Werewolves On Wheels
1971 (Michel Levesque)

"Les loup-garous sur deux-roues" : Voici un petit film des seventies, un "bikersploitation", réalisé à une période charnière où s’illustre une prolifération de films bis, mélangeant outrageusement tabous les plus ignobles et mises en scènes "nanardesques". Point question ici de nonnes nazies, obsédées sexuelles, torturant de frêles jeunes filles dans des prisons dépravées où règnent lucre, perversion, et dialogues pauvres en répartie... mais d'une savante épopée fleurant bon le « easy rider style » matiné d'occultisme kitsch satanique relevé à la sauce Anton Lavey.
Le scénario est, comme l'on s'en doute, d'une pauvreté extrême mais, n'ayant pas autre vocation que de justifier un film bis, on se laissera facilement entraîner par l'aventure trépidante
Tout d’abord un plan large, sur un espace désertique fendu d'une route rectiligne. Un gang de biker nommé "Les Avocats du Diable" se balade joyeusement, comme le fait tout groupe de bikers révoltés par un système capitaliste et paternaliste. Ils tracent la route, pour aller je ne sais où, chevauchant leurs bécanes en pilotant sans les mains, avec les pieds, où debout sur la selle (c’est beau, con, même à la foire du trône c’est plus impressionnant.) ; Buvant de la bière, fumant des pétards, et semant chaos & destruction sous prétexte de ne craindre personne... Le tout au rythme de blues-rock-psychédélique.

Après cette virée ils vont s’adonner à la boisson dans la station service du coin, non sans pousser quelques borborygmes et emmerder le quidam. Ils insultent le tenancier de l’établissement, mais dans la bonne humeur et la joie.
C’est alors que le scénario se met en place : Le mystique du groupe prénommé " Tarot " se met à tirer les tarots, (jusqu’ici ça n’est pas bien compliqué) et prédit un grand malheur pour l’avenir du gang. Le chef, Adam, ne s’en soucie guère, et le gang repart de plus belle sur la route…La nuit arrive, il est temps de se reposer autour de quelques pétards et de moult menue picole.
Leur lieu de villégiature se trouve être à proximité d’un monastère satanique, on s’en serait douté au vu de l‘étrange symbole planté au clocher de "l‘église".
C’est alors que, poussés par une curiosité toute "animale", nos "bikers" s’en vont "provoquer" les moines, pas susceptibles pour deux sous, qui leurs offrent du vin millésimé, dans des coupes en or, sans que quiconque ne se méfie ! Le vieil adage dit : "Moto, Bière, Baise, Baston, et le reste on s’en fout !".
Mais ces moines sont fourbes et perfides. Le vin était drogué…Nos bikers s’endorment comme des larves, des grosses merdes… alors que Helen, la femme du chef, se fait enlever… nos moinillons ayant dans l’idée de procéder à un rituel satanique : le sacrifice d’une blonde.
Il s’ensuit une scène de procession généreuse en psychédélisme. La dame n’est vêtue que d’un serpent (pour le cliché, je dis bravo !) et se déhanche dans une transe toute "satanique". Les moines psalmodient leurs incantations médiévales, peu être sous l’effet de la promesse d’un hymen consommé. L’excitation est "palpable". La musique est à fond de calle. On à envie de prendre des substance illicites. Bref, toutes les conditions sont réunies pour pratiquer un bien beau rite sacrificiel…
Mais entre temps, nos bikers se sont réveillés, ils ne sont pas contents, et se mettent à latter du moine à coups de tatanes avant de récupérer leur femelle et de la ramener au camp. Hélas, la malédiction est tout de même lancée… le rituel est accomplit.
Les nuits suivantes Helen va donc se transformer en monstre assoiffé de sang, se nourrissant de ses compagnons que l’on découvre en piteux état au petit matin. Elle va d’ailleurs en profiter pour refiler la malédiction à Adam, histoire de se sentir moins seule dans le monde des lycanthropes.
Après cette scène de "sauvetage" à la mord-moi-le-mormon, on pourrait presque dire que le film est terminé… Mais on a pas encore vu le loup-garou, juste une ombre.
Patience, car il faudra encore attendre qu’un couple s’éloigne un peu du camp pour se faire trancher la gorge. Un petit peu d’hémoglobine, une giclette, deux têtes qui tombent, le plan filmé au ralenti. Voilà une scène gore comme on en fait plus...
Face à ce drame, les bikers sont dans la confusion la plus totale. Ils se foutent sur la gueulent et doivent trouver un bouc émissaire. Le responsable de tout ce bordel ne peut être que Tarot , à savoir celui qui à tiré les tarots au début du film. Tout ce maelström ambiant est parsemé de répliques cultes telles que : "Quelque chose ne tourne pas rond ici !", ainsi qu'un mémorable "Quelque chose a pris possession des vibrations ambiantes".

Enfin à CINQ minutes de la fin, on aperçoit le loup garou. Et on comprend pourquoi Michel Levesque à retardé son apparition. Non pas pour tenir en haleine le spectateur ! Non pas pour accentuer je ne sais quelle oppression psychologique tenant lieu de peur enfantine ! Mais parce que le loup garou, quand on le voit, on a plus envie d'en rire qu’autre chose. Imaginez Casimir avec des poils... Il faut le visualiser, il faut le voir au moins une fois dans sa vie.
Je crois me rappeler que le Loup-garou dans " la Noche de Walpurgis ", tourné à la même époque, était un peu plus effrayant...
Mais évitons la digression, pour revenir à la suite des hostilités, théâtre d'une course poursuite à moto entre le loup garou [!!?? WTF !???] et ses anciens compagnons, au terme de laquelle les bikers finissent par tuer l'engeance démoniaque à coup de torches enflammées. Cette scène à un petit côté "Kill the Beast !! Burn the Monster !!" du non moins célèbre Frankenstein !!

La scène finale est excessivement symbolique et les mots me pèsent. Les bikers retournent sur le lieu où tout à commencé, car ils veulent en finir avec ces atrocités surgies de la nuit. Ils s’apprêtent donc à faire un pogrom de moines… Mais le réalisateur nous à préparé une petite surprise, afin de nous faire cogiter [Il faut dire qu’on s’est un peu emmerdés tout le long du film…] :
Lorsque chaque membre du gang s’apprête à asséner un méchant coup de gourdin à un moine, celui-ci découvre avec effroi son propre visage…
Une fin comme celle là, j’en redemande !!! Faut-il voir une quelconque passerelle moraliste entre le penchant animal inhérent à l’homme (les bikers ) et l'aura démoniaque du satanisme (les moines) ? Ou alors, le réalisateur en avait-il ras le cul de diriger une équipe de comédiens amateurs (les bikers sont de vrai bikers),et, n’ a pas voulu s’emmerder avec le personnel… budget oblige… ?

Nilfheim