracture, plus spasmodique que toute la médiocrité humaine qui se bousculerait vainement à la lueur d’une pluie de feu et d’acier pour échapper à son destin de compost naturel purifié… Assez suffisant mais efficace, il ne m’en faut guerre plus pour persister et signer. « Dunklheit’s Pest », quand à lui, est une reprise d’Ornaments Of Sin, track phare de son « Inhale Zyklon B » chroniqué ici même. Malgré une réputation n’étant plus à faire et, bon nombre de critiques relativement positives et prometteuses, je dois dire que la bête de Sarreguemines n’a jamais particulièrement marqué mon esprit… mais foutre ( !!!?!) Ad Hominem nous crache ici à la tronche une magistrale ré-interprétation qui, mariant la traditionaliste haleine de charnier de l’originale à un regain aussi harsh que carré de spartiate tyrannie, me pousserait presque à réviser mon jugement. La seconde face fait place à un Ornaments Of Sin qui n’avait pas fait parler de son spectre méphitique depuis le mini précédemment évoqué et qui reprend, fidèle à son appellation choisie en hommage à Darkthrone, les armes là où il les avait momentanément déposé. C’est donc sans réelle surprise, mais avec un louable passéisme intégriste, que « Pissing On Your Grave Until Eternity Ends » se consume d’une flamme très nordique ; Feu hérétique crépitant de guitares plus perçantes que la froideur d’un blizzard qui, à l’aube d’une orgiaque nuit de solstice hivernal, viendrait étreindre le visage d’un homme de foi laissé pour mort dans les entrailles fumantes de son édifice de mensonge, plus vengeresses et salvatrices que les craquements d’un sacro-saint marbre érodé par le temps qui, frappé d’une poigne blasphématoire, dévoilerait ses mortifères réalités, plus crasses et obscures qu’un ébat sodomite avec je ne sais quelle nauséabonde dépouille profanée… Feu hérétique attisé, sans aucune rémission, par une rudesse rythmique plus pilonnée que purent l’être je ne sais quels croiseurs de l’axe du bien durant la bataille de l’Atlantique… Feu hérétique entretenant une haine aussi brute qu’innée, donnant corps à une litanie vocale lyriquement abjecte et, d’un tourment écorché, digne d’une purge à l’huile bouillante. Un track bref mais intense, somme toute, dont les derniers souffles résonnent tels une déflagration nucléaire en vase clos. « Planet ZOG », quand à lui, et, vous l’aurez compris, est une reprise d’Ad Hominem et, autant dire que le pari est aussi audacieux que risqué. Si les premières mesures peuvent laisser augurer un certain manque de vigueur, de la suite des événements découle rapidement une ré-interprétation beaucoup plus frénétique, voire chaotique, que l’originale. Souvent très instable, quasi incontinent et parfois exécuté dans des tons différents, l’ensemble se révèle à la fois très déconcertant et, séduisant en ce qu’il suggère ce que pourrait peut être enfanter la bête du Kaiser W. si elle tournait le dos à la frappe chirurgicale la caractérisant, pour plus de folie. En définitive, voici donc un split plus qu’honorable, même si je dois dire que mes espérances m’avaient fait miroiter quelque chose de plus. Mention spéciale néanmoins à Ornaments Of Sin qui me laisse un arrière goût beaucoup plus convaincant qu’auparavant dans le goitre.
Contact : Sperm.
S.
|