Sous la Bannière de la Haine (2005)

Difficile de prétendre ne jamais avoir entendu parler de Nykraft, de son label Ahriman Records, tant, sur tout les forums de France & Navarre, fleurissent à leurs sujets polémiques aussi diverses qu’innocentes, règlements de comptes relativement légers et autres anecdotiques joutes verbales… Difficile de fait, que l’on l’ait voulu ou non, d’être passé à côté de cette première auto-prod qui, en son temps, fit couler plus d’encre quand à son esthétique [certes des plus convenue, prévisible et surgelée], sa dénomination du même acabit menant la vie dure aux clichés, son tirage peu ambitieux et, plutôt inutile en terme de diffusion une fois les copies revenant aux groupes expédiées, ou, quand à la prétendue sincérité du commanditaire… qu’à son contenu concret. Les joies du web, fantastique outil promotionnel pour un UG aux allures de crèche.

Votre serviteur étant résolu à un minimum d’objectivité, voici donc une autopsie en règles : 

Nihilistic Kaos ouvre la bal avec un « Dans Les Tréfonds Du Péché » extrait de « Les Homélies Du Vice », premier et dernier album, récemment parut chez Forgotten Wisdom Prod. Si, pour beaucoup, il ne faudra probablement pas plus de trois ou quatre secondes d’écoute pour reconnaître la patte NK, ses riffs primaires qui, propulsés en des structures aussi dépouillées qu’efficaces par une distorsion plus croupie que ne le sera jamais la nappe phréatique de notre toxico-vénérien Bois de Boulogne National, firent immédiatement entrer le fondateur Split avec Nordum dans le florilège intimiste de leurs démos de chevet de l’année 2002… force est également de constater que, depuis son dernier méfait, le groupe a nettement gagné en maturité via un effort de production plus puissant, une balance entre les instruments plus fluide octroyant désormais une place de choix à la basse, des arrangements plus subtils, une section rythmique plus carrée, variée, organique, un organe vocal qui, devenu plus rauque, se révèle plus maîtrisé, une recrudescence rock’n’roll très burnée…
Un excellent choix d’ouverture à mon sens. 

Contact : http://perso.wanadoo.fr/nihilistickaos

Si l’année 2005 ne fut, à mon sens, pas particulièrement riche en découvertes mémorables, il ne fallut, néanmoins, pas plus d’une première démo artisanalement auto-produite à Caedes Vocum, jeune groupe Mézin, pour me coller une rédemptrice branlée, m’arracher à la lassitude ambiante et donc, solidement me convaincre. Le spectre du Burzum de la funèbre et terroriste époque hante les entrailles de ce « Retiré » mais, macérant, sous l’égide scrofuleuse d’un feeling aussi authentique que personnel, à même le cloaque ulcéré d’un miasme très typé Légions Noires, il parvient à échapper aux lieux communs du plagiat le plus éculé. Ainsi propice aux troubles les plus malsains, ce morceau choisi de « Animus Silvae » se décline en un véritable spicilège d’ambiances moribondes, vespérales, froides, quasi suicidaires ; Etreinte pastorale exacerbée par un dualisme vocal transpirant d’une haine, d’une souffrance et rage si déchirantes qu’elles en deviennent presque physiquement palpables. Que les retardataires n’hésitent pas à se jeter sur la récente réédition tape sortie chez Winter Reich Rex… 

Contact : caedes_vocum@hotmail.fr

Après un départ en si grandes pompes, l’on serait presque tenté de, d’ores et déjà, s’insurger contre la médisance générale, d’admettre que l’initiative se veut peut être plus audacieuse qu’elle n’y paraît de prime abord… hélas, l’horizon ne tarde pas à se ternir lorsque Thy Apokalypse investit la troisième plage du Cd-r. Non content de s’être laissé soudoyer par les charmes virtuels de My Space, Ebay, ou autre miteux réseaux Wiki, voici que le Black Metal se met à la page de l’artificialité intégrale. Pas la moindre goutte de sueur, sang ou sperme, pas l’ombre d’une crampe ou d’une brûlure, ne caractérise ce projet entièrement conçut via Fruity Loops. Que le recours à une boîte à rythmes puisse s’avérer nécessaire, je le concède volontiers en tant qu’utilisateur, mais, que dire lorsque les guitares, la basse sont elles mêmes le fruit d’une programmation ? L’on serait bien tenté, perdu dans ce bordel cybernétique tiédasse, de trouver un bien maigre réconfort en la présence vocale mais, lorsque celle ci se révèle presque aussi médiocre et inaudible que le reste, il faut bien admettre l’évidence. Une aberration, un inacceptable non-sens que je prendrais plus de temps à stigmatiser au cour de ma review de « Funeral Shrine »…

Pas de contact. Boycottez cette énormités ou ne refoutez jamais la tronche dans nos colonnes ! 

J’ai n’ai jamais pris le temps de coller une oreille, ne serait-ce qu’évasive, sur les travaux de Warkvlt et, en ai toujours entendu parler comme du plus parfait et démonstratif fake que la scène pouvait porter… L’occasion m’est ici donnée de rectifier le tir via le track « My Dying Past », tiré de la démo « The New Becomming ». Malgré une amorce si poussive qu’elle en serait presque grand-guignolesque, ce track finit par se tenir dans sa progression, proposant une essence globalement mid tempo, plutôt épique, jalonnée de nombreux cœurs en voix claires, de rechutes acoustiques diverses, parfois un peu inconsistantes tout de même, et, d’embryons de solos qui, s’ils n’ont pas l’aura de ceux d’un Peste Noire, ont au moins le mérite d’exister ; Essence sachant, également lorsqu’il le faut, monter en ébullition et atteindre des fréquences plus soutenues, conforme à la primitive virulence intrinsèque au Black Metal. Ce track témoigne encore d’une relative légèreté, innocence, immaturité, et, souffre d’une certaine impersonnalité en terme d’identité sonore mais, a au moins le mérite de résonner de façon authentique contrairement au précédent.

Contact : http://warkult.free.fr/

Il y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion d’écouter un glaviot achevé d’Arsongod, depuis la sortie de notre compilation il me semble. «WAR is our pleasure” vient donc me contenter jusqu’à une release de plus officielle et ample envergure… et putain, quel track ! Beaucoup moins païen que dans le passé mais de toute évidence toujours hanté par ses pulsions les plus sanguinaires, ce one-man band dégueule ici un matraquage qui, en radical contre-courant d’une course toujours plus excessive à l’épilepsie, se révèle néanmoins intensif, dense, soutenu car suppurant d’une mécanique invariablement martiale. De cette transe s’extirpent des riffs tranchants, comme taillés à la machette en pleine guerre civile rwandaise, dignes d’un Impaled Nazarene qui, castré aux anxiolytiques, ne parviendrait toujours pas à rentrer dans ses gonds. Les vokills rappellent un peu ceux de MkM de part leur façon d’occuper l’espace et, leur timbre rauque nous ramènent une fois encore à la monstruosité de M. Luttinen. 
Voilà qui nourrit une impatience certaine de me cogner la prochaine démo ; Méfait à venir qui, si je ne m’abuse, devrait mêler au BM des servitudes plus Industrielles.

Contact : www.arsongod.fr.st 

N’ayant pas du tout apprécié la personnalité musicale de Hex Nihilo lors de leur prestation live tourangelle du 2 décembre 2005, inutile de dire à quel point l’avènement de la sixième plage s’accompagna de préjugés… et… hélas … « Mens Insana », tiré de la démo « Nature Morte », ne me fit pas changer d’avis. A mis chemin entre Raw Black Metal intégriste, élans mélodiques plus typiques de la nouvelle école, interludes de guitares acoustiques & flutiaux à la sauce Menhir & cie, influences Heavy Metal, apports plus Death Metal contemporains… le tout saupoudré d’une volonté très progressive et complexe semblant se revendiquer des derniers Enslaved, le groupe se révèle tellement bâtard qu’il ne dégage aucune personnalité foncièrement marquante ; Confère tellement l’impression de se chercher qu’il en devient indigeste. Notons tout de même les vocaux écorchés de bonne facture et, la vraisemblable utilisation lyrique du français, chose se faisant de plus en plus rare, ainsi qu’un Father Gaellic plus précis et « propre » derrière les fûts que dans le contexte Abfall.
Ce n’est définitivement pas ma came mais, celles et ceux que ma critique n’a pas rebutés peuvent toujours tenter de prêter une oreille à ce groupe auquel l’on doit au moins reconnaître un minimum de travail et de volonté de bien faire. 

Contact : http://hex.nihilo.free.fr

A l’occasion du Grindzor Fest, l’un des membres de Mercenary Agression me remit « The Horde From The Mist », initiative à laquelle je n’ai d’ailleurs toujours pas donné suite par manque de temps et négligence, je le confesse… « Vi Maa Herske » n’est, à mon goût, pas le meilleur track de la démo suscitée mais, représente tout de même relativement bien la démarche sauvage et sans compromission du groupe : Une boîte à rythme d’un débit à en faire rougir n’importe quel instrument de mort automatique de gros calibre, dont la fréquence jusqu’au-boutiste, incontestablement poussée de façon volontaire dans ses derniers retranchements, pourraient presque inspirer les heures les plus incontinentes de l’industriel / power electronic… Un jeu de corde quasi punk, d’un crudité presque plus âpre que les triplex qui bercèrent mes jeunes années, exacerbé par une disto si poisseuse qu’elle pourrait rendre appétissantes les suppurations infectées d’un con que l’on aurait caressé à la brosse métallique d’un gel intime irradié… Des vocaux fantomatiques mais néanmoins plus écorchés que ne le seraient jamais les râles jouissant des cénobites de C. Barker à qui l’on infligerait le supplice des cent morceaux … Voilà qui ne révolutionne rien, qui devrait rebuter les plus traditionalistes mais, qui a le mérite de tabasser sévèrement.

No Fukking Kuntakt !

Le contenu de la huitième plage ne sera pas inconnu pour les maniaques parcourant nos diverses mises à jours, ne se contentant pas simplement de se plier au jeu de la figuration sur notre forum pour, disent-ils/elles, pénétrer « l’élite »… Putain, les ravages de Zone Interdite… « The Rune Where Written” provient de la partie Searing Skull du Split avec Eihwaz parut, autrefois, chez le défunt Korosiv Production. Je ne me fendrais pas d’un commentaire sur quelque chose ayant déjà subit les obscénité de ma plume. Tout le monde entrevoit probablement déjà un Black Metal mélodique d’obédience païenne saupoudré d’influences Heavy très épiques, de bonne facture. Avec le recul, je soulignerais seulement que la production manque quelque peu de puissance et, qu’au final, les vocaux écorchés d’antan me semblent plus idoines que ceux plus rocailleux ayant marqués « Visions From The Past ». 

Contact : http://membres.lycos.fr/searingskull/

Le morceau suivant est l’œuvre d’un groupe qui, une fois encore, sera familier aux habitués de nos rangs puisque « The End » est extrait de « Eradicum Humanest », dernière démo d’un In Die Nacht ayant depuis été mis en sommeil.

Mis en bière par une trame sonore très rampante, crade, rehearsal en somme, ce track trahit immédiatement la provenance parisienne du groupe mais, pas de façon aussi critiquable, re-pompée que pour beaucoup d’autres. In Die Nacht officie dans un registre Black Death plus brut, écru et primitif que ne le sera jamais n’importe quel intellectuel afro-centriste de bidonville ; Parfois si chaotique et harsh qu’il pourrait faire passer je ne sais quel festival Punk Old School de fond de cuillère crasseuse pour une incarnation moderne du cercle des poètes disparus… Et, lorsque ce débourrage à la sauce quasi Sad Ex laisse filtrer des bribes de mélodies, c’est pour mieux embrasser des dimensions confinant les frontières du sordide, d’une laideur aussi chaleureuse que les viandes d’une jouvencelle conservée raide morte que l’on décongèlerais, de temps à autres, pour s’éponger les cerises… 

Contact : http://membres.lycos.fr/indienacht/

Obtenebratum… Ce nom me dit quelque chose ? Ne s’agirait-il pas du fameux groupe mené par le guignol défrisé au pento dont la présence nasale et pigmentation douteuse ne trompent pas ??? L’épouvantail écumant tout les concerts tourangeaux et lochois accompagné de sa garde rapprochée de groupies visiblement sur-excitées par l’avènement proche de leurs premières règles, et autres trendies qui, probablement grisés par quelques bières sans alcool, ne tiennent plus d’attendre leurs premières éjacs nocturnes… tourbillonnants, envieux, autour de sa veste à patches cosmopolite tels des mouches aux abords d’une merde juteuse ??? Si tel est le cas, il faut croire, comme il est vrai que toute laide a un jour droit à son coup de bite, que tout groupe anecdotique finit par embrasser un petit semblant de gloire… Je ne ressent rien en ce « North Mannica », visiblement inédit, que je n’ai déjà palpé ailleurs. Ce groupe est, à mon sens, semblable à des milliers d’autres, incapable de réellement se démarquer au sein d’une scène sur-saturée. Je suppose que cela doit faire son effet lorsque l’on a seulement un ou deux ans de Metal au cul, ce n’est pas le cas lorsque l’on approche la bonne quinzaine…

Contact : http://www.obtenebratum.com 

S’ensuit Fissur, dont, à dire vrai, le « Fin D’un Sang Souillé », tiré de la démo « Génocide D’un Monde Nouveau » m’inspire un constat quasi similaire que pour son prédécesseur, bien que nettement moins irrécupérable. Il m’est avis que Daedeloth devrait moins multiplier les projets, plus se concentrer à développer une entité à l’identité réellement forte. Ce track n’est pas mauvais en soit, il suppure même d’un malaise, d’une folie palpable. Malgré tout, son impact serait tout autre si bon nombre de plans ne semblaient pas avoir été directement et, sans grandes variantes, puisés dans les répertoires de certains aînés Toulonnais ou des Black Legions.

Mais, ne perdant pas de vue le jeune âge de son commanditaire, et donc un savoir faire déjà relativement rare / honorable, il est plausible qu’avec plus de maturité Fissur puisse se forger une réelle personnalité à l’avenir. 

Contact : http://myspace.com/fissur

Hum… avec un nom de track tel que « Ebada jamaa iya », il ne faut pas être ethnologue pour deviner que Scimitar provient d’horizons orientaux, plus précisément du Liban. Outre une redondance très Germanique dans la façon d’envisager les structures, je m’étonnerais toujours d’entendre des groupes plus ou moins exotiques se fendre le cul, comme frappés de je ne sais quel besoin de reconnaissance ou autre complexe d’infériorité, à essayer de sonner comme nos vieilles légendes gauloises, plus particulièrement sudistes, surtout lorsque la résultante fait presque illusion. Ce morceau n’est pas mal fait bien que relativement léger mais, en totale contradictions avec mon principe selon lequel le BM n’est pas réellement viable et crédible dans certaines contrées.

Visiblement la première démo de ce groupe devrait être la prochaine prod du label, chose ne me paraissant pas des meilleures augures au vu de l’O.P.A. très typée N.A. menée actuellement sur la scène Européenne…

Démerdez vous pour le contact si intéressés… 

L’apparition d’un certain Morbid Funeral me laisse dans la plus totale expectative, le seule groupe portant ce nom à ma connaissance étant d’origine hispanique et, doutant qu’il s’agisse du même. « Mutilation » déverse un Black Metal à la fois Raw, violent et riche en mélodies diverses, maussades harmonies… à la fois brut et grandiloquent, quasi orchestral dans le principe. Certaines atmosphères sont intéressantes, quasi émotionnelles mais, dans l’ensemble, et une fois encore selon ma plus stricte opinion, ce track n’a rien de bien transcendantal d’autant qu’une quasi inexistence [insignifiance ?] vocale y règne.

No Fukking Kuntakt !

Enfin, chose prévisible, Abfall referme ce “Sous La Bannière De La Haine” via un inédit nommé« The Coming Of Ahriman » . Autant les tracks du split démo partagé avec SvartKvlt parut l’an passé chez K.D.P. avaient quelque chose de séduisant, autant je suis ici beaucoup plus sceptique : Les percussions de Sünde sont encore plus bordeliques qu’auparavant, je dirais presque totalement noisy selon le sens péjoratif et donc fortuit du terme… les riffs ont totalement délaissés la touche Punk relativement sincère qui les caractérisaient jusqu’alors au profit d’un feeling plus typé Raw BM qui pourrait peut être convaincre s’il n’était pas gâché par un choix de disto plus que laxatif… enfin, les vocaux de Adunakhor, apparaissant ici en guest, sont, tout comme pour Thy Apokalypse, plus que médiocres.

Contact : http://thetrueabfall.free.fr/

Qu’ajouter à titre de conclusion ? Je me souvient d’un flyer phallique qui promettais une solide turgescence à tout acquéreur de la pièce, pour ma part il ne s’agira que d’une semi gaule lorgnant plus vers le repos que l’éveil sanguinaire à la dégustation d’une tarte aux poils. 

De cette compilation, l’on retiens la présence de Nihilistic Kaos & Searing Skull en tant que valeurs sûres, l’on décèle en Caedes Vocum & Arsongod un talent qu’il faudra surveiller à l’avenir, l’on reconnais en Mercenary Agression & In Die Nacht des projets intéressants mais pas encore tout à fait au point… le reste relève hélas du lieu commun, de son lot d’erreurs de parcours, d’impersonnalités ou, de cas désespérés à promettre aux hautes températures.

A la rigueur, cette release pourrait passer comme une dragée pour les plus fraîches recrues.

Contact :
http://maelstrom.chez-alice.fr/ahrimanwebsite.html 

Sperm. S.