Visitor Q
(Takashi Miike) - 2001

Pour son film de commande basé sur le concept de l’amour, tourné à l’arrache en DV en cinq jours, Miike nous réserve sa vision du sauvetage d’une famille plutôt atypique… ou pas.
La séquence d’ouverture donne le ton : une petite chiennasse couinante typiquement jap titille la libido d’un salaryman typiquement timoré dans ce qui semble être un bordel de luxe. Alors qu’ils ne cessent de se prendre mutuellement en photo, le mâle timoré finit par succomber aux faveurs buccales de la drôlesse kawaï et l’empale avec toute la maladresse possible du mâle moderne et castré… Cette séquence paraît lourde et interminable au premier abord, mais prendra tout son sel plus tard quand on comprendra que les protagonistes sont père et fille ! Encore plus caustique quand la gamine après la passe incestueuse traite son paternel d’éjaculateur précoce et réclame son blé… Cocasse ma foi.

Il faut dire que la petite famille fait fort : le père se tape donc la fille mais refuse de toucher à la mère. C’est un ex-journaliste de reality-show, viré pour s’être fait molester par des jeunes à coup de prise dans le cul, le tout en direct live sur sa chaîne… Néanmoins il harcèle son ex-collègue, car il prétend que son nouveau sujet ferait un tabac : Un reportage sur la destruction de sa propre famille, et notamment la persécution quotidienne que subit son fils…
Le fils, donc, est harcelé par ses camarades d’école, qui vont jusque chez lui pour balancer des pétards et des fusées dans sa chambre. Le gamin répond à ses attaques en restant prostré dans son placard, un masque anti-pollution sur la tronche… Dans son placard favori se trouve aussi une belle collection de martinets et autres armes punitives, qu’il se fait un plaisir d’utiliser sur sa propre mère qu’il bat régulièrement en la poursuivant dans toute la maison…
La mère donc, couverte d’hématomes, continue à se faire une beauté de temps en temps en chantonnant devant la glace, tout en assurant quelques passes SM de temps à autres, histoire de se payer ses injections d’héroïne qui semblent être les seules choses qui la font encore tenir debout… Elle réagira à peine quand elle sentira l’odeur de sa fille chérie sur le slip du père…

Cette famille moderne va donc au plus mal, quand un mystérieux inconnu aux allures de bosozoku de base s’introduit dans leur vie, après avoir fracassé le crâne du père avec une pierre deux fois dans la même journée… Convaincu par le procédé, ce dernier ramène le visiteur chez lui, et la présence de cet étranger taciturne va vite servir de catalyseur paroxysmique, et la petite famille va péter les plombs, briser tous les tabous, pour se sauver d’elle-même…

On en dévoilera pas plus, à part que les préceptes Freudiens en prennent un coup dans la gueule, à base de meurtre, de viol, de nécrophilie, coprophilie, de bain dans un déluge de lait et de foutre maternel, entre autres (le tout avec des bruitages grotesquement exagérés )… Même si au final, le message est assez conservateur (tout le monde reprend sa petite place de famille modèle), la méthode utilisée est déviante et jouissive au possible, dans une bonne humeur communicative, qui en fait un film bien plus facile d’approche qu’on pourrait le croire au premier abord… Si vous croisez une famille sur le déclin, infligez lui cette pelloche et filmez les résultats, vous tenez le nouveau reality-show de demain…


Arsongod