Black Past
1989 (Olaf Ittenbach)

Lorsqu’il ne s’adonne pas à sa profession de chirurgien dentiste, le maniaque teutonique qu’est Olaf Ittenbach se met au service de l’extrémisme audiovisuel pour y assouvir ses pulsions et probablement éviter de charcuter avec violence ses innocents et nécessiteux patients.

Ce réalisateur depuis longtemps reconnu et respecté par les adeptes dévoués à la boucherie cinématographique s’est déjà largement illustré avec des abominations telles que « Premutos », « The Burning Moon » ou encore « Legion Of The Dead », mais, ce « Black Past » goulûment dégueulé en 1989 nous resitue aux origines du mal puisqu’il s’agit de son premier véritable rejeton.

Pour situer le récit, « Black Past » narre l’histoire du jeune Tommy, incarné par Olaf Ittenbach en personne, qui vient d’emménager avec son père et ses deux girondes de sœur dans une nouvelle demeure.

Lorsque sa joyeuse et substantifique famille ne passe pas son temps à lui briser les baloches menu, ce paisible lycéen s’adonne aux passe temps de prépubéres de rigueur pour son age, à savoir s’adonner au sport national germanique qu’est le plaisir des boissons à effets secondaires, tâtonner du clito avec sa douce bourrique qu’est Petra, se faire docilement formater par ses professeurs pompeux et chiants comme la pluie, se taper quelques vidéos avec ses camarades d’infortune…etc…

Rien de bien dramatique donc, la routine jusqu’au jour où notre protagoniste découvre dans son grenier un vieux coffre contenant un miroir. Fier de cette découverte, celui ci va accrocher son trophée dans sa bordélique chambrée.

Les conséquences de cet acte vont s’avérer désastreuses puisque tout le monde à ce stade se doute bien que le dit miroir n’est pas simplement là pour décorer. Celui ci possède en effet des vertus très spéciales puisqu’il a pour particularité de manipuler toute personne qui s’en approche et d’en faire un boucher sanguinaire aux pulsions insatiables.

La première personne à en faire les frais sera Petra qui après infiltration par les forces démoniaques et le viol sans rémission de sa conscience, va finalement se donner la mort en se jetant sous les essieux d’une voiture.

Traumatisé, Tommy sombre dans l’amertume et se prostre dans ses quartiers sans se soucier un instant de la malveillance qui le guette alors qu’il cultive son chagrin. En effet, celui ci va peu à peu se laisser pénétrer par les visions atroces, hideuses et perverses d’un autre monde, se laisser aller à la démence et à la psychose avant d’exploser sous forme démoniaque avide et féroce.

Ce cheminement n’est pas sans rappeler celui du chef d’œuvre que sera « Premutos » par exemple. La possession et la prise de contrôle par les forces obscures semblent constituer une thématique solide et chère à Olaf Ittenbach. Toutefois, cette comparaison doit s’arrêter qu’au fonds car en la forme, ces deux films sont très différents. En effet, là où « Premutos » sera filmé de façon assez fantasmagorique, sombre, parfois abstraite, « Black Past » quand à lui est doté d’une dimension beaucoup plus réaliste, précise, insoutenable et, plus proche de ce que des effusions de sang peuvent être dans la réalité.

Ayant perdu sa conscience humaine, notre brave Tommy va donc insatiablement se mettre à massacrer tout ce qui respire autour de lui. Les choses tournent vite à l’orgie, un véritable gang-bang de tripailles, d’hémoglobine et d’objets tranchants et contondants avec évidemment son lot de scènes chocs :

Outre les traditionnels coups de hachoir en pleine gueule, les dépeçages sauvages et grossiers à la tronçonneuse, décapitations et éviscérations à tout va, « Black Past » nous gratifie d’un certain nombre de coups de génie bien gratinés et déstabilisants. Beaucoup garderont probablement en mémoire le coup du phallus turgescent cloué à vif sur une planche ; La lange et l’œil coupé au rasoir ; Ou encore le morveux de la maison décapité et brûlé dans son landau…. Sur ce dernier point, il fallait oser lorsque l’on sait à quel point ce type d’atteinte est encore tabou. Il suffit de voir le scandale et le déchaînement des passions qu’a entraîné « Antropophagus » de Joe d’Amato avec la scène où le cannibale éventre une jeune femme enceinte avant de dévorer son fœtus…

Inutile de s’étendre sur cette œuvre immorale, débridée, intense du milieu jusqu’à la fin ; Fin d’ailleurs très ironique… Tout le monde aura compris que « Black Past » n’est pas à réserver à ceux qui ont la gerbe facile et, il n’est pas étonnant que la censure allemande ait vu rouge si je puis dire…

Dispo chez Uncut Movie !

Sperm. S.