Street
Trash
1987 (Jim Muro)
C’est
à partir des bases d’un court métrage réalisé
durant ses études et, alors qu’il est seulement âgé
de vingt deux ans qu’un certain Jim Muro vomit ce film aujourd’hui considéré
par beaucoup comme une pièce culte à posséder. La douce histoire bucolique que relate Street Trash se déroule en ces contrées immondes et malpropres que sont les états unis et, plus précisément, dans les recoins les plus malodorants et craspecs d’un Brooklyn nauséeux ; Quartier New Yorkais infesté de clodos, êtres chétifs et indésirables qui sont les principaux protagonistes de l’œuvre et lesquels contribuent amplement de part leur présence encombrante et, leurs exactions plus ou moins avouables à faire régner chaos et discorde dans les rues. Un beau jour, le destin de cette communauté de rebus crasseux et entièrement dévoués à la dégustation de liqueurs finement distillées, croise celui d’un obscur breuvage nommé « Viper » et vendu discrètement sous le manteau dans l’atmosphère viciée d’une cave. Cet élixir peu gouylayant à la composition totalement inconnue ne va pas tarder à révéler ses caractéristiques hautement corrosives, laxatives, épuratrices et, à décimer toute cette lie qui, désireuse de goûter des saveurs nouvelles se jette bien évidemment dessus toute glotte béante. Rien à voir dans ce contexte avec la traditionnelle cuite que se prend tout les samedi soirs le connard lambda dans une boîte pourrave. Ainsi, l’un de nos fier protagoniste, alors qu’il est en pleine besogne excrémentale sur un trône visqueux décide de s’enfiler une fiole ; Le bougre ne se doutant pas que cet acte ultime allait régler ses problèmes de constipation , finit par se liquéfier jusqu’à ne plus ressembler qu’à une masse molle et informe tandis que ses organes internes et autres fluides corporels rejoignent lentement les étrons déposés délicatement quelques minutes auparavant. Entre divers éclatements organiques tous plus pantagruéliques les uns que les autres, un autre se fait arracher la queue sans la moindre pitié par ses congénères lesquels improvisent une partie de base ball avec l’ instrument gélatineux… etc… Toutes ces effusions de bidoches puantes finissent par mettre la puce à l’oreille aux autorités lesquelles dépêchent rapidement un flic psychotique sur les lieux ; Puis les choses reprennent de plus belle : Une représentante peu hygiénique de la gente féminine se fait froidement violer jusqu’à en rendre l’âme et finir abandonnée dans une décharge puante ; Décharge où le tenancier des lieux vouant visiblement un goût immodéré pour la nécrophilie va s’attacher à outrepasser tendrement et avec précaution le stade des préliminaires. Un clodard se fait défoncer la gueule sauvagement contre des chiottes putrides par le flic précité, flic qui pour achever le sous être lui dégueule tripes et boyaux sur le coin de la gueule. Un autre vermine syphilitique se prend sans rémission une bouteille de gaz en pleine tronche ce qui à évité pour sûr à un quelconque peintre en bâtiment de faire le déplacement pour un ravalement de façade !!! etc… etc… Le seul mot me venant à l’esprit face à une telle débauche scatophile est le mot orgie. Ce qui fait l’originalité de cette œuvre face à bon nombre d’autre films qui ont trop tendance à se ressembler et, qui lui a également permit d’échapper à l’emprise de la censure réside dans la conception qu’à ici Jim Muro du gore. En effet, celui ci à une vision très colorée des choses ce qui est loin d’atténuer le caractère gerbant de Street Trash mais qui fait visuellement mieux passer la pilule pour ceux qui auraient un mètre de manche à balai coincé dans le rectum. Ainsi, dans des tons toujours très fluos, le sang se mélange à des tripailles bleuâtres, à des fluides non identifiables d’un vert vomitif, à des déjections d’un jaune maladif…. Cela apporte un contraste assez marquant avec les lieux, décors et atmosphères qui semblent fleurer la pisse et le choléra. De plus on sent le petit budget, l’amateurisme (même si Jim Muro à travaillé sur ce projet de manière assez novatrice…), la galére, la persévérance et donc cette authenticité rustique qui fait tellement défaut aujourd’hui. A déguster avec un single malt frelaté ! Monstrueusement jubilatoire !!! Sperma Syphilikum |