The Burning Moon
1992 (Olaf Ittenbach)

Avec « The Burning Moon » Olaf Ittenbach voulut réaliser l’un des plus grand film gore jamais réalisé. Il faut le reconnaître c’est un grand film, du moins pour le marché de la vidéo.

Nous avons ici affaire avec un jeune teenager, Peter, qui s’adonne avec délectation à la boisson et autres produits, cher aux toxicomanes, ainsi qu’a la violence gratuite, un bon petit pogrom entre amis lui apportant toujours grand plaisir.

Un soir ce jeune révolté qui a la rage au ventre se querelle avec le représentant de l’autorité paternelle, et se voit obligé de veiller sur sa petite sœur pendant l’absence de ses géniteurs.

C’est là que l’histoire devient intéressante. En effet, il va raconter deux jolies histoires pour endormir sa soeurette, la petite Anette.

Quel grand frère attentionné ! Force est de constater que la drogue va lui conférer une imagination des plus débordante et des plus fébrile. Car, plutôt que de conter de merveilleuses histoires, remplies de chevaliers blancs, de Winnie l’ourson et autres crapauds à larges bouches. 

Il va tout bonnement terroriser sa « kleinen Schweister », en l’abreuvant d’histoire remplie de meurtres, de mutilations épileptiques, des zombies comme s’il en pleuvaient. Le tout avec force détails visuels ! Un authentique déluge de tripes ensanglantées et de boyaux dégorgés. 

Je ne vous cache pas que ces histoires m’ont fort ému. Je suis sûr que, comme Sperma et moi-même, vous auriez aimé que votre mère vous raconte de telles comptines pour vous endormir, tout en caressant votre chère tête blonde. En fait, je crois, que c’est ce que faisait la douce génitrice d’Azaroth… 

La première histoire, décrit les déboires d’un Serial Killer, qui cherche l’amour avec un grand A, le véritable, l’unique. Ce tendre éphèbe piqué par la flèche de cupidon rencontre un joli brin de fille, sur laquelle il place de grands espoirs et espère comme tout un chacun avoir de fiers et beaux mâles enfants. Mais le hic, c’est que ce jeune homme est un tantinet sentimental. Il a une fâcheuse tendance à se montrer un peu trop possessif. Il exprime ainsi ses sentiments d’une manière fort peu commune, en massacrant, de jalousie, toute la famille de sa « promise », avec une joie délectable et une furie toute romantique… Comment ne pas tomber sous le charme après une si belle preuve d’amour ? 

Tout cela bien sûr orchestré dans un déluge gore comme sait si bien nous abreuver Olaf Ittenbach. Décapitations et démembrements sont au programme pour ce drame familial. 

Le thème familial est une notion récurrente chez Ittenbach, qui finit toujours ses films en apothéose visuelle, « Gore, famille, boucherie » sont déjà les maîtres mots de « Black Past » et de « Prémutos ». 

La seconde histoire est plus distrayante, elle me rappelle ces douces campagnes où il fait bon vivre, mais dont le village est frappé d’un terrible fléau. Le caractère lugubre de l’histoire racontée donne à ce film une atmosphère toute particulière, et une signification supplémentaire, sur la prétendue bêtise et ignorance du monde rural. 

Le prêtre de la paroisse est fort versé dans les « Ars Magica », et pratique ce genre de rituels où de frêles et timides jeunes filles perdent leurs innocences au nom du Seigneur. Ce curé fort débauché est poussé par un fanatisme que seul le démon sait inspirer. Il utilise à bon escient le précepte du « je t’invoque !! Et je t’encule !! ».Bien sûr, il effectue ses vilains penchants, en dehors de ses heures d’office.

Dans cette petite bourgade, les habitants ne se doutent pas qu’il puisse être le coupable, il est avant tout garant et dépositaire de l’ordre moral judéo-chrétien. Ils soupçonnent tout naturellement « l’idiot » du village, qui est recueillit et protégé par le prêtre.

Avides de vengeance les villageois décident donc de se défouler sur le pauvre homme diminué mentalement. Bien sûr, pour se décharger de toute culpabilité, ils désignent et payent l’un des leurs pour se charger de la basse besogne, celui-ci frappe tout naturellement sa victime avec un gourdin, cette scène est bien sûr servie par une musique sonore douce et mélancolique. Ceci afin d’augmenter l’aspect dramatique, Cette scène est aussi émouvante que violente, c’en est presque insoutenable !!!! Le prêtre rappelle donc d’entre les morts son « mignon démoniaque », battu à mort, afin qu’il se venge de son meurtrier et l’envoie en enfer… 

Cette vision de l’enfer que nous sert Olaf Ittenbach est proprement démente, grandiose et sublime. Le pécheur qui a le malheur de se retrouver dans cette antichambre de Belzébuth et consorts, est torturé de façon atroce par une sorte de cénobite. Les effets spéciaux sont sublime surtout dans la scène où est exposé un « remake » du Dentiste, Le cénobite troue les dents de sa victime avec une perceuse, et fouille ensuite son abdomen avec divers outils. Un moment de pur sadisme ! Le plus drôle est que ces deux protagonistes ne sont pas seuls. L’on peut apercevoir ici et là, des zombies et autres dévots impies se délectant de chaire fraîche ou avariée selon les goûts. 

Ces deux histoires n’ayant apparemment pas plu à la petite Anette, son frère la poignarde avant de se loger une balle dans la tête. Sans doute le fruit de l’orgueil !!!! 

Les moyens mis en œuvres, sont énormes pour ce genre de support, qu’est la vidéo, « The Burning Moon » a coûté environ 70.000 DM. Nul doute que pour son deuxième film Olaf Ittenbach, a réussit son pari, les effets spéciaux sont saisissants. La petite cerise, sur ce gâteau de merde, un making off a été diffusé… pour les amateurs.

Nilfheim