
Exceptionnel
de morbidité et de répulsion !!!
Rarement une œuvre cinématographique a été aussi
loin dans la démonstration de la déchéance humaine,
la souffrance mentale, la décrépitude physique et du désespoir.
« I Zombi _Chronicle Of Pain » de son vrai nom est implacablement
malsain ; Il dépeint avec une froideur viscérale, une qualité
d’image quasi propagandaire qui tient presque du documentaire, une descente
aux enfers monumentale.
L’histoire est celle d’un ridicule individu qui, emplit
de cet infâme altruisme typiquement humain, vient un jour en aide
à une femelle laissée pour morte et atteinte d’un mystérieux
mal.
Cet élan de pitié se solde d’une morsure.
S’ensuit alors une irréversible dépression nécrotique
des chairs.
Les hostilités commencent réellement ici
de même que le véritable intérêt de cette œuvre
:
En effet le protagoniste se trouve au travers d’un isolement et, d’un
rejet total de toute vie sociale, familiale… face à la propagation
pourrissante de la maladie avec tout ce que cela implique en terme de
névroses et de dégoût :
Torturé entre ses instincts cannibales et son écœurement,
il lui faut tuer et dévorer pour satisfaire et assouvir ses pulsions
grandissantes.
Prisonnier de sa solitude il tente inlassablement d’échapper à
la moisissure et les purulences qui le gagnent tandis que ce qui lui reste
d’humanité le quitte peu à peu.
Il n’y a aucun apaisement, aucune accalmie, le malaise va crescendo ;
Le sommeil est pire que la réalité, il est le théâtre
de cas de consciences et du souvenir harcelant et douloureux des victimes
qui ne tardent pas à s’accumuler avec puanteur.
La conscience _élément si spécifique à l’homme,
souvent considérée comme salvatrice et facteur d’équilibre_
devient donc ici quelque chose de proprement insupportable, de destructeur
et d’inhumain.
Ce film des plus underground à donc une connotation beaucoup plus
psychologique et maladive qu’horrifique, les passages gores, judicieusement
placés, étant faits pour renforcer le malaise et le désespoir
ambiant.
De cet état d’esprit appuyé d’un réalisme impressionnant
et d’une bande son minimaliste et dépressive résultent un
certain nombres de scènes anthologiques et vouées à
devenir cultes :
Entre autres, le passage où du fait de son isolement de longue
date le protagoniste ressent le besoin de se vider des ses liqueurs séminales
devant la photo de sa regrettée femme ; L’acte pitoyablement masturbatoire
et l’évacuation ultime, mélange de plaisir intimiste et
de douleur, se soldant par la chute de son membre cramoisi …
Ou encore le moment où il utilise une barre métallique,
une perceuse et des vis pour tenter de re solidariser son tibias putréfié
et brisé….
En conclusion « Moi Zombie _Chronique De La Douleur
» est un joyau traumatisant et choquant (Du moins pour tous les
faibles qui se gavent du ridicule box-office US)
Une pièce de choix à posséder !!