Calvaire
2005 (Fabrice Du Welz)
Son dernier concert avant noël s'achève sous les applaudissements des ch'tits vieux et, sous les avances d'une des tenancières d'un de ces établissement où viennent mourir quelques vieillards délaissés par leurs familles, et, Marc Stevens reprend la route pour de nouvelles aventures, toujours plus trépidantes, mais voilà, notre héros des mouroirs se paume en plein milieu d'un bois en pleine nuit et, comme si ça ne suffisait pas, sous une pluie battante. Marc est seul dans son bolide, il fait froid, il flotte comme vache qui pisse et en plus, il fait noir, très noir lorsque tout à coup, semblant surgir de nulle part, un simplet cogne à la vitre du bolide de Marc. Ce dernier cherche sa chienne qui s'est perdue elle aussi. Cette rencontre entre Marc et l'autre golio marque un tournant décisif dans la vie de notre ami le chanteur au grand cœur. Le golio, dont je ne sais plus le nom, entraîne Marc dans la seule auberge du coin occupé par un individu solitaire et apparemment serviable, un certain Mr Bartel (un ex-humoriste). Marc, bien que contrarié de s'être retrouvé paumé dans le trou du cul du monde, s'accommode tant bien que mal de la situation et, c'est au cours d'une balade au fin fond de la campagne qu'il découvre avec stupéfaction que les bouseux locaux s'appliquent à dépuceler tendrement la chienne de l'idiot du village, qui n'est autre qu'une …. génisse. Le calvaire de Marc débute lorsque le père Bartel semble reconnaître en Marc sa femme qui a jadis pris la fuite. Au début, après l'avoir assommé avec la batterie de son camion, Bartel rase partiellement la tête de Marc et lui enfile les fringues de sa tendre épouse. Mais Marc, paraissant un peu mou, semble se prêter au jeu mais, tente de s'enfuir déchaînant ainsi la fureur de Bartel qui, le rattrapant, décide de le crucifier tel Jésus. Il faut savoir que Bartel est plutôt mal vu dans son village, il est pris pour un dingue, il faut dire que les autres villageois ne sont pas très frais non plus, il n'y a qu'à voir de quelle manière ils expriment leur joie : en dansant tels des pingouins bourrés au Ricard sur un air entraînant (un grand moment de musique classique). Enfin bon, Marc manque de conviction dans son rôle de femme soumise mais, Bartel est là pour le protéger des villageois jaloux de son bonheur retrouvé et, le soir du réveillon, ces derniers veulent leur part du butin qui n'est autre que le cul bien ferme de Marc. Une fusillade éclate et Marc parvient à fuir dans la forêt, non sans s'être fait enculer à sec sans vaseline au préalable. Et, c'est au petit matin que le film s'arrête nous laissant sur notre faim. Voilà pour l'histoire, maintenant qu'en penser ? Et bien selon moi, ça manque de pêche tout ça, c'est mou, sans réelle consistance et pourtant le potentiel était là, au début, on y croit, on s'imagine que ça va partir en couille, que ça va saigner dans tous les sens mais même pas. La victime est d'un mollesse affligeante, il a mainte fois l'occasion de se venger, mais non, il chiale bêtement, ne bronche pas non plus, on s'attend à des scènes de vengeances à la fin surtout et non, le film se termine par Marc regardant l'un de ses "sauveurs-sodomites" mourir dans un sable mouvant, il le regarde crever sagement, sans même prendre le temps de se vider les intestins dessus comme n'importe qui aurait fait. Ce film va à l'encontre de toutes réactions normales, on bondit sur notre chaise, un peu comme devant un match de foot en gueulant : "vas-y, qu'est-ce que t'attends, bouge-toi le cul !, Tue-le !". Ca en devient fatiguant mais, on regarde quand même jusqu'à la fin car on se demande si ça va chier à un moment donné. Au final, on reste là à rien dire pendant un moment, on se demande si le réalisateur n’aurait pas oublié quelques scènes dans le montage. On a l'impression qu'il manque une vraie fin. A la limite, une suite serait la bienvenue. C'est malgré tout un film intéressant, presque drôle par moment, la scène de danse dans le bistro est à pleurer de rire. Sinon, pour le reste, on éprouve de la peine et de l'indignation à l'égard de la "pauvre" victime devenue soumise sexuelle. Azaroth |