Animus Herelis « Demain sera le chaos (2003)»

Voici déjà un bon moment que j’entends parler de ce combo sans avoir pu foutre une oreille sur une de ses réalisation ! Bon, il est évident que rien que pour notre noble scène gauloise, il faudrait probablement plus d’une putain de vie pour s’ingurgiter toutes les abominations qui y voient le jour mais, foutre dieu ( !!), il était grand temps pour moi de me retirer les doigts du cul, comme diraient certains, ou plutôt de sauvagement mutiler ma bourse pour se procurer l’une des réalisations d’Animus Herilis.

Diantre ! Voilà que c’est aujourd’hui chose faite avec ce « Demain Sera Le Chaos » !
Avant toute chose, il convient de savoir que cette entité n’est pas une nouvelle recrue dans les arcanes du BM français, loin de là ! Animus Herilis a été crée en 1993 par Dagons aux vokills, Daalberith à la guitare et à la basse et, un certain F. à la batterie. En, raison de problèmes d’ordre relationnels, la recherche d’un nouveau batteur se fait pressante. C’est ainsi que Nisroch rejoint les rangs ainsi qu’un second guitariste en 1996. Après une rehearsal enregistrée en 1997, le guitariste est renvoyé et Nisroch part finalement rejoindre une autre formation. Pendant un an Dagons et Daalberith travaillent sur une boite à rythmes et composent ce qui deviendra « Demain Sera Le Chaos ». En 2000, Nisroch revient en tant que membre permanent pour les répétitions et l’enregistrement de la démo en 2001. En 2002 sort « Mater Tenebrarum », première démo signée chez Drakkar Prod. Cette œuvre est composée de quatre tracks ainsi que d’une reprise de Beherit qui vont faire connaître le groupe. Entre temps, Koros de Nihilistic Kaos rejoint Animus Herilis. En septembre 2002, deux nouveaux tracks sont enregistrés pour un Ep qui ne verra jamais le jour. C’est alors que le quatuor commence l’écriture du premier album normalement prévu pour 2004. Entre temps, les deux démos précités sont rééditées avec de nouvelles pochettes et, des titres bonus par Korosiv Distribution. C’est à ce stade qu’intervient cette review puisque la version de « Demain Sera Le Chaos » se trouvant en ma possession est la seconde édition datant de mars 2003.

Passé l’intro synthétique mélancolique au possible et, étrangement voluptueuse qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler les sonorités utilisées sur le premier album d’Evol, Animus Herilis, encore réduit à l’état de trio à l’époque, révèle rapidement sa personnalité et, se montre prêt à pousser à leurs propres extinctions les âmes égarées qui se seraient de premier abord laissées séduire.

Au programme, un Raw Black profondément sombre, né d’une haine farouche contre toute forme de religion, prônant un mode de pensée individualiste non dicté par un quelconque dogme mais par une grande force de soi.

Emmené par une trame sonore résolument underground et suintante mais sachant rester audible et puissante, la horde vous balance à la tronche une vomissure métallique glaireuse tirant à la fois le meilleur partit du Brutal Black d’obédience satanique et, d’un certain lyrisme très mélodique presque païen. Le groupe dit lui même que sa musique est composée en l’honneur des glorieuses années 90 et, cela se ressent !

Nostalgie redondante pour certains, hommage respectueux et louable pour d’autres… il n’en demeure pas moins que les quatre tracks emboîtant valeureusement le pas à l’intro et, faisant au passage honneur à la langue de Molière, sont intelligemment construits. Leur structure est classique mais efficace et, ne souffre que de très peu de baisses de tensions superflues. Que dis-je, d’aucunes !!!

Les cordes intégralement composées et exécutées par Daalberith fleurent le fumet rance et impie des liqueurs du grand bouc. Que ce serviteur du culte s’adonne à des riffs arpégés, en picking ou, dans leur plus simple appareil, la porte des enfers est bel et bien ouverte et, la folie attends toute personne qui franchira le passage ! Nisroch est un véritable pilon au service d’un matraquage esclavagiste et, quoi qu’il fasse, le rendu ne pourra produire à l’égard de l’auditeur que l’effet d’un coup de barre à mine rouillée en plein crane !

Dagons déclame quand à lui avec fureur sa textuelle rappelant aisément que l’art noir ne doit pas être envahit par des pseudos groupes n’ayant aucune idéologie ! Son timbre est, de part son caractère hurlé / écorché, une véritable atteinte à l’équilibre mental de tout être faible.

L’osmose est parfaite, violente et manipulatrice !

En somme, il est évident que « Demain Sera Le Chaos » n’apporte pas particulièrement originalité et renouvellement au genre mais, ce manifeste n’en demeure pas moins droit, sincére et brillant. Une très bonne démo !

« BLACK METAL IS NOT A TREND ! IT’S A KULT!”

Contact :
www.animus-herilis.fr.st
herilis@aol.com

Sperm. S.