The Eternal Evil of Asia
1995 (Mai Kei Chin)

 

Dès le départ, on est en terrain connu… Le côté décrépit, ces dialogues en chinois plus hurlés que joués, cette atmosphère de folie urbaine… On est dans un catégorie III pur jus… La première séquence nous montrera ce qu’on aime, à savoir un brave père de famille péter les plombs en pleine veillée funéraire de ses géniteurs… Suite à des hallucinations persistantes, il s’imagine poursuivi par les spectres revanchards de ses vieux qui cherchent à lui faire bouffer des insectes… Quelques moulinets de hachoir plus tard, il réalisera qu’il vient de faire un beau carnage parmi la chair de sa chair, son chiard et sa grognasse gisant en morceaux à ses pieds… Problème : les hallucinations ne font qu’empirer, et après avoir massacré les voisins de plus belle, c’est toute une ribambelle de spectres qu’il aura au cul, avant de se jeter de l’immeuble pour finir quelques mètres plus bas empalé sur diverses guirlandes… Il semble que le type au rictus exagéré qui manipule une poupée à l’effigie du cadavre ne soit pas étranger à l’affaire…

Deux mises au poing tout d’abord…
On est dans un film qui se veut une sorte d’Histoire de Fantômes Chinois passée par le diaphragme putréfié du catégorie III… Dans ce film tout le monde croit aux fantômes et à la magie blanche ou noire, les sorciers vont au salon de coiffure ou boivent des bières en marcel devant leur télé, il faut se mettre ça dans le crâne sinon la vision du bousin risque d’être sacrément décalée…
De deux, cette séquence inaugurale est peut-être la seule traitée avec sérieux du film, le reste ne sera qu’un amas de vulgarité, de débilité et de n’importe quoi assumé, be prepared…Que dire devant un tel déferlement, hum, peut-être qu’une liste s’impose plus d’elle-même, vu la maigreur de « l’intrigue » :

Une nana qui va chez le coiffeur, puis d’un seul coup sort un lance-flammes DIY, attaque un miroir qui n’avait rien demandé, puis annonce tout de go qu’elle vient de détruire un esprit frappeur, tout le monde autour trouve ça normal…
Un sorcier grimaçant et suant torture un pauvre hère via une marionnette vaudou mais choisit juste de manipuler son érection à distance, pour un résultat pouet pouet digne d’un Max Pécas…
Un duel de sorciers à base de lancer de Placenta Tueur et de Bombardier 69 (faut le voir pour le croire).
Un sorcier sympa dont la cabane satanique s’avère être une villa cinq étoiles…
Un homme-gland qui se branle le cou, et qui pisse par la tête sur les gens alentour (LA séquence du film)
Des plans nichons et des séquences de fion filmées bien platement avec une musique de supermarché qui donne l’impression que Nattefrost a ressorti le saxo pour un hommage aux Hollywood Nights de TF1…
De sympathiques clin d’œil à Evil Dead et Hellraiser avec l’hystérie nippone en sus…
Et enfin une fin inénarrable à base de viol à distance où le côté putassier explose littéralement, en réussissant l’exploit d’être à la fois vulgos, pudibond et bandant, tout en étant totalement foiré, et qui m’a fait penser à une version trisomique cochonne d’un épisode de Charmed sur M6…

En résumé, un Cat III complètement à l’ouest de bout en bout, racoleur, con comme une tête de bite (C’est le cas de le dire…), totalement dépourvu du côté malsain de ses petits frères comme Ebola Syndrome ou The Untold Story, mais misant tout sur l’extrême improbable des situations avec des acteurs déchaînés et une actrice principale qui fera repeindre à certains leur clavier couleur blanc épais kawaï…

Panard Assuré… Si les bridés avaient voulu rendre un hommage à Elvifrance ils ne s’y seraient pas mieux pris…

Arsongod