Nekromantik
1987 (Jorg Buttergeit)

Aaarrgghhh ! Ce film est a mettre sur un piédestal, Pour ma part il se classe parmi les quatre grands classique que se doit d’avoir tout cinéphile averti, que sont : « Massacre à la tronçonneuse », « Cannibal Holocaust », et « La dernière maison sur la gauche ». 

Ce film est le premier court métrage de Jörg Buttergeit, notamment connu pour sa collaboration avec Olaf Ittenbach, sur « Garden of Love ». C’est en 1987, que Jörg réalise ce petit bijou, à l’âge de 24 ans, en Super 8mm. Il a été distribué en France sous Haxan Film.

Il nous sert ici, un film très personnel, en nous abreuvant des deux tabous les plus essentiels du genre humain, le sexe et la mort.

Nekromantik met en scène un gentil petit couple, Rob et Betty, qui vivent dans un appart des plus miteux, rempli d’organes des plus délectables, telles que mains coupés, yeux, cœurs et autres fœtus…

Toutes ces petites douceurs, que Rob ramène a sa douce et tendre, vienne du fait que Rob exerce un métier tout particulier, il fait partie d’une équipe qui est chargé de "nettoyer" la route après des accidents de voiture. Et voilà que tout naturellement, un jour il ramène un joli cadavre dans un état avancé de décomposition, qu’il a dérobé sur un lieu d’accident. ( Ce petit chapardage est d’ailleurs, la scène qui ouvre le film).

S’ensuit alors, un triangle amoureux digne des plus grandes love story hollywoodienne, Rob, Betty et le cadavre. Voilà qu’ils se mettent à le caresser langoureusement avant de lui faire l’amour. D’ailleurs cet amour que porte le couple pour ce cadavre est désarmant de tendresse, et qui plus est renforcé par une musique douce et mélodieuse, rappelant cette bande son de quelques film érotiques italiens de la grande époque. Ce qui me donne presque envie de m’ adonner avec eux à ces jeux interdits, mais la morale toute puritaine que m’a inculquée ma grand-mère, me défend au plus au point, de me laisser tenté par ces vils instincts. 

Mais voilà que Rob perd son travail, Betty le quitte et emmène l’objet de luxure et de perversion, préférant tout naturellement le coït post mortem.

C’est alors que tout s’enchaîne dans une frénésie toute salvatrice, Rob tue le chat qu’il voulait offrir a sa belle, avant de se baigner dans son sang, part voir un film d’horreur pour se changer les idées, (quoi de plus normal), se « paye » une pute qu’il essaie désespérément de baiser dans un cimetière

Et vous vous en douter il n’y parvient qu’après l’avoir tuée. Il devient un nécrophile frustré, et, dans un final inoubliable, il connaît le plaisir ultime. Ce doux acte accompli, il s’endort tout naturellement du sommeil du juste. Malheureusement il doit s’enfuir car le gardien du cimetière, le réveille. De rage et de dépit, Il rentre chez lui et se masturbe tout en se poignardant.

La dernière scène reprend une de celle qui ouvre le bal, ou l’on voit son père tué son animal préféré lorsqu’il était enfant, un petit lapin. Tournée sans émotion, c'est, paraît-il, la scène la plus censurée en Europe. Allez savoir pourquoi ? 

Ainsi Nékromantik brise le dernier tabou, de notre société, après les lesbiennes et autres gayseries, la pédophilie, voici la Nécrophilie. C’est un film vraiment étrange en tout point, on a presque l’impression de regarder un de ces documentaires sur arte, style « Kurtz-Schluss », Ce qui renforce ce coté intime et « claustrophobique », c’est grâce a la caméra super 8, cette image granuleuse, sale, qui amplifie le sentiment de malaise . Il n’y a pas à dire ce film est sans morale, sans concession, en bref c’est un très bon film d’auteur, ainsi qu’un grand film d’amour…

Nilfheim