Black Metal « War Compilation (2004) »

L’on ne s’investit pas par hasard dans le Black Metal. En pénétrant le milieu, tout volontaire adhère à une cause et se rend prêt à servir avec dévouement un mouvement en guerre perpétuelle. Le nom de cette compilation immortalisée sur Cd-r n’y va pas par quatre chemins et remet d’emblée les choses à leur place.

Il s’agit là de la première réalisation, et malheureusement de la dernière, de The Black Fullmoon Records , jeune label distro dirigé par notre kamarade Lord Nacht, activiste fanatique de la scène et qui, de surcroît soutien RU depuis ses débuts. Autant dire que je ne pouvais passer à coté de cette initiative et, qu’une chronique allait de soi !



Venons en donc au contenu de cette noble galette !


La boucherie commence de façon fort obscure sur les méfaits d’un combo que je ne connaissait encore que de nom, à savoir Velkamandu. Ce groupe s’impose d’emblée par une production des plus underground et méphitique qui rappelle à ceux qui ne l’auraient pas encore compris que cette « War Compilation » s’adresse à un public initié et non profane. De ce spectre hermétique mais o combien caractéristique s’exhale un Raw Black Metal ancestral, malsain, dissonant, abrupte et éraillé qui sait intelligemment faire monter la pression et la maintenir pour mieux exploser dans le crane de l’auditeur. Ceux qui sont restés fidèles à la tradition devraient trouver en ce « Destin Nocturne » une authenticité et une rudesse rustique digne d’intérêt.


Une grosse pointure qu’il n’y a plus besoin de présenter prend rapidement le relais, à savoir Malleus Maleficarum. Tout ceux qui apprécient l’art de ce groupe et qui se sont pris une claque avec l’excellent « Taedium Vitae » ne seront, pour sur, pas déçus par « La Chambre Des Souillures » ! Aucun commentaire supplémentaire ne s’impose. Cette furtive apparition ne fait que renforcer l’attente du prochain album qui devrait inonder l’underground début mai.


Après cette action d’éclat mémorable, l’on retourne dans des arcanes plus enfouies de l’underworld. La troisième plage sert en effet de repaire à Dark Field. Le track du même nom que le groupe dévoile une substance qui reflète toute l’intransigeance de la scène Canadienne. Certes l’on est encore loin de certains grands dignitaires de ces contrés mais, ce groupe témoigne d’une immaculée volonté de ne pas faire de compromis, de cultiver une aura sonore crade, une instrumentation dépouillée, minimaliste et, une trame incantatoire déhumanisée et glaciale. Je dois néanmoins dire que cette prestation hypnotique toute en arpége et en tempos lancinants m’a un peu laissé sur ma faim car trop courte dans sa durée. J’attends la suite.


En quatrième position se trouve Pogrom qui avec « Humanité Décadente » témoigne d’une forte aptitude à enfanter un Black Metal païen aux consonances typiquement françaises. Ce track d’une grande violence nostalgique provient de « Apocalyptic Reherseal » et à son écoute, je ne m’étonne toujours pas que Xaphan et Overlord Nasty Metatheos aient participé aux vokills de cette démo tape chroniquée ici même. L’album « Mort Au Peuple » risque fort de faire de nombreuses victimes !


L’on reste dans une optique païenne chevronnée avec « Arcanes » de Eiwhaz. J’avais énormément entendu parler de ce projet de Koros mais, je n’avais encore jamais foutu une oreille sur un seul track. C’est aujourd’hui chose faite et, ma conclusion est que ce morceaux est à la hauteur du personnage, même si, il faut bien l’admettre, la substance de Eiwhaz est en d’innombrables points proche de celle de Nihilistic Kaos et, n’a donc pas été une très grande surprise pour moi.


Viens ensuite « The Flesh Decadence », track d’un projet que j’apprécie tout particulièrement puisqu’il s’agit de Reverence. « Winds Of North » et « Wenn Die Nacht Kommt… » m’avaient fait l’effet de deux coup de poing dans la mâchoire et, cet hymne aujourd’hui assez éloigné de la substance païenne des premières heures car plus sombre et impénétrable ne fait pas exception. J’attends le split avec B.A.N., l’album et, l’autre split avec Wolok avec une impatience peu commune !


De façon toute aussi crue et froide s’ensuit le très éloquent « Christian Torture » de BlackGod. Au programme, un condensé de brutalité pure, démoniaque, franche et directe à mi chemin entre le Black et le Death et, soutenu par une production massive qui réveillerait sans peine les créatures les plus dévastatrices des enfers. Il s’agit là de mon premier contact avec cette entité mais, selon Herr Nilfheim, le ravage on stage vaut largement celui sur Cd.


Les guerriers de Duael reprennent le flambeau avec un Black Metal entièrement dévoué à la cause du paganisme renaissant. J’avais déjà eu l’occasion d’entendre ce « Seigneur Des Marais » sur l’excellente Furor Gallicum sortie chez B.D.P. et, c’est avec avidité que je me remet une couche de leur Raw Black Metal rustique et martial. Les riffs paraissent naître du souvenir d’ancien cultes, leur fuzz suinte d’un héritage antique, les percussions sont semblables à de frénétiques tambours de guerre, les vokills témoignent d’une souffrance et d’une haine qui ne peuvent naître que dans le feu du combat et, le son d’ensemble semble puisé sous les écorces les plus dures d’un vieux chêne centenaire. Inspiré et robuste.


Avec « Repentance Du Christ » et « The Shadow Of Evil Throne » présents sur Furor Gallicum, compilation dont je n’arrête définitivement pas de parler, Insane Vesper m’avait déjà largement convaincu dans sa démarche via son Raw Black colossal et sans pitié. Cette neuvième plage ne fait que confirmer mes impressions avec une version live de « Frozen Light » ! Rien n’est à ajouter ! Une tuerie !


Dans le cas Eiwhaz, j’ai évoqué tout naturellement Nihilistic Kaos ; Venons y désormais puisque m’est désormais donné l’occasion de me délecter d’un nouveau track de ce projet qui, lui aussi m’a toujours laissé de fortes et inébranlables impressions. Cela faisait longtemps que je ne m’était pas foutu un des hymnes de Koros sous la dent et, à ce titre, « Deviant Christ » est un véritable plaisir. La bête n’a pas changée à l’exception de quelques apports de synthé qui confèrent un surcroît d’intimisme abrupte et de vertige suicidaire à ce track. Pour le reste, l’instrumentation incisive, épurée et nerveuse ainsi que les vokills écorchés et desepérés sont toujours d’actualité ! Excellent tout simplement !


Tout aussi excellent et, à l’avant dernier poste de cette marche triomphante se terre Sons Of Fenris. J’ai déjà eu l’occasion d’éplucher de long en large ce « Les Danseurs De La Spirale Noire » et, ce track passe toujours aussi bien ! Point besoin de développements interminables ! Ce track est glacial, épique, suprême dans sa nostalgie et sa misanthropie, violent et solennel. Indispensable !


Enfin, « Destroyer » de Balrog clôture définitivement cette déclaration de guerre. Ceux qui ont lus ma chronique de « Kill Yourself savent que ce groupe ne m’a pas particulièrement convaincu. L’on ne peut pas dire que les choses aient changées. Le style de ce one man band est efficace, bien construit mais, ne me procure rien en particulier car à mon sens pas assez personnel. Une affaire de goût je suppose…


En conclusion voici donc une excellente et très homogène compilation à la gloire de notre underground hexagonal.

Pour une première prod, le Black Fullmoon a frappé très fort. Hélas, comme je l’ai laissé supposer plusieurs dizaines de lignes plus haut, l’entité n’est plus et, cela pour des raisons dont nous avons tous connaissance et qui ne font que donner plus de signification à notre combat.

De cette épopée éphémère, nous retiendrons une grande intégrité, un grand dévouement et une grande sincérité et, nous ne pouvons alors que souhaiter à Lord Nacht une excellente continuation dans sa quête.

Soutenez les labels et distros indépendants pour que ce genre de chose cesse de se produire. L’avenir n’est pas dans le business et le mercantilisme des majors !

Honneur et Respect !

Contact :
lordnacht@hotmail.com

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