The Manson Family
(Jim Van Bebber) - 1988 - 1996 - 2003 (pas clair)

Tourné apparemment sur une période de quinze ans (j’ai des doutes là-dessus et j’y reviendrai), ce film de Jim Van Bebber se présente comme un faux documentaire sur la petite famille de Manson, plus que sur le personnage lui-même…
La narration assez chaotique (et qui le deviendra de plus en plus au fil du film) présente grosso modo quatre points de vue… Les interviews de la famille en 69 à leur arrestation, puis en 1996, époque où un documentariste part les ré-interviewer pour présenter sa propre version des faits…
A côté, on a les évènements de 69 « réels » (pour les confronter aux affabulations de la famille), et les pérégrinations du documentariste se faisant harceler par des « héritiers » de la famille en 1996…
Ca n’est pas clair et le film ne l’est pas non plus, voire clairement abscons par moments, d’autant que la manière de filmer change radicalement d’un passage à l’autre… On pourrait donc croire plus facilement que le film a bien été tourné en plus d’une décennie, sauf que le bât blesse lors des interviews de la famille en 1996, où les acteurs sont censés réellement avoir quinze ans de plus… Ca marche tant qu’ils sont quelque peu éloigné de l’objectif, mais en gros plan, on ne peut s’empêcher de remarquer des postiches douteux et des rides artificielles faites au marqueur… Doute pour moi donc…
Laissons ça de côté et passons à l’histoire… On a donc une bande de braves hippies bien crétins, à la fois prétendant repousser tout interdit tout en ayant de sévères crises de mysticisme puritain, ouverts à tout mais racistes comme pas deux… Ils prennent du LSD et se font des partouzes dans la boue, partouzes assez sympas car assez naturelles et présentant des actrices au physique à la fois banal et fort bien pourvu…
Manson est plus un cas social qu’autre chose, charismatique certes mais tenant des propos qu’il est impossible de trouver cohérent à moins d’être sous LSD en permanence, ce qui est le cas de sa petite famille… Accessoirement il fait des crises de nerf parce que sa carrière pitoyable de musicien (qui ne lui sert qu’à amasser du pognon et à tenter vainement de faire passer des messages subliminaux white power) ne décolle pas…
Tous les moyens sont bons pour trouver du pognon et la petite famille se retrouve embringuée dans des petits deals de came minables, jusqu’à ce que ça commence à déraper quand manson colle une bastos dans le crâne d’un allogène et qu’une extorsion de fond se finit en viol collectif sur pucelle non consentante…
Dès lors tout s’accélère, le message se radicalise, le Helter Skelter se fait sentir, et les petits délits commis par la joyeuse troupe ne font que déraper… Avant donc que la violence s’en mêle et qu’on aie droit à quand même une demi-heure de gore quasi-non-stop, on aura droit à une très sympathique séquence de messe noire où on égorge du clébard et parodie la crucifiction, le tout avec des effets psychédéliques hystériques, et la rumeur que les acteurs ayant tourné la scène complètement bourrés pour être plus crédibles, certains ont fini les uns dans les autres pour de bon…
Après on se dirige enfin sur les meurtres, après un passage encore assez soft où Manson fait je ne sais combien de kilomètres juste pour coller un coup de sabre dans la gueule d’un type et laisser ses sbires se démerder avec la bipède hurlant, et qu’en bons finis à la pisse d’âne ils ne trouvent rien de mieux à faire que de regarder le mec se vider de son sang en picolant, pour finir par lui recoudre l’oreille à l’envers, et l’achever n’importe comment…
Manson, de plus en plus dans sa bulle autiste, finira par commanditer l’attaque sur la maison de Sharon Tate, pour des raisons assez contradictoires, et cela dégénèrera encore plus…en un carnage très sympa, dans un filmage tenant à la fois du psyché seventies, du docu snuff réaliste, et de l’exploitation grotesque pur et simple… Il faut voir un plan large où un tueur achève sa victime au ralenti avec des bruits de porc en arrière-plan, ceci semblerait signifier comme reprécisé dans les interviews qu’à ce stade de delirium ils ne considéraient même plus leurs semblables que comme des barbaques gémissantes et justes bonnes à être vidées (un passage discret montre une des fumelles en train de boire le sang jaillissant directement de la gorge d’un cadavre frais), un état d’esprit qui nous renvoie aux plus belles heures de l’HiSStoire…
Bon, le réal ne va pas jusqu’à nous faire remake d’anthrophagous avec sharon Tate, malheureusement, mais il faut dire que Roman Jewlanski aurait sûrement eu le procès leste le cas échéant…

Le final nous ramènera en 96, où le message est simple, The Cult Is Alive, et les disciples de Manson sont plus actifs que jamais… une séquence finale intéressante de ratonnade en accéléré où je n’ai pu m’empêcher de penser que les néo-disciples de Manson agissent d’une manière assez BM trendz-bashing (ou plutôt, si seulement plus de pseudos-trues agissaient de cette manière…), qui se déroule sur du Necrophagia (mais c’est plus parce que Phil Anselmo est omniprésent dans la BO à mon avis).

On finira sur un générique limite subliminal qui fait se demander de quel côté se tient le réal…

Pas un chef d’œuvre certes, mais bourrés d’effets psychédéliques qui peuvent faire penser aux étrons de Richard Kern (qui est crédité à un moment ou à un autre je crois) et peuplé d’acteurs tour à tour habités ou complètement à l’ouest, avec une surenchère plaisante car assez décomplexée dans le gore (filmé de manière ultra fun ce qui me fait encore plus douter du message, mais en même temps ça fait longtemps que je n’ai plus la perception du spectateur bipède moyen qui ne voit que le côté gratuit et complaisant dans Saw 3 par exemple)…

Ne reste plus qu’à dénicher le Manson du BM, et m’est avis que ce n’est pas un certain kvarforth…
En tout cas, si la séquence finale peut donner des idées de purge à leur humble échelle à certains, ne vous gênez pas, ça ne pourra faire que le plus grand bien à tout le monde.

Arsongod