Brutal
Druid est un jeune et fougueux label crée, si je ne m’abuse,
par Snowstorm, un ancien membre du très païen Searing
Skull afin de pouvoir satisfaire une volonté forte d’indépendance
et de soutenir les groupes auxquels il croie.
Cette épopée naissante
s’impose à moi comme étant des plus prometteuse !
Son ombre avide et intègre ne cesse de prendre de l’ampleur
sur notre royaume et, ce « Furor Gallicum »
en est un témoignage éloquent ! Putain ( !!)
cette initiative possède tout les atouts pour foutre un barreau
vigoureux et turgescent à tout maniaque de notre underground
gaulois avec pas moins de vingt neuf tracks pour seize groupes et,
tout cela sur deux honorables galettes !!!
La première rondelle débute avec Ases. « The
Return Of Ancient Lust » et « Die By Pagan Wrath »
n’apportent rien de nouveau dans l’ascension hégémonique
de ce groupe puisqu’ils sont extraits de leurs précédentes
œuvres, mais, déguster l’art belliqueux, nostalgique et sans
merci de ces paysans guerriers est toujours un plaisir ! Tout
n’est ici qu’authenticité ! Les musiciens de Ases vivent
ce qu’ils prônent et, cela doublé d’un art incisif et
bien rodé n’aura aucun mal à convaincre les adeptes
les plus chevronnés de Heathen Black Metal !
Cette double claque en pleine gueule fait rapidement place à
Otargos. Hormis deux clips vidéos assez accrocheurs et convaincants,
je connais mal ce groupe dont on parle pourtant de plus en plus étant
donné qu’un mini Cd devrait sortir incessamment sous peu en
collaboration avec Dead Sun Records. « Hordes »
et « Demon’s March » sont donc deux occasions
de se familiariser avec cette entité. Au programme : Un
Black Metal brutal et direct évoluant néanmoins sur
des structures assez longues et bien construites. Les cordes développent
un flot de riffs assez classiques mais résolument sombres et
incisifs ; Le batteur est un maniaque et, jouit d’une présence
très crue et imposante tout bonnement délectable ;
Enfin, les vokills majoritairement écorchés et plus
occasionnellement Death Metal sont parfaitement maîtrisés,
puissant et profonds. Tout cela me fait un peu penser à certains
grands noms suédois mais, a le mérite d’être très
soutenu et revigorant !
S’ensuivent « Occult Manes » et « Odin »
de Breizh Occult ; Groupe que jusqu’alors je ne connaissait que
de nom via divers flyers aperçus ça et là concernant
l’avènement de « Unholy Blastards »,
leur seconde démo chez D.R.U.G. Records (R.I.P. ????).
Les terres bretonnes regorgent de mystères, d’un folklore et
de légendes obscures et, comme son nom l’indique, la vocation
de ce groupe originaire de St Malo est de faire honneur à cette
richesse. L’objectif semble atteint avec pour fer de lance une substance
raw et écorchée qui fleure en tout instant la nostalgie
et la mémoire d’époques glorieuses passées, le
tout bercé par un spectre sonore divinement minimaliste et
rustique dans ses crépitements.
Doté d’une puissance de feu toute aussi brute et underground,
Aura Noire reprends le flambeau avec fierté pour vomir sans
la moindre volonté de compromission les deux excellents hymnes
que sont « Le Culte des adorations Interdites »
et « Sombre Chevauchées ». Ne recherchez
rien d’autre ici que le déchaînement abrupte, complexe,
malsain et torturé d’une impitoyable batterie d’artillerie !
La scène trend n’aura face à cela que la possibilité
d’aller s’enfouir avec crainte dans les crasses et boueuses tranchées
d’une ligne de front en pleine reconquête ! A noter la
richesse remarquable des vokills autant dans la diversité de
leurs intonations que dans la subversion textuelle visiblement intégralement
francophone et incroyablement compréhensible !
Difficile de succéder à une telle tuerie ! Pour
cela, il ne fallait pas moins que l’un des plus digne et prometteur
représentant de la scène extrême de Lorraine,
j’ai nommé Devilish Era ! Personnellement, je ne me lasse
pas du spectre musical très personnel de ce one man band !
« Under The Aegis Of The Megathropist » et « The
Satirical Enigma » sont deux condensés de pure froideur,
de haine totale, de douloureuse nostalgie. Un monolithe glacial où
se mêlent aussi bien le terroir rustique des souches scandinaves
que certains vertiges plus modernes et contemporains.
Poursuivons avec Eternal Rest, groupe avec qui RU est en contact depuis
peu et, dont je découvre ici la noire essence avant de pouvoir
explorer intégralement leur matériel démo. L’on
reste dans les arcanes de cette indécrottable nostalgie antique
si caractéristique au Black Metal. Eternal Rest enfante au
cœur de ces « Ithaqua Ode » et « L’eternel
Combat » une agressivité très épique
et mélodique dotée d’un feeling très heavy et
syncopé et de nombreux développements et changements
de rythmes. Riche et intéressant, j’attends de déguster
la suite.
Avant dernier groupe de ce premier Cd, Osirion, auto-proclamé
comme pratiquant du « Sapaudiae True Black Metal »
débarque avec une conception de l’art noir plutôt classique
mais, bien maîtrisée. « Demetrios Paliorcete
Depraved King Of Macedon » est un bon track mené
d’une poigne de fer des premiers souffles jusqu’aux derniers, qui
n’a rien de linéaire du fait de nombreuses variations rythmiques
et d’une alchimie judicieuse entre violence et mélodie. Les
vokills jouissent d’une présence non négligeable et
d’une grande puissance et profondeur de part une production indéniablement
puissante et soignée. « The Secret Of The Black
Art », leur second track est , vous l’aurez compris, une
reprise de Dark Funeral. Je n’aime pas ce combo suédois mais,
force est d’admettre que la chose est bien exécutée
en respectant l’originale autant qu’en permettant à Osirion
d’y laisser transparaître sa personnalité et sa trame
stylistique.
Enfin, ce premier assaut se clôture avec « Le Deuil
Des Innocents » d’Epheles. Le nom de ce groupe ne m’est
pas inconnu. Je le découvrit il y a déjà de nombreuses
années sur un vieux innate sortit de je ne sais plus où.
Ce que je peux dire, c’est qu’entre le track écouté
à l’époque et celui ci sauvagement vomit, cette entité
à énormément progressée. Epheles est à
ce jour beaucoup plus raw et parvient mieux à garder une constance
en terme de pression même si de longues phases incantatoires
sont toujours bien présentes. Noirceur, Douleur et Désespoir
sont les mots d’ordres. Un très bon groupe de raw Black Metal
dont la scène du Nord Est peut être fière !
Le temps de changer de Cd et, voilà déjà que
Reverence nous attends dans l’obscurité pour nous entraîner
dans sa perdition ! « Thorn Of Torment »
m’est familier puisqu’il provient du fantastique « Whenn
Die Nacht Kommt …». Que dire de plus que ce qui a déjà
été dit ! Grandiose, pur, majestueux, haineux et
écorché ! Tout est là dans une mixture païenne
fort bien perpétuée. « Black Spell Of Destruction »
est tout aussi impérial ! Cette inédite reprise
de Burzum fait honneur à l’originale tout en préservant
la trame sonore, stylistique et vocale de Reverence, même si,
il est indéniable que le génie primitif de Vikernes
ne sera jamais plus égalable.
Un autre groupe tout aussi brillant, malgré ce que l’on peut
dire ça et là, prend la relève. Sons Of Fenris
renouvelle ici son Black Metal Lycanthropique avec deux nouveaux tracks.
« Le Royaume Légendaire » est probablement
le track le plus raw et expéditif que j’ai entendu de S.O.F.
tandis que « Les Danseurs De La Spirale Noire »
se situe plus dans la lignée de l’excellent « Fenris ».
Les cordes sont glaciales, la programmation de la boite à rythme
est riche et des plus épique et, les écorchements de
larynx de Werewolf sont hypnotiques. Je trouve toujours cela aussi
ravageur et, je me branle royalement de ce que certains en penseront !
Retours sur les terres bretonnes avec Duael. Je connaissait déjà
« Seigneur Des Marais » via l’excellente « War
Compilation Volume I » ; Furor Gallicum est l’occasion
de découvrir « Roi Des Celtes » et d’affirmer
mes perceptions d’un Black Metal de tradition néanmoins exécuté
avec personnalité avec tout ce que cela implique en terme d’atmosphères
augustes et abruptes, de rythmiques tantôt martiales, tantôt
déchaînées, de cordes emplies de terroir et d’histoire,
de phases vocales solennelles et, de spectre sonore suintant et vertigineux.
A retenir lors de mes prochaines errances…
On enchaîne avec les fiers guerriers de l’Edelweiss Noire ».
Inutile d’y aller par quatre chemins ! « Nous Vaincrons
Parce que Nous Sommes Déjà Morts » m’a littéralement
défoncé la tronche autant par son intégrisme
musical que par la pharamineuse richesse des lyrics qui reflètent
indéniablement une grande droiture idéologique. Rien
n’est à ajouter ! Ceux qui veulent en savoir plus sur
cette bête du Périgord Noir n’ont qu’à s’en référer
à ma chronique !
S’ensuivent « Kings Of A Downfall Cross » et,
« The Darkest Horizon » de Deus Inversus. Avant
écoute, je ne connaissait que de réputation et, désormais,
je dois dire que je comprend mieux pourquoi cette entité jouit
en ses contrées d’une certaine renommée. Le son est
énorme mais, suffisamment chiadé et, est un soutient
solide à un art brutal et totalement Old School ! Une
tuerie qui ne peut qu’inciter à prendre les armes !
Tout aussi Old School mais, beaucoup moins easy listening du fait
d’une prod torchée à l’ancienne, voici venu le tour
de Insane Vesper de pourfendre les faibles d’esprit qui espéreraient
encore pouvoir terminer cette gargantuesque écoute indemnes !
Difficile de déterminer entre « Repentance Du Christ »
et « The Shadow Of Evil Throne », lequel de
ces deux tracks offrent le plus de chances de survie ! Les percussions
sont psychotiques, les riffs semblables à une avalanche de
lames de rasoir et, les vokills, l’œuvre d’un maniaque en phase terminale !
Une terrible claque dans la tronche.
On continue dans l’extermination de masse avec un track de Horrid
Flesh ! Ce nom me dit quelque chose mais, en cette heure tardive,
je ne parviens pas à situer…. Quoi qu’il en soit, ce « Chemical
Assault » porte à merveille son appellation !
Ce groupe extermine tout sur son passage pour ne laisser derrière
lui que de vulgaires charognes sans vie aux tourments de la grande
faucheuse. L’alternance de timbres Death et Black est particulièrement
ravageuse !
Enfin, pour fermer la marche, cette compilation n’aurait pas put être
objective sans réserver une place à l’un des grand nom
de l’underground de notre capitale. « Frost »
d’Eternal Majesty est à ce titre particulièrement approprié.
Je ne crois pas qu’il soit utile de chier un pavé sur l’art
destructeur de ces tueurs qui ont déjà largement fait
leurs preuves ! Ne retenez que cela : Une Boucherie !
En conclusion, est il vraiment utile de vous préciser que ce
Furor Gallicum est une excellente et prodigieuse compilation ?
De vous inciter vivement à vous procurer l’un des deux cent
exemplaires pressés ?
Saluons BDP pour cette sublime offrande
à la gloire de notre scène ainsi que tout les groupes
présents à qui RU offre sans exceptions son soutient
absolu et que j’incite vivement à nous faire parvenir leurs
démos, si ce n’est déjà fait, pour un soutien
encore plus acharné !
Contact :
Brutal Druid :
snowstormedforest@caramail.com
http://membres.lycos.fr/brutaldruidprods
Sperm.S. |