Naked Blood
1995 (Toshyasu Sato)

Malgré les critiques acerbes et rutilantes de certains torchons hideusement bien pensants, selon lesquelles T. Sato serait un Cronenberg de bas étages ou encore que son propos sur l’onanisme tourne vite à la psychothérapie personnelle, cette œuvre nauséabonde en provenance de l’underground japonais reste un des joyaux les plus ultime de décadence et de violence trash de toute la création !

Pour preuve : Cette monstruosité s’est vue être interdite de passage en France par les fiottes couillues qui tirent les ficelles du CSA !

Naked Blood conte l’histoire d’un scientifique qui, durant toute son existence, aura tenté de mettre au point un sérum suprême permettant d’effacer tout sentiment de souffrance chez la vermine humaine. Lorsque sa mort l’emporte vers une putrescence inéluctable, son fils reprend ses travaux.

En un jour heureux et plein d’allégresse, ce dernier pense avoir trouvé la formule tant convoitée. Débute alors une vaste campagne d’expériences sur quelques jeunes représentantes de la gente féminine, à leur insu, qui se trouvent enfermée dans les cellules d’un hôpital.

Il se met alors comme tout savant sadique et insensible qui se respecte à étudier leur comportement en les suivant et en les filmant avec une caméra.

L’on retrouve dans ce dernier point une des préoccupation majeure du réalisateur : Le voyeurisme ; La réalité et la perception sont au cœur de plusieurs de ses films et, cela notamment au travers de l’usage d’ordinateurs ou de caméras.

Cet opus de déviances sexuelles et de sadisme prends véritablement son envol et toute sa dimension perverse lorsque la formule commence à produire ses fruits. Vont dés lors s’ensuivre une succession de passages sadiques au plus haut point avec parfois des gros plans quasi insoutenables où le réalisateur explore certaines facettes interdites de l’anatomie humaine :

Ainsi, l’une des quelques femelles captives entreprend de s’adonner à une forme de piercing des plus artisanal et primitif en commençant par s’enfoncer une aiguille dans l’oreille puis progressivement en se mutilant le reste du corps suivant la même méthode et, en oubliant aucune partie sensible et érogène ; Une autre cobaye se plonge une main dans de l’huile de friture pour la dévorer panée, puis la troisème de s’arracher le clitoris et de l’ingurgite goulûment, de se charcute avec appétit un téton et, pour finir de se découpre l’œil pour le manger…

A noter que cette dernière scène est une agression directe et cruelle destinée au spectateur ; Ce genre de scène se retrouve sur d’autres pellicules de T. Sato ; L’œil est à son sens l’outil essentiel pour appréhender la réalité et, cette mutilation précise et concise fait du spectateur larvaire et passif une victime de son propre voyeurisme.

Quoi qu’il en soit, dans ces séquences, toutes plus surréalistes les unes que les autres, dans chacune des expériences, la douleur est remplacée par une forme de jouissance malsaine purement sexuelle.

Cette approche fait que, malgré la gratuité apparente du sadisme ici présent et, les déviances extrêmes ici traduites, Naked Blood est pour tout profane en matière de SM un film qui permet vraiment d’appréhender et de comprendre les notions même du SM ; Cela même si traditionnellement l’occident et l’Orient n’ont pas tout à fait les mêmes manières d’aborder le sado-masochisme : Habituellement, là où en occident la démarche est terriblement sérieuse _ véritable perversion sexuelle qui associe les pulsions sadiques et masochistes et, véritable détournement sur un objet extérieur de la pulsion de mort_ et, est réservée à une fange bestiale de la population ; En orient et, notamment au Japon, bien que la violence sexuelle y soit extrême et puise ses origines dans les tréfonds de la culture japonaise, la façon de faire est beaucoup plus populaire, et donc fantaisiste (La banalisation de rites tels que le Shibari ou encore l’Ero-Guro en témoigne) ; Le but est différent : Dans les cris de souffrance et les chairs ouvertes, le Japon semble chercher une réponse au mystère humain ; Il force à travers le corps, le secret de la peine et du plaisir…

Cette pièce ultime est donc de façon sous-jacente et au delà de l’orgasme que procure la violence crue de l’image un parfait moyen de dévoiler les bribes de SM et de plaisir sadique que chacun cache profondément et honteusement dans son être. 

Sperma Syphilikum & Norsk