Quelques
années avant la torchure cinématographique qu’est EBOLA
SYNDROME, Herman Yau et Anthony Wong foutaient déjà les
mains dans les tréfonds de l’infâme grâce à
ce UNTOLD STORY, sorte de brouillon d’Ebola Syndrome mais déjà
fort plaisant et glauquissime.
Inspiré du véritable tueur en série « The
Bunman », Anthony Wong nous interprète à nouveau
un rôle borderline, petit patron beauf, monomaniaque, veule et
agressif, bien loin du dégénéré total qu’il
interprétera dans EBOLA SYNDROME. Ici, il incarne la médiocrité
ordinaire du petit chef obséquieux qui terrorise ses employés
avant de les massacrer pour les vider puis les servir sous forme de
beignet dans son restaurant.
La scène inaugurale donne le ton et se veut un décalque
de celle d’EBOLA SYNDROME, en beaucoup plus premier degré : Deux
types se disputent pour une somme d’argent impayée, l’un des
deux pète un plomb, massacre l’autre avant de l’immoler vivant
(dans un effet live totalement bluffant) puis de s’enfuir. Le type brûle
son passeport et se fait une nouvelle identité avant de s’exiler
à Macau, où on le retrouve à la tête d’un
restaurant chinois, qu’il prétend avoir racheté à
son ancien patron mystérieusement disparu avec sa famille. Au
même moment, des mômes trouvent des restes humains rejetés
par la mer sur la plage du coin.
Une équipe de flics bras cassés mène l’enquête,
et c’est là que le bât blesse : à l’instar d’un
Wes Craven n’assumant pas l’aspect snuff de sa DERNIERE MAISON SUR LA
GAUCHE et se sentant obligé de rajouter des scènes de
comédie stupide avec deux flics de campagne neuneus tout droit
sortis d’un épisode du gendarme à st Tropez pour amoindrir
l’impact déviant de son film, Yau utilise l’équipe des
flics losers comme un ressort comique qui flingue profondément
le côté glauque des scènes où Wong commet
ses basses besognes. Scènes interminables et pouet pouet de collègues
faisant des blagues sur l’absence de poitrine de la nouvelle recrue,
commissaire exhibant les putes qu’il se tape jusque dans son bureau,
ces saynètes niaiseuses et interminables flinguent le film et
l’empêchent de se glisser au rang de chef d'oeuvre de l’immondice.
Heureusement Wong, grâce à son personnage
de petit patron serial killer (essentiellement motivé par l’argent,
la jalousie ou la parano), sauve le film du naufrage. Les scènes
où il massacre et viole (à coups de baguette) ses employés
avant de les découper et de les cuisiner valent leur pesant de
souillure, même si elle renvoient évidemment à EBOLA
SYNDROME… contrairement à son personnage de Kai dans le film
précité, Wong compose ici un monomaniaque patenté
complètement parano mais qui, pour autant, ne prend strictement
aucune précaution pour dissimuler ses méfaits et se contente
de balancer les os à la poubelle avec les restes, tout en se
pissant sur les mains pour les nettoyer…
Évidemment il ne tarde pas à se faire choper par la patrouille
des bridés inaptes, et commence la deuxième partie du
film, bien plus intéressante, tenant plus ou moins du film de
prison. Seulement les afficionados de Prison Break et consorts vont
faire la gueule, ici on a affaire à une bonne geôle à
l’ancienne, aux chiottes à la turque recouvertes de merde, où
la rouille s’insinue partout et où les compagnons de cellule
de Wong lui réservent un tabassage en règle dès
qu’il lève un cil.
Parallèlement, les flics persuadés que Wong a fait disparaître
la famille de son ex-patron pour lui voler son restau n’hésitent
pas à le torturer physiquement et mentalement à coups
de latte dans la gueule, de piqûres à l’eau, et en l’empêchant
de dormir pendant une semaine non-stop… Entre les flics et ses compagnons
de cellule, notre pauvre serial killer subit une torture de tous les
instants. Réagissant d’abord en buvant de la pisse pour «
guérir ses blessures de l’intérieur », il n’hésite
pas ensuite à s’arracher les tendons du poignet avec ses dents…
Néanmoins toutes ses tactiques sont vaines et il finit par craquer,
révélant comment il s’est bien débarrassé
de toute une famille, nous révélant sous forme de flash
back LA séquence du film qui a fait couler beaucoup d’encre,
à savoir le massacre méthodique et hardcore de toute une
famille dans une cuisine , où Wong se fait plaisir en massacrant
des petites filles à coups de hachoir dans la gorge, le tout
filmé de manière totalement premier degré et immersive…
Une séquence culte à montrer de préférence
à de jeunes parents…
Sans dévoiler la fin brutale de la pelloche,
on dira que cet UNTOLD STORY a plus ou moins lancé la vague des
catégories III nippones, et aurait pu confiner au quasi chef
d'oeuvre glauquissime si ces foutues séquences de comédie
avaient dégagées… Un rôle de cinglé de plus
pour un Anthony Wong né pour servir la cause vitale de l’abjection
faite homme…
Arsongod