Furor Gallicum « (2004) »

Brutal Druid est un jeune et fougueux label crée, si je ne m’abuse, par Snowstorm, un ancien membre du très païen Searing Skull afin de pouvoir satisfaire une volonté forte d’indépendance et de soutenir les groupes auxquels il croie.

Cette épopée naissante s’impose à moi comme étant des plus prometteuse ! Son ombre avide et intègre ne cesse de prendre de l’ampleur sur notre royaume et, ce « Furor Gallicum » en est un témoignage éloquent ! Putain ( !!) cette initiative possède tout les atouts pour foutre un barreau vigoureux et turgescent à tout maniaque de notre underground gaulois avec pas moins de vingt neuf tracks pour seize groupes et, tout cela sur deux honorables galettes !!!


La première rondelle débute avec Ases. « The Return Of Ancient Lust » et « Die By Pagan Wrath » n’apportent rien de nouveau dans l’ascension hégémonique de ce groupe puisqu’ils sont extraits de leurs précédentes œuvres, mais, déguster l’art belliqueux, nostalgique et sans merci de ces paysans guerriers est toujours un plaisir ! Tout n’est ici qu’authenticité ! Les musiciens de Ases vivent ce qu’ils prônent et, cela doublé d’un art incisif et bien rodé n’aura aucun mal à convaincre les adeptes les plus chevronnés de Heathen Black Metal !


Cette double claque en pleine gueule fait rapidement place à Otargos. Hormis deux clips vidéos assez accrocheurs et convaincants, je connais mal ce groupe dont on parle pourtant de plus en plus étant donné qu’un mini Cd devrait sortir incessamment sous peu en collaboration avec Dead Sun Records. « Hordes » et « Demon’s March » sont donc deux occasions de se familiariser avec cette entité. Au programme : Un Black Metal brutal et direct évoluant néanmoins sur des structures assez longues et bien construites. Les cordes développent un flot de riffs assez classiques mais résolument sombres et incisifs ; Le batteur est un maniaque et, jouit d’une présence très crue et imposante tout bonnement délectable ; Enfin, les vokills majoritairement écorchés et plus occasionnellement Death Metal sont parfaitement maîtrisés, puissant et profonds. Tout cela me fait un peu penser à certains grands noms suédois mais, a le mérite d’être très soutenu et revigorant !


S’ensuivent « Occult Manes » et « Odin » de Breizh Occult ; Groupe que jusqu’alors je ne connaissait que de nom via divers flyers aperçus ça et là concernant l’avènement de « Unholy Blastards », leur seconde démo chez D.R.U.G. Records (R.I.P. ????). Les terres bretonnes regorgent de mystères, d’un folklore et de légendes obscures et, comme son nom l’indique, la vocation de ce groupe originaire de St Malo est de faire honneur à cette richesse. L’objectif semble atteint avec pour fer de lance une substance raw et écorchée qui fleure en tout instant la nostalgie et la mémoire d’époques glorieuses passées, le tout bercé par un spectre sonore divinement minimaliste et rustique dans ses crépitements.


Doté d’une puissance de feu toute aussi brute et underground, Aura Noire reprends le flambeau avec fierté pour vomir sans la moindre volonté de compromission les deux excellents hymnes que sont « Le Culte des adorations Interdites » et « Sombre Chevauchées ». Ne recherchez rien d’autre ici que le déchaînement abrupte, complexe, malsain et torturé d’une impitoyable batterie d’artillerie ! La scène trend n’aura face à cela que la possibilité d’aller s’enfouir avec crainte dans les crasses et boueuses tranchées d’une ligne de front en pleine reconquête ! A noter la richesse remarquable des vokills autant dans la diversité de leurs intonations que dans la subversion textuelle visiblement intégralement francophone et incroyablement compréhensible !


Difficile de succéder à une telle tuerie ! Pour cela, il ne fallait pas moins que l’un des plus digne et prometteur représentant de la scène extrême de Lorraine, j’ai nommé Devilish Era ! Personnellement, je ne me lasse pas du spectre musical très personnel de ce one man band ! « Under The Aegis Of The Megathropist » et « The Satirical Enigma » sont deux condensés de pure froideur, de haine totale, de douloureuse nostalgie. Un monolithe glacial où se mêlent aussi bien le terroir rustique des souches scandinaves que certains vertiges plus modernes et contemporains.


Poursuivons avec Eternal Rest, groupe avec qui RU est en contact depuis peu et, dont je découvre ici la noire essence avant de pouvoir explorer intégralement leur matériel démo. L’on reste dans les arcanes de cette indécrottable nostalgie antique si caractéristique au Black Metal. Eternal Rest enfante au cœur de ces « Ithaqua Ode » et « L’eternel Combat » une agressivité très épique et mélodique dotée d’un feeling très heavy et syncopé et de nombreux développements et changements de rythmes. Riche et intéressant, j’attends de déguster la suite.


Avant dernier groupe de ce premier Cd, Osirion, auto-proclamé comme pratiquant du « Sapaudiae True Black Metal » débarque avec une conception de l’art noir plutôt classique mais, bien maîtrisée. « Demetrios Paliorcete Depraved King Of Macedon » est un bon track mené d’une poigne de fer des premiers souffles jusqu’aux derniers, qui n’a rien de linéaire du fait de nombreuses variations rythmiques et d’une alchimie judicieuse entre violence et mélodie. Les vokills jouissent d’une présence non négligeable et d’une grande puissance et profondeur de part une production indéniablement puissante et soignée. « The Secret Of The Black Art », leur second track est , vous l’aurez compris, une reprise de Dark Funeral. Je n’aime pas ce combo suédois mais, force est d’admettre que la chose est bien exécutée en respectant l’originale autant qu’en permettant à Osirion d’y laisser transparaître sa personnalité et sa trame stylistique.


Enfin, ce premier assaut se clôture avec « Le Deuil Des Innocents » d’Epheles. Le nom de ce groupe ne m’est pas inconnu. Je le découvrit il y a déjà de nombreuses années sur un vieux innate sortit de je ne sais plus où. Ce que je peux dire, c’est qu’entre le track écouté à l’époque et celui ci sauvagement vomit, cette entité à énormément progressée. Epheles est à ce jour beaucoup plus raw et parvient mieux à garder une constance en terme de pression même si de longues phases incantatoires sont toujours bien présentes. Noirceur, Douleur et Désespoir sont les mots d’ordres. Un très bon groupe de raw Black Metal dont la scène du Nord Est peut être fière !


Le temps de changer de Cd et, voilà déjà que Reverence nous attends dans l’obscurité pour nous entraîner dans sa perdition ! « Thorn Of Torment » m’est familier puisqu’il provient du fantastique « Whenn Die Nacht Kommt …». Que dire de plus que ce qui a déjà été dit ! Grandiose, pur, majestueux, haineux et écorché ! Tout est là dans une mixture païenne fort bien perpétuée. « Black Spell Of Destruction » est tout aussi impérial ! Cette inédite reprise de Burzum fait honneur à l’originale tout en préservant la trame sonore, stylistique et vocale de Reverence, même si, il est indéniable que le génie primitif de Vikernes ne sera jamais plus égalable.


Un autre groupe tout aussi brillant, malgré ce que l’on peut dire ça et là, prend la relève. Sons Of Fenris renouvelle ici son Black Metal Lycanthropique avec deux nouveaux tracks. « Le Royaume Légendaire » est probablement le track le plus raw et expéditif que j’ai entendu de S.O.F. tandis que « Les Danseurs De La Spirale Noire » se situe plus dans la lignée de l’excellent « Fenris ». Les cordes sont glaciales, la programmation de la boite à rythme est riche et des plus épique et, les écorchements de larynx de Werewolf sont hypnotiques. Je trouve toujours cela aussi ravageur et, je me branle royalement de ce que certains en penseront !


Retours sur les terres bretonnes avec Duael. Je connaissait déjà « Seigneur Des Marais » via l’excellente « War Compilation Volume I » ; Furor Gallicum est l’occasion de découvrir « Roi Des Celtes » et d’affirmer mes perceptions d’un Black Metal de tradition néanmoins exécuté avec personnalité avec tout ce que cela implique en terme d’atmosphères augustes et abruptes, de rythmiques tantôt martiales, tantôt déchaînées, de cordes emplies de terroir et d’histoire, de phases vocales solennelles et, de spectre sonore suintant et vertigineux. A retenir lors de mes prochaines errances…


On enchaîne avec les fiers guerriers de l’Edelweiss Noire ». Inutile d’y aller par quatre chemins ! « Nous Vaincrons Parce que Nous Sommes Déjà Morts » m’a littéralement défoncé la tronche autant par son intégrisme musical que par la pharamineuse richesse des lyrics qui reflètent indéniablement une grande droiture idéologique. Rien n’est à ajouter ! Ceux qui veulent en savoir plus sur cette bête du Périgord Noir n’ont qu’à s’en référer à ma chronique !


S’ensuivent « Kings Of A Downfall Cross » et, « The Darkest Horizon » de Deus Inversus. Avant écoute, je ne connaissait que de réputation et, désormais, je dois dire que je comprend mieux pourquoi cette entité jouit en ses contrées d’une certaine renommée. Le son est énorme mais, suffisamment chiadé et, est un soutient solide à un art brutal et totalement Old School ! Une tuerie qui ne peut qu’inciter à prendre les armes !


Tout aussi Old School mais, beaucoup moins easy listening du fait d’une prod torchée à l’ancienne, voici venu le tour de Insane Vesper de pourfendre les faibles d’esprit qui espéreraient encore pouvoir terminer cette gargantuesque écoute indemnes ! Difficile de déterminer entre « Repentance Du Christ » et « The Shadow Of Evil Throne », lequel de ces deux tracks offrent le plus de chances de survie ! Les percussions sont psychotiques, les riffs semblables à une avalanche de lames de rasoir et, les vokills, l’œuvre d’un maniaque en phase terminale ! Une terrible claque dans la tronche.


On continue dans l’extermination de masse avec un track de Horrid Flesh ! Ce nom me dit quelque chose mais, en cette heure tardive, je ne parviens pas à situer…. Quoi qu’il en soit, ce « Chemical Assault » porte à merveille son appellation ! Ce groupe extermine tout sur son passage pour ne laisser derrière lui que de vulgaires charognes sans vie aux tourments de la grande faucheuse. L’alternance de timbres Death et Black est particulièrement ravageuse !


Enfin, pour fermer la marche, cette compilation n’aurait pas put être objective sans réserver une place à l’un des grand nom de l’underground de notre capitale. « Frost » d’Eternal Majesty est à ce titre particulièrement approprié. Je ne crois pas qu’il soit utile de chier un pavé sur l’art destructeur de ces tueurs qui ont déjà largement fait leurs preuves ! Ne retenez que cela : Une Boucherie !


En conclusion, est il vraiment utile de vous préciser que ce Furor Gallicum est une excellente et prodigieuse compilation ? De vous inciter vivement à vous procurer l’un des deux cent exemplaires pressés ?

Saluons BDP pour cette sublime offrande à la gloire de notre scène ainsi que tout les groupes présents à qui RU offre sans exceptions son soutient absolu et que j’incite vivement à nous faire parvenir leurs démos, si ce n’est déjà fait, pour un soutien encore plus acharné !

Contact :
Brutal Druid :
snowstormedforest@caramail.com
http://membres.lycos.fr/brutaldruidprods

Sperm.S.