Copula Cum Daemone « Numero 1 (2002) »

Aaaarrggh ! Une cover toute en délicatesse entièrement dédiée à l’art sexuel extrême, moite et torturé qu’est le bondage ; Un artwork d’ensemble totalement Old School, copieusement « Cut n’ Paste » appuyé par un lay-out résolument destroy, impulsif et chiadé. Un contenu sans compromis faisant l’apologie d’un art noir dans sa plus pure et simple expression ! Voici une putain de compilation tape en provenance du manoir Die Unaussprechlichen Kulten Editions qui, pour sûr provoquera autant d’érections aux maniaques du BM le plus malsain et abrupte qu’il fera chialer de désespoir les plus chastes puritains de la scène !

Ce « Copula Cum Daemone N°1 » est comme son nom l’indique intimement lié au zine du même nom et, comme je suis devenu un inconditionnel de ces saines et prudes lectures, je ne pouvais passer à coté, d’autant plus que cette tape représente dans la foulée un grand nombre des signatures made in D.U.K.E.

Commençons donc sans plus attendre avec « Pohanske Mece » d’Inferno, track qui fait office d’ouverture de l’album « Live From The Woods ». Ces tchèques délivrent un Black Metal furieux, rustique, sans le moindre artifice mièvre. Tout suppure ici d’une aura très virulente et brute ; Les maléfices inhérents à toute prestations live qui se respectent rôdent et ne quittent pas un instant le combo si bien que même si Inferno est, à mon sens, un peu trop classique dans sa démarche, je ne peux que respecter leur art, cela d’autant plus qu’à l’image de leur musique, leur idéologie propre et forte est affichée sans détours ni compromission. Authentique !


Viens le tour de « Freezing Lake », un track que je connais bien puisqu’il provient du fantastique « Winds Of North » de Reverence. Depuis le temps, je ne me suis toujours pas lassé de cette putain de démo CD ! Il n’est d’ailleurs pas rare que je m’atomise la tronche au moins une fois par semaine avec cette grande et sublime offrande tant Ipes Luciferia témoigne d’un talent on ne peut plus spontané et sincère à créer une substance d’obédience païenne et noble ! Au programme, un Black Metal imposant exécuté avec un feeling hypnotique, lancinant et cru, des arpéges nostalgiques à souhait, un son glacial, hyperboréen et, un spectre vocal hanté et sentencieux. Inutile de chercher à comprendre le parallèle que beaucoup ont fait avec le Graveland de la nouvelle période, il suffit d’écouter !


Dans un registre différent mais, tout aussi excellent, les deux chapitres suivant proviennent d’une autre démo qui a eu un effet tout aussi radical sur mon cervelet ravagé par déjà bien des années d’assauts métalliques répétés et incessants, à savoir du Split tape « Ad Honores » / « Le Chipset Du Froid » partagé entre Nihilistic Kaos et Nordum.

Pour celles et ceux qui auraient un train de retard, Nihilistic Kaos dévoile un Raw Black minimaliste et direct comme l’on en trouve de plus en plus rarement en ces sombres ages où une masse grandissante ne semble plus jurer que par la pudique et mercantile « Metallian Way Of Life ». Körös, le seul maître à bord à l’époque, passe toute technique à la trappe, défèque sans merci sur toute volonté harmonieuse. Tout en Nihilistic Kaos n’est que laideur et noirceur saturée, violence rythmique clinique, écorchement lyrique… Une souffrance auditive absolue à déconseiller aux tarlouzes et autres chibres molles !

Suivant une ligne de conduite toute aussi démente et vertigineuse, Nordum témoigne néanmoins d’une substance nettement plus riche et variée. Cette majestueuse apologie du froid auditive repose sans conteste sur des bases Raw Black dépouillées comme il se doit mais, Sheriald Nordum agrémente cette divine essence de nombreux claviers glaciaux, d’arpéges mélancoliques, de quelques breaks gorgés de samples, de chœurs solennels… Il se détache de cet ensemble compact une personnalité musicale toute particulière, impalpable et à ne louper sous aucun prétexte d’autant plus que cette entité vient récemment et à mon plus grand désarroi de signer son testament… Quelque chose d’unique, un vertige tout aussi fascinant qu’il est effrayant ; Une stalactite saillante et abominable !


Viens ensuite le tour de « Sorcier Nécrophage » de Darvulia, one man band crée par un ex Fornication en 1999 et portant le nom de la sorcière sanguinaire damnée qui oeuvra à la solde de la Comtesse Bathory, qui se servit de la folie avide et furieuse de cette dernière pour tarir ses pulsions meurtrières maladives. Le sang des puristes ne fera ici qu’un tour tant il est aisé de retrouver en le spectre de cette entité toulousaine une aura hautement malsaine, abominable, répugnante et craspec semblable à celle qui a fait et fait encore aujourd’hui la gloire de Mütiilation ! Sulfureux, torturé, maladif et oppressant sont les mots d’ordre de ce très inspiré et impur « Sorcier Nécrophage ».


Achtung ! Il y a fort à parier que les derniers souffles de vie des quelques parasites bienséants qui auraient réussis à ne pas sombrer jusqu’à ce stade, les abandonnent à l’écoutent du track suivant ; De ce « Chainsaw » de The End directement exhumé de leur innommable et encore fumant « Speedcore Metal Hell », seconde démo qui mérite comme rarement son appellation ! Les mots me manquent pour décrire ce maelström d’ultra violence pure qui, pour sûr bottera le cul des petites natures polluant la scène et cela, jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Infernal et The Bubonist sont des maniaques qui ne semblent trouver d’apaisement que dans le meurtre auditif de leurs adeptes et cela via un déluge foutriquement Old School d’un Black Thrash écorché vif !


Cette première face se termine dans une certaine sérénité qui malgré tout suppure d’une folie incontinente et d’une décadence sans nom avec Aryos et son « Marche et Confessions ». Jusqu’alors, je ne connaissait cette entité définissant elle-même son style comme du « Strange Metal & Black Art » que de nom. Ce track ne dément pas à cette étiquette tant son rendu est unique, mêlant un piano d’une grande qualité et richesse, des percussions très ritualistiques tout à fait particulières, déconcertantes dans leurs déstructurations et, des écorchements vocaux purement BM. La gaule semble désormais être dotée d’un groupe capable de rivaliser avec la noirceur d’un Profanum et la richesse d’un Angizia ! A écouter ! Pour ma part, il va falloir que je me penche rapidement sur les œuvres de ce groupe.


Le temps de retourner cette tape suintant de toutes ses pores du foutre démoniaque le plus abrasif et vicié qui soit et, nous voici déjà en présence des ukrainiens de Lucifugum.
Un album tel que « On The Sortilage Of Christianity » ou, la réédition des premières démos m’avait littéralement fait l’équivalent d’un coup de barre à mine rouillée dans la mâchoire ! Tout n’était que grandeur et démesure, folie épileptique et démence symphonique dans la droite lignée d’un bon vieux Nokturnal Mortum de derrière les fagots ! Néanmoins, je dois dire que l’évolution ultérieure m’a beaucoup moins convaincu, ne retrouvant pas cette fantastique aura épileptique et torturée des débuts. Ce très long track provient de « And The Wheel Keeps Crunching », album se situant dans une veine beaucoup plus heavy, épurée, plus guerrière et massive, beaucoup moins incontrôlée, furieuse et fuyante. Je suis moins preneur même si une immense majesté païenne s’en dégage. Une affaire de goût je suppose.


Changement radical de registre avec Baël et son Raw Black psychotique et assassin. Le parfait objet de suicide pour tout adepte de Metal Extrême mainstream et aseptisé ! « Deathly Pale » sortit en collaboration avec Hellwar prod m’avait copieusement troué le derche ! Ce « Le Règne Du Sang » de toute évidence sortit du Mcd « Bleeding For Him » ne me laisse pas une impression moindre ! Ce groupe est toujours aussi inhumain, crade, brutal et effroyable avec toujours cette indécrottable et noble influence du Graveland des premières heures !


Peut être de façon moins crue et minimaliste mais, dans une sémantique toute aussi raw, Osirion emboîte le pas avec « Misanthropia ». Jusque là, je connaissait peu ce gang savoyard et, mes premières impressions basées sur une reprise de l’hideux Dark Funeral ne pouvait me permettre d’être réellement objectif, surtout au vu de mon rejet catégorique pour la horde suédoise… Le track ici dévoilé impose à moi une toute autre facette de l’art de ce quatuor. Beaucoup plus Old School et proche des origines avec un indéniable feeling Heavy très bien incorporé. A ce stade, les multiples comparaisons avec Rotting Christ, Bathory, Venom etc… sont beaucoup plus éloquentes.


Aaaaaarrgghh ! Diantre !!! Un fuzz cauchemardesque, des riffs dépouillés mutilés à la machette, des percussions mécaniques incarnant à la perfection le chaos, un écorchement vocal inouï comme ceux de douleur que laisserait échapper la victime d’une trachéotomie totalement chiadée, le tout soutenu par une prod sadique et extrêmement UG !!!!???! Une compil de chez D.U.K.E. ne pourrait pas voir le jour sans être marquée par la participation de Zarach’ Baal’ Tharagh !!!! Luc Mertz délivre ici les chapitres six et sept de son œuvre disponibles sur la troisième démo. Deux putains de chapitres qui seront, une fois de plus et pour beaucoup, l’ultime expérience en matière de Raw Black Metal ; Deux putains de chapitres qui laissent clairement entrevoir que leur commanditaire a, depuis des lustres, outrepassé les frontières entre la vie et la Mort ; Deux putains de chapitres qui ne font que renforcer ma fascination et mon respect pour la bête ! Rien n’est plus à redire ! Un Z.B.T. fidéle à lui-même ! Ni plus ni moins !


Retour à des cieux plus païens aux pieds de « L’arbre Mort ». Si Nihilistic Kaos est l’expression crue et sans détour de haine et de d’agressivité de Körös, Eihwaz est quand à lui la facette plus onirique du compositeur. Certes, l’on retrouve en ce projet, faisant référence aux mystères des runes et à la mythologie nordique, une patte stylistique caractéristique et reconnaissable ; Certes, la violence et une certaine haine sont toujours palpables car, ne l’oublions pas il s’agit de Raw Black, mais, se détache ici une trame mélodique, auguste cela via des touches de synthés judicieuses et énigmatiques ce qui rend Eihwaz moins basique et simpliste que N.K., peut être plus abordable mais, tout aussi recommandable et excellent ! A noter la sortie récente d’un fantastique Split avec Searing Skull, fortement recommandable !


Enfin, cette première édition se termine sur « Drei » de Faustrecht. Le duo W.A. Korrigan et Tyran délivre comme à sa grande habitude une conception de l’art noir qui lui est toute particulière et personnelle ; Une substance résolument atroce et psychotique où s’entremêlent, sur ce track, des speed picking nerveux et incontrôlés rythmiquement très soutenus, des déchirements vocaux qui à eux seuls suffiraient à justifier un internement d’office en hôpital psychiatrique, quelques phases parlées copieusement torturées et sentencieuses et quelques samples ne reniant pas un fort intérêt pour les plaisir de la chair.

Cette compilation tape débute dans la folie et se termine ainsi.

En conclusion, il s’agit là d’un recueil très intéressant pour tout maniaque désireux de se familiariser aux groupes représentés par Die Unaussprechlichen Kulten Editions ou, plus largement de faire une plongée abyssale dans l’underworld notamment hexagonal. A écouter en se faisant mousser le créateur sur un bon vieux zine du même nom !

Eternal Hailz & Support aux groupes ici présents et à toute la Team D.U.K.E. !!!!

Contact :
D.U.K.E.
Rue de l’Oratoire
Cidex 1010
39800 Le Fied 

Sperm. S.