Les Guinea Pig
1988 - 1992 (Hideshi Hino, Kazuhito Kuamoto, Kuzumi Masayuki, Hajime Ejiki)

Guinea Pig 1 :
Devil Experiment – 1988 - Hideshi Hino

Guinea Pig 2 :
The Flowers of Flesh and Blood – 1990 - Hideshi Hino

Guinea Pig 3 :
Mermaid in a Manhole – 1991 - Hideshi Hino

Guinea Pig 4 :
Androïd of Notre-Dame – 1992 - Kazuhito Kuramoto

Guinea Pig 5 :
He never dies – 1992 - Kuzumi Masayuki

Guinea Pig 6 :
Devil woman doctor – 1992 - Hajime Ejiki

 
Moi qui pensais avoir tout vu en matière de films gores, je dois avouer qu’avec cette série, j’en ai eu pour mon grade. Y’a pas à dire, les japonais sont les champions du monde toutes catégories dans la discipline et là, ils ont fait très fort.

Les Guinea Pig ne sont pas à mettre devant tous les yeux, il convient d’avoir le cœur et l’estomac bien accrochés tellement c’est crade et dément.

Cette suite de films vise clairement à provoquer le dégoût chez le spectateur et les moyens employés sont conséquents mais de manière inégale selon les épisodes.

Mais ne vous attendez pas à assister à un remake granguignolesque de Screem ou un épisode de Freddy, non, là, visiblement, on joue pas dans la même catégorie, ici, on fait des films d’hommes qui ont des tripes, pas des niaiseries hollywoodiennes pour ados en mal de frayeurs.

(La série des cobaye ou « Za  de Ginipiggu’ » dans la langue des samouraïs regroupent sept film, ainsi que  deux documentaires et un « abatage spécial ». Cette série sort tout droit de l’esprit perverti des nippons, et  a été réalisée entre 1985 et 1991. Ayant acquit une notoriété jamais remise en question depuis que son inventeur Satoru Ogura, producteur / réalisateur, a mis sur pied cette série avec une grande éloquence.

Cette notoriété a démarrée réellement en 1991 lorsque un certain acteur américain appelé Charlie, a mis le nez sur le premier du nom »Devil’s experiment », et en a déduit que d’une façon ou d’une autre ce ne pouvait qu’être de vrais scènes d'un « snuff » en quelque sorte. Son choc était tellement grand, qu’il en a fait une affaire personnelle, découvrant les joies de la délation, il rapporta toute la série devant l’association cinématographique américaine et le F.B.I,qui arrêta la distribution sur le marché américain et partout dans le monde ( que dieu bénisse l’Amérique ).

Bien sûr ces films ont inspiré bon nombre de meurtriers au japon, comme celui qui a retranscrit tout le scénario de Flower od flesh and blood.

Quand Flower od Flesh and Blood  a été distribué par JVH, le public a été tellement choqué que les distributeurs ont décidé de changer carrément l’optique des films suivants, ils sont répulsifs certes, mais plus « comiques ».)

 

Guinea Pig 1 : Devil Experiment – 1988 - Hideshi Hino

Pour un premier épisode, on pouvait difficilement imaginer plus malsain, et plus dérangeant car on s’en pose des questions tout au long du film. Celui-ci ne dure que 48 minutes mais c’est intense, on en prend plein la gueule pour pas un rond. En fait la question qui vient immédiatement à l’esprit, c’est : c’est un snuff movie ou une fiction ? La mise en scène est pour le moins assez déroutante dans la mesure où on n’aperçoit que très peu les acteurs qui sont le plus souvent hors champs et cagoulés et on se demande comment le réalisateur a réussi à convaincre une actrice de jouer dans ce film.

L’histoire de ce film est des plus simple : 3 types, certainement des jeunes désoeuvrés qui savent pas quoi foutre de leur vacance d’été et qui n’ont rien trouvé de mieux que de kidnapper une jeune femme pour avoir le plaisir de lui faire subir les pires tortures et ce de manières graduelles. Disons qu’au début, c’est soft, elle reçoit des claques sur le coin de l’oreille puis ça s’aggrave un peu, puis encore un peu, puis un peu plus. Enfin bon, je ne vais pas tout vous dire si ce n’est qu’il est vraiment dure de regarder ça jusqu’au bout tellement ça met mal à l’aise.

C’est pas franchement gore comme film, c’est plutôt cruel et c’est certainement ça qui refroidi le plus le spectateur, seule la scène finale est trash car on a droit à un crevage d’œil de profil plus vrai que nature. Il y a aussi une chose qui m’a interpellé, j’ai eu l’impression que le film ne se termine pas, car tout au long du film, à certains moments, on voit la malheureuse victime suspendue à un filet en plein milieu d’un bois bien éclairé ce qui contraste bien avec la salle des tortures bien noire ; et bien tout à la fin, on revoit la fille qui n’est plus que l’ombre d’elle-même dans son filet et ça s’arrête là comme si ce n’était pas fini, qu’elle allait en subir encore davantage et ça ne fait qu’enfoncer le clou et ça accentue le sentiment d’impuissance que l’on ressent en voyant ce film. Autre chose qui a son importance, aucune indication sur les noms des acteurs à la fin du film pour faire croire à un snuff-movie et ainsi obliger le spectateur déjà sous le choc à s’interroger longuement. 
 

Pour résumer, voilà un premier épisode qui donne tout de suite le ton, on voit qu’on a pas affaire à des rigolos et que le but du jeu est de traumatiser les plus durs d’entre-nous. Je ne voit pas grand-chose d’autres à ajouter si ce n’est que la durée du film donne davantage l’impression d’un essai ou d’un film amateur plutôt qu’une œuvre cinématographique pleinement réfléchie et scénarisée.

Voilà un film qui laissera une trace dans nos mémoires.

 

Guinea Pig 2 : The Flowers of Flesh and Blood – 1990 - Hideshi Hino

Cet épisode ne peut laisser indifférent et bien rares seront ceux qui auront assez de tripes pour regarder jusqu’au bout sans vomir. Un conseil, soyez ajunt car c’est vraiment hard. J’ai l’impression que le seul objectif de ce film est de provoquer le dégoût et la nausée car le scénario est totalement inexistant. L’histoire est celle d’une jeune femme kidnappée par une espèce de maniaque dépravé complètement atteint de la tête qui va finir joyeusement découpée en morceaux. Le type est soit un nostalgique du temps des Samouraïs, soit c’est carnaval, son accoutrement le laisse penser en tout cas. Quoi qu’il en soit, il prend soin d’expliquer chacune de ses manipulations chirurgicales.

En dehors du démembrement méticuleux de la victime on a l’impression que le psychopathe n’est pas seul, la façon dont c’est filmé laisse penser qu’il a un complice, ce qui accentue l’aspect lugubre et glauque du film. Les plans sont parfois grossiers et se montrent même assez maladroits. Toutefois, on ne peut que saluer la performance des techniciens des effets spéciaux tant ces derniers sont bluffants de réalisme, s’en ai gerbant.

On ne parle que trop rarement de l’ambiance sonore et bien celle-ci mérite d’être souligné car elle contribue sérieusement à rendre les scènes vraiment crédibles et crades, les bruitages d’opérations rendent bien l’horreur du film, fermez les yeux, vous vous croirez vraiment dans une salle d’opération, si bien que même les yeux bandés on peut quand même avoir les poils se dresser.

Une fois sa tâche accomplie, qu’est-ce que le bourreau peut encore faire subir à sa victime totalement impuissante puisqu’elle n’a plus aucun moyen de défense ? Et bien un arrachage d’oeil à la petite cuillère bien sûr et là encore, on sera stupéfait par le réalisme du trucage employé. On en vient à avoir mal pour soit, c’est vous dire.

Voilà un Guinea Pig bien déviant et choquant au possible. La mise en scène, l’ambiance et la qualité des effets spéciaux en font un chef d’œuvre du gore japonais que je conseil à tous ceux qui se sentent blasés et qui n’ont pas de cœur. En effet si le premier épisode servait de hors-d’œuvre à la série, cet épisode-là est tout bonnement ignoble de par son contenu, je n’imaginais pas un instant voir ça un jour. En tout cas, si la vue du sang vous fait peur ou bien si vous êtes cardiaque, évitez ce film, ça pourrait vous être fatal et je pèse mes mots.

 

Guinea Pig 3 : Mermaid in a Manhole – 1991 - Hideshi Hino

Cet épisode est aussi beau que choquant par les images montrées.

C’est l’histoire d’un amour impossible entre une jolie sirène qu’un artiste peintre trouve dans les égouts. Visiblement elle ne semble être dans son assiette, alors, il la ramène chez lui et tente tant bien que mal de soigner sa vilaine blessure. Il l’installe confortablement sans sa baignoire et entreprend de faire son portrait mais voilà, la belle souffre d’un mal aussi répugnant qu’incurable ; en effet, des pustules gluantes font irruption sur son bas ventre et envahissent irrémédiablement l’ensemble de son corps. Les pustules laissent échapper une sorte de pue coloré que le peintre utilise pour faire sa toile n’hésitant d’ailleurs pas à utiliser un scalpel pour en extraire le précieux liquide. La maladie atteint son paroxysme au moment où les pustules font jaillir du corps de la malheureuse des nuées de larves grouillantes comme si les pustules n’étaient en fait que les œufs dans lesquels se développaient les vermines.

 

La fin est triste car le peintre se voit contraint d’achever son modèle à grands coups de scies sauteuses Black & Decker. De toute façon, elle ne servait plus à rien, alors autant en finir.

 

 

 

Cet épisode de la série des Guinea pig est davantage un film d’amour qu’un film gore sauf la scène finale mais bon… Cet épisode ne donne pas envie de rire du tout, point d’humours, tout est très sérieux, il n’est pas violent et aucune scène de cul ne vient gâcher le scénario. Tout le film repose sur une ambiance vraiment glauque et par moment franchement gerbante. C’est à mon avis le plus vomitif de tous. Le fait de remplacer l’hémoglobine par des asticots va sans doute contribuer à en refroidir plus d’un. Là encore, ce n’est pas un film que je conseillerai après un bon repas.

 
 

Guinea Pig 4 : Androïd of Notre-Dame – 1992 - Kazuhito Kuramoto

La médecine et ses dérives ou l’histoire d’un nain qui essai de sauver sa soeur par tous les moyens possibles et imaginables et qui fini par se rabattre sur un généreux mécène qui avait un trop bon cœur au propre comme au figuré. Ouais bof, y’a mieux et même beaucoup mieux. Où est le gore qu’on était en droit d’attendre ? Y’en a bien un peu mais ça n’a rien de vraiment crade. Les effets spéciaux ne sont pas terribles. Le scénario aurait pu être sympas mais on sent vraiment qu’il y a soit un manque de moyens soit un manque de motivation et que dire du jeu des acteurs si ce n’est que n’importe quel blaireau dans la rue pourrait faire au moins aussi mal.

Enfin bref, ce n’est pas convainquant, c’est plat, creux et on s’fait chier à regarder ça, encore heureux que ça ne dure pas 3 heures. Cet épisode est sans nul doute le plus minable de la série et c’est rien de le dire.

 

Guinea Pig 5 : He never dies – 1992 - Kuzumi Masayuki

C’est à mon avis un épisode bien décevant de la série. Certes il est gore mais on s’ennuie rapidement. C’est l’histoire d’un type qui veut en finir avec la vie mais qui constate qu’il est insensible à la douleur et qu’il ne peut pas mourir. En gros, il s’agit d’une histoire bien farfelue qui donne plutôt envie de pleurer de désarroi. Si encore le film était triste ou lugubre mais même pas, c’est comique, et là je pose la question : où est la crédibilité là dedans ? Nulle part ma bonne dame. A aucun moment on y croit, heureusement les effets spéciaux sont à la hauteur et sont quant eux vraiment réalistes. Au début un mec nous bassine inutilement sur les phénomènes inexpliqués de ce monde et nous présente l’histoire de ce japonais comme s’il s’agissait d’un cas comparable avec les ovnis ou le triangle des Bermudes et nous certifie que ce film est représentatif de la réalité.

Que puis-je dire d’autre sur ce film si ce n’est qu’en dehors de nombreuses, très nombreuses scènes bien gores, il ne me laissera pas un souvenir impérissable.

 

Guinea Pig 6 : Devil woman doctor – 1992 - Hajime Ejiki

Ce Guinea Pig là a au moins le mérite d’être assez original car il met en scène les tribulations d’une doctoresse drag-queen complètement déjantée qui pratique des expériences sur le thème de la douleur mais bon, c’est plutôt léger et assez humoristique. Pour un dernier épisode de la série, ça contraste énormément avec le premier épisode. Dans ce film, on a droit à une succession de « gags » plus ou moins sanglants mais à de là dire que c’est dégueu, faut pas pousser. La doctoresse nous montre dans ce film ses meilleurs cas, ainsi on voit un patient qui a une main hantée, un autre qui pourri à vu d’œil, une bestiole qui terrorise une pauvre fille dans un parking et on a même droit à une sorte de bêtisier à la fin, que demande le peuple ?

Cet épisode est marrant mais il n’y a pas de quoi s’épouvanter, et encore, quand je dis que c’est marrant, ça va 5 minutes.

Donc, pour finir avec les Guinea Pig, ce dernier opus est décevant tout comme le précédent. Ca allait de pire en pire, valait mieux que ça s’arrête, je n’ose imaginer ce qu’un 7ème épisode aurait donné. 

Conclusion :

Que pensez des Guinea Pig ? Et bien c’est plutôt mitigé, on se retrouve avec 3 films qui collent une claque à tout spectateur normalement constitué et 3 autres films franchement pas terribles voir même chiasseux et ce sont les 3 derniers qui sont les pires comme si les réalisateurs avaient mis leurs économies en communs dès le départ et qu’ils avaient bouffé tout le budget pour réaliser les 3 premiers en oubliant qu’il y en avait 3 autres à faire. Du coup, ils ont fait la manche et avec les 3 francs, 6 sous qu’ils ont gagné, ils ont embauché leurs familles et ils ont pondus 3 infamies qui ressemblent à rien.

Donc si vous voulez du bon gros gore vraiment dégueu qui fait pas dans la dentelle, optez aveuglément pour les 3 premiers épisodes, oubliez les 3 autres ou alors matez-les en avance rapide. Pas la peine de perdre du temps.

Vous voulez savoir comment il est possible de faire pire ? Je ne voit qu’une solution : vous faites la même chose mais au lieu d’utiliser des acteurs adultes, ayez recours à de la main d’œuvre infantile et là, vous ferez plus immonde que les japonais. Mais quel parent accepterait que son enfant joue dans un Guinea Pig même si on lui file 1 million d’euros ?

Ah ces japonais, capable du meilleur comme du pire mais toujours extrêmes dans tout ce qu’ils font et c’est pour ça qu’on aime leur cinéma.

Azaroth