L’on
ne s’investit pas par hasard dans le Black Metal. En pénétrant
le milieu, tout volontaire adhère à une cause et se
rend prêt à servir avec dévouement un mouvement
en guerre perpétuelle. Le nom de cette compilation immortalisée
sur Cd-r n’y va pas par quatre chemins et remet d’emblée les
choses à leur place.
Il s’agit là de la première
réalisation, et malheureusement de la dernière, de The
Black Fullmoon Records , jeune label distro dirigé par
notre kamarade Lord Nacht, activiste fanatique de la scène
et qui, de surcroît soutien RU depuis ses débuts. Autant
dire que je ne pouvais passer à coté de cette initiative
et, qu’une chronique allait de soi !
Venons en donc au contenu de cette noble galette !
La boucherie commence de façon fort obscure sur les méfaits
d’un combo que je ne connaissait encore que de nom, à savoir
Velkamandu. Ce groupe s’impose d’emblée par une production
des plus underground et méphitique qui rappelle à ceux
qui ne l’auraient pas encore compris que cette « War Compilation »
s’adresse à un public initié et non profane. De ce spectre
hermétique mais o combien caractéristique s’exhale un
Raw Black Metal ancestral, malsain, dissonant, abrupte et éraillé
qui sait intelligemment faire monter la pression et la maintenir pour
mieux exploser dans le crane de l’auditeur. Ceux qui sont restés
fidèles à la tradition devraient trouver en ce « Destin
Nocturne » une authenticité et une rudesse rustique
digne d’intérêt.
Une grosse pointure qu’il n’y a plus besoin de présenter prend
rapidement le relais, à savoir Malleus Maleficarum. Tout ceux
qui apprécient l’art de ce groupe et qui se sont pris une claque
avec l’excellent « Taedium Vitae » ne seront,
pour sur, pas déçus par « La Chambre Des
Souillures » ! Aucun commentaire supplémentaire
ne s’impose. Cette furtive apparition ne fait que renforcer l’attente
du prochain album qui devrait inonder l’underground début mai.
Après cette action d’éclat mémorable, l’on retourne
dans des arcanes plus enfouies de l’underworld. La troisième
plage sert en effet de repaire à Dark Field. Le track du même
nom que le groupe dévoile une substance qui reflète
toute l’intransigeance de la scène Canadienne. Certes l’on
est encore loin de certains grands dignitaires de ces contrés
mais, ce groupe témoigne d’une immaculée volonté
de ne pas faire de compromis, de cultiver une aura sonore crade, une
instrumentation dépouillée, minimaliste et, une trame
incantatoire déhumanisée et glaciale. Je dois néanmoins
dire que cette prestation hypnotique toute en arpége et en
tempos lancinants m’a un peu laissé sur ma faim car trop courte
dans sa durée. J’attends la suite.
En quatrième position se trouve Pogrom qui avec « Humanité
Décadente » témoigne d’une forte aptitude
à enfanter un Black Metal païen aux consonances typiquement
françaises. Ce track d’une grande violence nostalgique provient
de « Apocalyptic Reherseal » et à son
écoute, je ne m’étonne toujours pas que Xaphan et Overlord
Nasty Metatheos aient participé aux vokills de cette démo
tape chroniquée ici même. L’album « Mort Au
Peuple » risque fort de faire de nombreuses victimes !
L’on reste dans une optique païenne chevronnée avec « Arcanes »
de Eiwhaz. J’avais énormément entendu parler de ce projet
de Koros mais, je n’avais encore jamais foutu une oreille sur un seul
track. C’est aujourd’hui chose faite et, ma conclusion est que ce
morceaux est à la hauteur du personnage, même si, il
faut bien l’admettre, la substance de Eiwhaz est en d’innombrables
points proche de celle de Nihilistic Kaos et, n’a donc pas été
une très grande surprise pour moi.
Viens ensuite « The Flesh Decadence », track
d’un projet que j’apprécie tout particulièrement puisqu’il
s’agit de Reverence. « Winds Of North » et « Wenn
Die Nacht Kommt… » m’avaient fait l’effet de deux coup
de poing dans la mâchoire et, cet hymne aujourd’hui assez éloigné
de la substance païenne des premières heures car plus
sombre et impénétrable ne fait pas exception. J’attends
le split avec B.A.N., l’album et, l’autre split avec Wolok avec une
impatience peu commune !
De façon toute aussi crue et froide s’ensuit le très
éloquent « Christian Torture » de BlackGod.
Au programme, un condensé de brutalité pure, démoniaque,
franche et directe à mi chemin entre le Black et le Death et,
soutenu par une production massive qui réveillerait sans peine
les créatures les plus dévastatrices des enfers. Il
s’agit là de mon premier contact avec cette entité mais,
selon Herr Nilfheim, le ravage on stage vaut largement celui sur Cd.
Les guerriers de Duael reprennent le flambeau avec un Black Metal
entièrement dévoué à la cause du paganisme
renaissant. J’avais déjà eu l’occasion d’entendre ce
« Seigneur Des Marais » sur l’excellente Furor
Gallicum sortie chez B.D.P. et, c’est avec avidité que je me
remet une couche de leur Raw Black Metal rustique et martial. Les
riffs paraissent naître du souvenir d’ancien cultes, leur fuzz
suinte d’un héritage antique, les percussions sont semblables
à de frénétiques tambours de guerre, les vokills
témoignent d’une souffrance et d’une haine qui ne peuvent naître
que dans le feu du combat et, le son d’ensemble semble puisé
sous les écorces les plus dures d’un vieux chêne centenaire.
Inspiré et robuste.
Avec « Repentance Du Christ » et « The
Shadow Of Evil Throne » présents sur Furor Gallicum,
compilation dont je n’arrête définitivement pas de parler,
Insane Vesper m’avait déjà largement convaincu dans
sa démarche via son Raw Black colossal et sans pitié.
Cette neuvième plage ne fait que confirmer mes impressions
avec une version live de « Frozen Light » !
Rien n’est à ajouter ! Une tuerie !
Dans le cas Eiwhaz, j’ai évoqué tout naturellement Nihilistic
Kaos ; Venons y désormais puisque m’est désormais
donné l’occasion de me délecter d’un nouveau track de
ce projet qui, lui aussi m’a toujours laissé de fortes et inébranlables
impressions. Cela faisait longtemps que je ne m’était pas foutu
un des hymnes de Koros sous la dent et, à ce titre, « Deviant
Christ » est un véritable plaisir. La bête
n’a pas changée à l’exception de quelques apports de
synthé qui confèrent un surcroît d’intimisme abrupte
et de vertige suicidaire à ce track. Pour le reste, l’instrumentation
incisive, épurée et nerveuse ainsi que les vokills écorchés
et desepérés sont toujours d’actualité !
Excellent tout simplement !
Tout aussi excellent et, à l’avant dernier poste de cette marche
triomphante se terre Sons Of Fenris. J’ai déjà eu l’occasion
d’éplucher de long en large ce « Les Danseurs De
La Spirale Noire » et, ce track passe toujours aussi bien !
Point besoin de développements interminables ! Ce track
est glacial, épique, suprême dans sa nostalgie et sa
misanthropie, violent et solennel. Indispensable !
Enfin, « Destroyer » de Balrog clôture
définitivement cette déclaration de guerre. Ceux qui
ont lus ma chronique de « Kill Yourself savent que ce groupe
ne m’a pas particulièrement convaincu. L’on ne peut pas dire
que les choses aient changées. Le style de ce one man band
est efficace, bien construit mais, ne me procure rien en particulier
car à mon sens pas assez personnel. Une affaire de goût
je suppose…
En conclusion voici donc une excellente et très homogène
compilation à la gloire de notre underground hexagonal.
Pour une première prod, le
Black Fullmoon a frappé très fort. Hélas, comme
je l’ai laissé supposer plusieurs dizaines de lignes plus haut,
l’entité n’est plus et, cela pour des raisons dont nous avons
tous connaissance et qui ne font que donner plus de signification
à notre combat.
De cette épopée éphémère,
nous retiendrons une grande intégrité, un grand dévouement
et une grande sincérité et, nous ne pouvons alors que
souhaiter à Lord Nacht une excellente continuation dans sa
quête.
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pour que ce genre de chose cesse de se produire. L’avenir n’est pas
dans le business et le mercantilisme des majors !
Honneur et Respect !
Contact :
lordnacht@hotmail.com
Sperma Syphilikum |