ReGOREgitated Sacrifice
2007 (Lucifer Valentine)

Ca faisait longtemps que je n’avais pas attendu la suite d’un film avec impatience, mais SLAUGHTERED VOMIT DOLLS m’avait mis une bonne claque et imposait véritablement un style à part, mêlant le sang à la gerbe tout en arrivant à faire réfléchir et même à subrepticement émouvoir ! Je ne pouvais qu’en redemander…  

Ici, c’est l’apparat qui change tout d’abord, tant la forme, bien que toujours susceptible de provoquer de belles crises d’épilepsie chez certains, est bien plus « clean » et pro que dans le premier opus… Bien sûr, tout est relatif, mais un certain vernis de crasse a effectivement disparu, ainsi qu’une certaine surprise quand au contenu, et pourtant ça marche du tonnerre encore une fois…   

Oui on retrouve encore cette Amaera La Vey, égérie du réal, tour à tour sublime, pitoyable ou repoussante selon les plans, qui confiera ses tourments (post-mortem !) à un bourreau/amant invisible, ceci mêlé comme dans le premier opus à des exécutions de pintades qu’on aura préalablement fait bien vomir partout…    

Les deux principales nouveautés sont l’apport d’un nouveau personnage à savoir une entité de jumelles au petit nez pointu et fidèles filles de Satan, qui se chargeront de rabattre la volaille, de l’apprivoiser, de la saouler, puis de la tabasser, faire vomir, éventrer, puis refaire vomir en lui enfonçant ses propres tripes dans la bouche… Tout un programme.       

Les effets gore sont véritablement convaincants et en imposent, un véritable déluge rubicond, à faire passer le premier opus pour timoré, d’autant plus qu’après le Vomit Gore, Lucifer Valentine s’attaque au Porno Vomit Gore, et on aura droit à plein de vagins rasés, de douches dorées sur l’heureux objectif de la caméra, à une turlute pour le moins mouvementée…           

Toujours plus de tripes, un peu de foutre, toujours plus de gerbe (même à la deuxième vision, il y a un passage qui m’a moi-même provoqué des haut-le-cœur accompagnés de gloussements pervers) et surtout heureusement pas que cela, mais encore des pistes narratives intéressantes perdues au milieu de ce salmigondis de traumas divers et variés qui semblent tous converger dans l’esprit malade de l’héroïne…        

Et voilà que je me suis encore retrouvé à cogiter sur les liens possibles entre réalité et délire dans le film, même si ici le « scénario » est bien plus explicite que dans le premier opus, qui lui restait assez cryptique… Là on pourrait presque reprocher à la chose d’être trop évidente, comme cet hommage final un poil lourd à un certain suicidé de Seattle… Mais ne vous méprenez pas, le tout est toujours aussi hypnotisant, et s’expérimente comme un véritable rituel de purge satanique…    

Plein de génisses bondagées à poil, se faisant dessus avant de s’immerger dans les renvois gastriques quand elles ne boivent pas leur propre pisse, deux petites coquines pratiquant le happy-slapping couvertes de sang avant de se taillader bien profond, un passage qui est peut-être un hommage aux perlouzes de chez Genki (et qui ne sombre jamais dans le ridicule alors qu’il y avait de quoi), et une torture assez raffinée qui je l’avoue m’a fait frissonner pour la victime (et pourtant j’en ai vues des tortures salaces au cinoche…)   

Non, rien à redire, encore un rituel parfaitement exécuté pour le père Valentine : une actrice/muse/victime fascinante à force d’auto-humiliation, deux aguichantes jumelles dont j’utiliserai bien le bout du nez à des fins personnelles, un beau bain de sang, de foutre, de gerbe, de haine et de peur, et on se plaît à imaginer que le tout pourrait aller encore bien plus loin…

Chef d’œuvre (encore).

Arsongod