Hei Tai Yang - Camp 731
1988 (Tun Fei Mou)

Outre les vingt millions de morts pour faits de guerre causés par les japonais entre 1931, date de l’invasion de la Mandchourie, et de la défaite de 1945, le Japon s’est illustré de part d’autres atrocités à caractère plus scientifique.

En 1935, un brillant bactériologiste japonais du nom de Shino Ishii crée à Toyo, dans la plaine mandchoue, l’Unité 731, chargée de réaliser des armes bactériologiques (bombes, bouteilles explosives, bombons aux bacilles d’anthrax et autres douceurs…). Il y recrutait surtout des jeunes entre seize et dix huit ans. Le quartier général de l’Unité 731 qui s’appelle d’abord « Unité Ishii », puis « Unité Kamo » était installé à Marbin, également en Mandchourie. Officiellement, il s’agissait du département spécialisé dans la prévention des épidémies et, l’approvisionnement en eau des troupes japonaises.

Cependant officieusement, la réalité était tout autre.

Afin d’essayer les armes mises au point, l’Unité 731 disposait d’une escadrille de sept avions chargée de disséminer les gemes produits ; Autrement dit, de les déverser sur les populations locales.

Comme les japonais disposèrent dans les années suivantes de prisonniers chinois, russes, américains, britanniques et autres chairs à canon, les dirigeants de l’Unité 731 ne se privèrent pas d’expérimenter sur eux certaines des armes qu’ils concoctaient. Ainsi ils leurs inoculèrent ou leur firent boire des produits infectés par les bacilles de la dysenterie, de la typhoïde, de la peste, du choléra…etc…etc… Deux bâtiments numérotés sept et huit et, très protégés, étaient affectés à ce type d’expériences et, peu de gens y avaient accès.

Ils pratiquèrent également sur leurs cobayes humains des expériences de vivisection sans anesthésie qui n’eurent rien à envier à celles des médecins nazis des camps de concentration allemands. Selon certaines sources, il y eut trois mille victimes à l’intérieur des camps, mais, cela était sans compter celles des épidémies de peste que déclenchèrent les lâchers par avions de puces infectées. Certains historiens estiment à deux cent milles le nombre total de victimes des expériences et des attaques bactériologiques.

L’Unité 731 était quasi clandestine, mais beaucoup de scientifiques de renom y travaillèrent.

En automne 1940, cette unité prit de l’ampleur et, cinq branches furent établies au nord est de la Chine. Les activités des deux bâtiments précités prirent encore plus d’ampleur avec leurs lots de tests réactifs aux gemes cultivés et à toutes sortes de vaccins ; De vivisections sur cobayes humais vivants.

Les médecins exposaient leurs victimes au gel pour tester les limites de la résistance humaine, injectaient de l’air ou de l’eau de mer dans leurs veines, les soumettaient à de violentes décharges électriques, les dépeçaient…

Outres les armes bactériologiques, l’Unité 731 produisait aussi des gaz de combat, de l’ypérite en particulier. Ces gaz furent également utilisés à de multiples reprises durant l’invasion de la Chine, entraînant, selon des sources chinoises, la mort de quatre vingt dix milles à deux cent milles personnes.

Seule la fin de la guerre stoppa les activités tumultueuses de l’Unité 731 après dix ans de bons et loyaux services.

Evidement ces événements ne furent pas rendus publics et, beaucoup de choses furent étouffées. Les personnes lucides reconnaîtrons bien là toute la finesse et la trademark de ces putains de yankees porphyroïdes face aux avancées des recherches !!!!! Tout semble en effet indiquer qu’il y eu un pacte secret entre Ishii et les autres responsables de l’Unité 731 d’une part et, d’autre part, le gouvernement de Mac Arthur, afin que les poursuites juridiques soient suspendues et, les crimes de ses responsables dissimulés aux tribunaux, à condition, bien évidemment que les travaux de l’Unité soient communiqués aux américains. Certains cadres de l’Unité 731 furent même intégrés dans l’armée américaine…

Les premières révélations sur les activités de l’Unité sont venues en 1981 du professeur Keiichi Tsuneishi, enseignant l’histoire des sciences qui qualifia l’Unité 731 d’ « Auschwitz Japonais ».

Le gouvernement japonais, qui a du admettre en 1982 l’existence de l’Unité 731, prétend toujours ne pas être en mesure de dire quelles en étaient exactement les activités, et, continue d’en interdire toute mention dans les livres d’histoire édités au Japon.

Un film chinois tenta de relater ces événements, « Hei Tai Yang 731 » (titre français : « Camp 731 » ; Titre anglais : « Man Behind The Sun » ou « Squadron 731 »). Datant de 1988, il a été présenté à Paris lors d’une séance unique au forum des images le 26 août 1999.

C’est précisément ici qu’entre en scène cet article dédié à la troisième réalisation de Tun Fei Mou et, autant prévenir tout de suite ceux qui n’auraient pas palpés l’ampleur de l’introduction des faits, le film mentionné ci dessus n’a rien à voir avec les niaiseries vaguement gores hollywoodiennes genre « Scream » habituellement conçues pour effrayer des ados en mal de sensations fortes car, il s’agit ici d’un film d’hommes, pour les hommes, les vrais, les durs, les purs, ceux qui ont les tripes bien sanglées.

Conformément à ce qu’il a été dit précédemment, toute l’histoire de ce film d’une heure quarante est basée sur un fait aussi réel que méconnu puisqu’elle relate avec une perfection nécrotique de quelle manière les japonais ont acquis une avance importante sur les armes chimiques et bactériologiques durant la seconde guerre mondiale sous le couvert de l’Empereur Hiro-Hito qui nomma un groupe de scientifiques afin que ces derniers trouvent une arme efficace contre l’ennemi. Toutes ces expériences sont dirigées par le lieutenant général Shino Ishii et, comme nous le savons désormais à notre plus grand délice, sont essentiellement réalisées sur des cobayes humains et, par la force des choses non consentants.

Ainsi, ce film qui tient davantage du documentaire que du film montre avec une précision jouissivement chirurgicale la foultitude de sévices et tortures pratiquées en cette sombre époque. Et, pour mettre en valeur toute l’horreur de ces splendides atrocités, Tun Fei Mou, le réalisateur, n’a pas hésité à accumuler, cinq ans durant, documents (dossiers classés top secret par les américains), archives (rapportées par les russes après la découverte du camp) et témoignages pour fournir au spectateur avertit certaines scènes filmées sans trucages ; Ainsi, pour exemple, la scène d’autopsie d’un enfant est bien réelle. Il est à noter qu’on fait visiblement ici peu de cas des lois interdisant la maltraitance des animaux sur les plateaux de tournage puisqu’on peut assister au sacrifice d’un chat qui est offert en pâture à des centaines de rats affamés pour l’occasion.

Face à « Hei Tai Yang 731 », la question qui nous vient à l’esprit est de savoir quel message le réalisateur à souhaité transmettre à travers ce troisième film ? Dénoncer des expérimentations passées ? Suggérer une certaine complaisance ? Sûrement. Ce qui est certain , c’est que Tun Fei Mou a un don évident pour choquer le spectateur faible, et au delà, marquer le spectateur avec des séquences franchement dures, même pour les plus habitués. Ce film ne peut laisser indifférent.

Le réalisateur n’en est bien sur pas à son coup d’essai et, ne compte pas en rester là puisque un autre film du même genre, intitulé « Hei Tai Yang Nan Jing Da Tu Sha » (1995) dévoile d’une manière plus que convaincante le martyre du peuple chinois sous l’occupation japonaise un peu avant la seconde guerre mondiale et, tout cela avec les mêmes acteurs (On ne change pas une équipe qui gagne)

Vous l’aurez compris, ce film n’est pas à mettre entre toutes les mains et devant tout les globes oculaires ; Si vous êtes un fervent défenseur de la ligue pour la protection des animaux, ce film vous révoltera sans aucun doute ; Si vous êtes une petite nature, vous serez horrifié. Par contre, si vous vouez un culte aux films dérangeants et, si vous en avez marre du « gore déviant commercial », alors, vous serez aux anges mais, en aucun cas, ce film ne vous laissera indemne.

Ce n’est pas pour rien que beaucoup ont vus en cette œuvre un caractère propagandiste outrancier et, ont affirmés qu’il s’agissait « malheureusement d’un film d’horreur très médiocre, donnant racoleusement dans le genre mais, bien sur, sans la distance comique propre à ces films. »

Azaroth &
Sperm. S.