Moi, zombie - Chronique de la douleur -
1997 (Andrew Parkinson)

Exceptionnel de morbidité et de répulsion !!!
Rarement une œuvre cinématographique a été aussi loin dans la démonstration de la déchéance humaine, la souffrance mentale, la décrépitude physique et du désespoir.
« I Zombi _Chronicle Of Pain » de son vrai nom est implacablement malsain ; Il dépeint avec une froideur viscérale, une qualité d’image quasi propagandaire qui tient presque du documentaire, une descente aux enfers monumentale.

L’histoire est celle d’un ridicule individu qui, emplit de cet infâme altruisme typiquement humain, vient un jour en aide à une femelle laissée pour morte et atteinte d’un mystérieux mal. 
Cet élan de pitié se solde d’une morsure.
S’ensuit alors une irréversible dépression nécrotique des chairs.

Les hostilités commencent réellement ici de même que le véritable intérêt de cette œuvre :
En effet le protagoniste se trouve au travers d’un isolement et, d’un rejet total de toute vie sociale, familiale… face à la propagation pourrissante de la maladie avec tout ce que cela implique en terme de névroses et de dégoût :
Torturé entre ses instincts cannibales et son écœurement, il lui faut tuer et dévorer pour satisfaire et assouvir ses pulsions grandissantes.
Prisonnier de sa solitude il tente inlassablement d’échapper à la moisissure et les purulences qui le gagnent tandis que ce qui lui reste d’humanité le quitte peu à peu.
Il n’y a aucun apaisement, aucune accalmie, le malaise va crescendo ; Le sommeil est pire que la réalité, il est le théâtre de cas de consciences et du souvenir harcelant et douloureux des victimes qui ne tardent pas à s’accumuler avec puanteur. 
La conscience _élément si spécifique à l’homme, souvent considérée comme salvatrice et facteur d’équilibre_ devient donc ici quelque chose de proprement insupportable, de destructeur et d’inhumain.
Ce film des plus underground à donc une connotation beaucoup plus psychologique et maladive qu’horrifique, les passages gores, judicieusement placés, étant faits pour renforcer le malaise et le désespoir ambiant.
De cet état d’esprit appuyé d’un réalisme impressionnant et d’une bande son minimaliste et dépressive résultent un certain nombres de scènes anthologiques et vouées à devenir cultes :
Entre autres, le passage où du fait de son isolement de longue date le protagoniste ressent le besoin de se vider des ses liqueurs séminales devant la photo de sa regrettée femme ; L’acte pitoyablement masturbatoire et l’évacuation ultime, mélange de plaisir intimiste et de douleur, se soldant par la chute de son membre cramoisi …
Ou encore le moment où il utilise une barre métallique, une perceuse et des vis pour tenter de re solidariser son tibias putréfié et brisé….

En conclusion « Moi Zombie _Chronique De La Douleur » est un joyau traumatisant et choquant (Du moins pour tous les faibles qui se gavent du ridicule box-office US)
Une pièce de choix à posséder !!

Verrukose Urethra