Le
gros label yankee qu’est Relapse s’est toujours illustré en collaborant
à la création d’albums de monstres de brutalité
tels que le nécrophile Mortician, le dégueulasse et
effronté Anal Cunt, le très spécial Macabre…
J’en passe et des meilleurs entre Abscess, Benumb, Brutal Truth …
etc… etc…
Rien de bien nouveau sur cette galette qui nous a été
ramenée par Yiskandar des contrées inhospitalières
et insalubre d’outre Atlantique (Heureux de te savoir revenu parmi
nous en no contrés camarade !!!) puisque cette compilation
intitulée « Relapse Singles Series » deuxième
du nom regroupe quatre vinyls des groupes Deceased, General Surgery,
Destroy et Disrupt datant tous de mai 1991 et aujourd’hui sold out.
Il s’agit donc ici d’une occasion comme une autre de (re)découvrir
certains poulains plus ou moins méconnus du label mais, pas
moins virulent et gerbants que les aînés !
Cette dépravation underground débute avec Deceased et
son « Gut Wrench » originellement tiré en trois
éditions respectivement restreintes à cinq cent, mille
cinq cent et cent copie. Comme l’on peut s’en douter, il n’y a rien
ici de bien novateur si ce n’est que le Brutal Death Grind de ce quatuor
est très fortement teinté d’influences thrashy avec
tout ce que cela suppose en terme d’émanations insolentes et
exécrables. Ainsi, Deceased aère sa brutalité
frénétique ambiante de passages pechus et accrocheurs
ce qui est loin de me déplaire.
L’ouverture du track « After The Bloodshed » est à
ce titre
particulièrement excellente, je dirais presque martiale de
part son feeling syncopé. Le timbre vocal respecte évidemment
ce compromis et fait d’ailleurs penser de part ses intonations irrespectueuses
à celui d’un S.O.D. King Fowley qui est également le
batteur du groupe crache une animosité lyrique qui est en parfait
accord avec la pochette nécrotique de l’œuvre originale. Gore
et Purulent ! Il suffit de se pencher sur le nom des tracks !!!
Deceased cède, au bout de trois morceaux de choix, la place
à General Surgery. Le « Necrology » qui y est dévoilé
et qui fut en son temps limité à mille exemplaires est
à mon goût la meilleur partie de cette rondelle. Ce combo
nous pousse à un retour vers un style plus classique, plus
Brutal Death (le track « Ominous Laceration n’est d’ailleurs
pas sans rappeler la grandiose ouverture du très goutu «
Reek Of Putrefaction » de Carcass…). Le bourrinage est tout
en relief, aéré mais, forcément traumatisant
pour tout individu lambda. La technique est correcte, tout comme les
tempos et les vokills variés et
à mi chemin entre le lépreux qui dégueule caverneusement
ses tripes et écorchements presque Black Metal dans les tons
employés. Je ne peut que me réjouir de l’optique morbitaire
du groupe via des tracks tels que « Grotesque Laceration Of
Mortified Flesh », « Crimson Concerto » ou encore,
« Slithering Maceration Of Ulcerus Facial Tissues ».
Excellent !!! « Murder Is The Only Way To Kill Time !!!! »
C’est après l’avènement de la huitième plage
que les choses commencent à s’avérer être moins
à mon goût avec une optique beaucoup plus humaine, moraliste
et conciliante de l’art boucher qu’est le Brutal Death / Grind. Cela
notamment avec l’arrivée de Destroy et de son « Total
Fucking Chaos » limité en 1991 à 2000 exemplaires.
Ce groupe porte bien son nom et m’inspire dans certaines circonstances
les débuts de Napalm Death, le monstre de Birmingham, mais
en un peu moins
radical. Certains relents Street Punk me posent parfois problèmes
malgré la brutalité ambiante. Cela se perçoit
entre autres beaucoup dans les vox. Un certain nihilisme punk se ressent
également dans la cover ouvertement engagée et atypique
ainsi que dans les titres des morceaux. Il suffit de prendre «
We’re Strong To The Finish’ Cos We Eats Our Spinach’ » pour
comprendre ! Beaucoup trop auto-dérisoire à mon sens…
Enfin, Disrupt ferme la marche. J’ai eu l’occasion d’écouter
l’album « Unrest » dans un passé proche et, je
n’ai pas vraiment accroché. La bouillie de ce groupe est très
brutale, parfois pêchue, mais beaucoup trop classique et, ce
« Refuse Planet » tiré à la base à
cinq cent exemplaires renforce mes positions. De surcroît, j’ai
un peu de mal à ingérer l’optique « humano-ecologique
végétarienne » de ce projet même si l’on
ne se situe pas au point critique d’un Carpe Tenebrum dans un
autre genre et, de ses thématiques basées sur la déforestation,
le massacre des baleines… etc…. En fait, j’en ai juste sévèrement
rien à branler !!!!!!!
Je ne crois pas avoir quoi que ce soit à ajouter.
Ce « Relapse Singles Series Vol II » est cru, brutal,
orgiaque mais, n’est pas spécialement transcendantal….
Contact :
relapse@relapse.com
Verrukose-Urethra |