Somewhere down the line in Tokyo... Les forces de police ont été privatisées, et usent de force létale pour faire du Japon un pays sûr pour ses habitants, dépressifs et versés dans l’auto mutilation. Au sein de cette corporation, sans le sou mais avec un amour de l’overkill, Ruka exerce le rôle de traqueuse de mutant. Les Mutants en question sont des humains remodelés, incarnations de chirurgies et scarifications limitrophes, capables de transformer une blessure et autre plaie en arme mortelle. Hantée par la mort de son père, policier fonctionnaire des temps révolus, Ruka doit faire face à une vague de crimes commis par un Mutant particulièrement sadique – et peut-être trouver, sur cette piste de corps disloqués et exsangues, matière à venger l’exécution publique de son paternel...
Je regardai ce film à peine une journée après la vision rafraîchissante de THE MACHINE GIRL, et ainsi donc fus un poil blasé pendant la première demi-heure: hum encore de l'ultra gore et des geysers de sang avec de la pose iconique et des scènes d'action très mal filmées... Le cheap des décors (le commissariat se résumant à un entrepôt vide et à un parking souterrain)ne m'inspira pas plus confiance et je me calai confortablement dans ma chaise, m'attendant à une version golmon et cheap de MEATBALL MACHINE (à cause des espèces de membres/armes utilisés par les mutants)...
Bien mal m'en prit, car si le film commence assez mollement, il se bonifie de minute en minute, jusqu'à atteindre un point de non retour dans le jouissif au cours de sa deuxième partie...
Le canevas est classique: dans une société post-fasciste, un super flic dépressif mais efficace, symbole de l'ordre nouveau, commence à douter de sa mission de purge au contact d'un des mutants qu'elle est censée traquer, jusqu'à réveiller de lointains souvenirs traumatiques en lui et en faire le symbole de la rébellion contre l'ordre établi qu'elle défendait en début de bobine... Sauf qu'ici ce n'est pas EQUILIBRIUM, et qu'on sent que le réal, conscient d'évoluer dans des chemins balisés, choisit de tout dynamiter avant le climax du film, en se foutant ouvertement de la gueule de ceux qui levaient déjà le poing gauche, le rouge aux lèvres et éjaculant sur leur affiche à 30 euros du Führer Guevara... Au four le peuple opprimé, flic un jour flic toujours...
Ce qui fait que ce film est un petit classique n'est pas tant le gore grand guignolesque et les poses constantes de sa froide héroïne, c'est tout simplement que ce film est un hommage avéré au cinoche de Paul Verhoeven, dans sa période Américaine... En effet, les fausses pubs de propagande de ROBOCOP et STARSHIP TROOPERS sont ici adaptées de manière jouissive, et la mini-intrigue du flic allant au bordel de putes mutantes fait évidemment référence au bestiaire de TOTAL RECALL...
Et ici également, les créatures ont un look plaisamment étudié et jouissif pour tout amateur de latex: femme-escargot, strip teaseuse au vagin denté et rampant, petite collégienne kawai au bras/scalpel, homme à la bite/canon, espèce d'esclave SM croisement entre un personnage du jeu vidéo Tekken et les esclaves amputées du manga VIOLENCE JACK...
Que du bonheur, d'autant que les scènes d'action n'iront qu'en s'améliorant tout au long du film (ok, avec un bémol pour l'affrontement final un peu vite branlé, mais le manque de moyens est racheté par le grotesque de l'entreprise) et que le climax, à partir de la purge des mutants (et non mutants) par une police/milice hors de tout contrôle, fait dans la frénésie jouissive et l'action hilarante non-stop...
Car ne croyez pas non plus, contrairement aux propos de quelques critiques intellectualisantes, que ce film se prenne trop au sérieux... Non non, il n'y a qu'à voir comment se finit la seule scène vaguement porteuse d'émotion... On est dans l'entertainment pur et dur, qui s'enfonce dans les codes du film futuriste et dystopique pour mieux leur foutre une colique couleur écarlate face caméra... L'héroïne, qui doit avoir cinq lignes de dialogue à tout casser, restera une über-biatch froide et autiste jusqu'au bout, et n'utilisera ses nouvelles capacités que pour un rendement maximum dans l'homicide, et sûrement pas pour des interrogations identitaires futiles, avant de retourner au turbin, vengeance accomplie... Hell yeah baby...
Idéal pour un double programme avec THE MACHINE GIRL (mais juste double, car un troisième film à base de combats poseurs filmés de manière chaotique et de geysers de sang sur la caméra serait de trop je pense, n'abusons pas des bonnes choses...) ce film se distingue par son bestiaire inspiré, ses pubs hilarantes hommage à Verhoeven, et son climax frénétique... Et l'avantage sur THE MACHINE GIRL (produit par la même boîte au nez creux) est qu'ici au moins, on a un univers sexué et un tantinet déviant...
Arsongod