Metal Extreme en Lorraine #1

« I decided to release this compilation as I wanted to pay tribute to bands from my region (Loraine). Hail to you all. Keep it brutal…” . Voici selon les termes d’Eymeric de Foedus Aeternus la raison d’être de cette huitième production de la coalition du Nord Est de la France et, je dois dire que, pour ma part, je ne pouvais ignorer cette initiative car étant nostalgique de ces contrées où se trouvent mes origines, je connais au final bien peu la scène et les activistes qui y règnent.

Devilish Era, la bête de ce même Eymeric, ouvre la bal avec « Delude To Believers » extrait de la split démo « Prolegomena To The Theory Of Wrath ». J’attendais de ce track quelque chose de plutôt indus conformément à ce que j’avais pu lire ou entendre dire et, à ce qu’un projet tel que l’excellent Krazumpath a pu dégager. Il n’en est rien ; Au programme, un Black Metal Brutal aux consonances nordiques avec un toucher certes un peu futuriste mais foncièrement nostalgique et pagan dans l’ame et, appuyé par des phases vocales torturées et écorchées à outrance.

Quelques seconde après l’arpége splendide qui clôture la première plage, Suffereign poursuit les hostilités. Le nom de ce groupe ainsi que celui de la démo d’où est exhumé ce track (« Embryoworms ») laissent à eux seuls supposer la consistance de la musique délivrée par ce groupe. Le Black Death de ce combo est de bonne facture et, parvient à créer une alchimie tout à fait correcte entre brutalité technique, lourdeur primitive et inspirations caverneuses et criardes pour les vokills.

« Two Faces » de Dungortheb calme un peu le jeu et apporte sa dose de mélodie face aux deux bouchers précités. Il s’agit ici également de Death Metal mais, sous le joug d’un tempérament moins fougueux, plus propre, technique et varié. L’influence Heavy Metal est notoire, la recherche est évidente et, la prod est propice à créer une certaine efficacité. Je ne suis pas un grand amateur de ce chapitre ; Celui ci n’étant pas assez primaire à mon goût mais, il paraît évident qu’il devrait parfaitement convenir à ceux qui ont appréciés un album tel que « Symbolic » du défunt Death.

Necrofurya emboîte le pas avec un extrait de la démo « When The Night-Live » de 2003. Je suis assez familier avec cette entité à force de correspondances et d’écoutes, mais, je dois dire que ce très long « Rêves Obscurs » rompt quelque peu avec ce que j’ai habituellement pu entendre du groupe. Necrofurya est ici beaucoup plus raw qu’à l’accoutumée (du moins de mon point de vue personnel…). L’ambiance est virulente, orgiaque ; La complicité avec le public est foutrique ; Raphallus prêche comme un damné… Necrofurya a le don de surprendre. Je salue au passage Count Azazel en mon nom et celui de RU pour ses activités et son soutient.

S’ensuit « Tetraplegic Skull Crushing » de Organ Harvest provenant de la production « Bowels Waltz » de chez Dead Sun. De ce combo, je ne connaissait jusqu’alors que son artwork atypique. Ce premier contact fut radical !! Un véritable blitz krieg de Brutal Death Grind bref et concis pour tout maniaque qui se respecte.

En parlant de maniaques, voici venu le tour de Zaghurim et de son « ClimaX In Alcohol Baths » extrait du split évoqué au sujet de Devilish Era ; Track qui sera d’ailleurs réutilisé dans la demo tape « ClimaXXX & Bondage ». Ce projet rassemble le mythique Luc Mertz, Count Azazel et, si je ne m’abuse Eymeric de Krazumpath / Devilish Era et, autant dire que pour la mixture Black Indus Electro Ambiant ici dévoilée, le malaise est au rendez vous. « ClimaX In Alchohol Baths » est loin d’être easy listening et, est vraiment à réserver aux plus désaxés !!!! Malsain et manipulateur !!

Retour au Death Metal sur la septième plage avec Exkrement. J’avais déjà entendu parler de cette monstruosité il y fort longtemps mais, je n’avais jamais écouté. Le concret s’exprime en un Death Metal péchut aux inspirations paillardes, trash et scatophiles. Je pense qu’un nom de track tel que « Toitupuduku » résume à lui seul cela !

Nous restons dans le même registre en un peu moins rapide et violent avec « War » de Der Kaiser Der Narren. L’instrumentation d’ensemble est très harsh, lourde, appuyée de grunts caverneux. Le sentiment martial apocalyptique qui se dégage ici est largement entériné par le caractère spartiate des percussions, certains apports sporadiques electros et quelques phrasés narratifs en voix claires.

Le chaos continue avec le vingtième chapitre de la descente aux enfers qu’est Zarach Baal Tharagh capturé dans le fantastique split avec Stigma Diabolicum. Y a t il vraiment besoin de présenter la bête de Luc Mertz ?! Non !!! Tout n’est ici que mort, désolation et primitivisme ! Musik For Sickos !!!

Vient le tour de Jean Michel!!! Bien avant écoute, le vue de ce nom de groupe m’a fait craindre le pire ; L’écoute du sample d’ouverture ne m’a pas inspiré les meilleures augures mais, finalement, le track qu’est « Inspecteur Jean Mich » lorgne vers un Brutal Death Grind pachydermique assez classique. Rien de déplorable donc, même si ce qui semble être l’esprit général de ce projet m’apparaît comme un peu trop rigolard.

« Torture » de Dvorhead accélère nettement le tempo mais reste ancré dans le même genre. Amis de la poésie bonsoir !! Place ici à du Brutal Death Grind suintant et caverneux de bonne facture qui ne décevra probablement pas les amateurs du genre.

Encore une barre plus haut, Detrituts De Fetus Avortés avec son track du même nom reprend le flambeau. Il s’agit probablement ici de la plage la plus brutale de cette rondelle soutenue par un son énorme, une violence intérieur incontinente et, une technique tout à fait correcte. Excellent.

Après cette déferlante Death Metal, il semblait nécessaire de rétablir l’hégémonie du Black Metal et, Dayghon vient remettre les choses à leur place. Ce groupe faisant directement référence aux grands anciens des royaumes Chtoniens expose via ce « The Manor Of Darkness » un Brutal Black traditionnel mais efficace et de qualité. La violence est de mise et, de ce simple fait, j’incite vivement ceux qui liront ces lignes à tenter de se procurer la démo 2001 intitulée « Midnight Ritual »

Nouveau changement de genre après la déferlante avec « Conjuration » de Stigma Diabolicum, la seconde entité dirigée par Luc Mertz. Ce track de Dark Ambiant est extrait du fantastique split avec Zarach Baal Tharagh précédemment évoqué et déjà chroniqué en nos pages. A déconseiller aux liquéfiés du bulbe !!!!

Cette interlude Dark Ambiant touchant à sa fin, Funeral Holocaust nous ramène à la violence du Black Metal avec un morceau live ravageur, bestial et totalement orgiaque qu’une fois de plus je ne saurait que trop conseiller. Totalement Old School, Raw et immoral soutenu par une prod crépitante et rustique. Aaaarrrgghhh !!!!!!

Luc Mertz est omniprésent sur les froides terres Lorraines !!!! J’en veux pour preuve la quiziéme plage renfermant « Sacrifice », track de Belzebul extrait de la split démo Belzebul / The Dead’s Song / Terror. L’on retrouve ici un démon du passé à mi chemin entre la violence et la haine de Z.B.T. et l’aversion vertigineuse de Stigma Diabolicum. A conseiller aux plus équilibrés !!! Sick !! Sick !! Sick !!

Enfin, cette débauche se termine avec Puanteur De Charnier. Ce nom de groupe à toujours exercé une certaine fascination sur mon esprit pervertit et, ce que j’en ai retenu ne déçoit pas cela !!! Ce « Résidus Sensoriels Et Detrituts Corporels » vomit sur la démo « Conglomérat De Bulles Iridescentes Et Du Petit Polyèdre Kaléidoscopique » de 2003 est probablement le track le plus malsain de cette galette. Point de Black Metal, de Death ou de Grind ici, tout n’est qu’indus hermétique, ambiant nécrotique, et ritual vertigineux. L’aversion qui se dégage ici est très dense et, je dois bien admettre que même si je suis habituellement totalement réfractaire à ce type d’expression artistique, il se pourrait bien que le jour où une balle traversera dans la solitude ma boite crânienne ou, où on corps maculé de déjections s’embrasera artisanalement sur un linceul improvisé, ce track fasse partie de ma play list mortuaire.

En conclusion, je ne glorifierais jamais assez cette initiative et, j’attends la suite.

Contact :
Foedus Aeternus
C/o Reich Stéphane
12, rue R. Schuman
57855 St Privat La Montagne
France

Sperma Syphilikum